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	<title>Marc Fonbaustier</title>
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	<description>Le site personnel de Marc Fonbaustier</description>
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		<title>Inde-Etats-Unis : le nouveau paradigme de la puissance</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2013 16:18:26 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Géo-politique]]></category>
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		<description><![CDATA[L’Asie méridionale concentre dans un même espace plusieurs partenaires essentiels à long terme pour les Etats-Unis, dans la quête d’un ordre global sûr et conforme à leurs intérêts et aux valeurs de sociétés libres, comme l’Inde ou comme le Pakistan, Etat nucléaire lui aussi, mais plus fragile et dont l’affaiblissement ou la radicalisation pourraient affecter les intérêts de sécurité américains plus que tout autre facteur. La région compte aussi un<p><a href="http://marc-fonbaustier.fr/2013/04/lapprofondissement-des-relations-entre-linde-les-etats-unis-le-nouveau-paradigme-de-la-puissance/" class="more-link"><span>Lire la suite</span></a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’Asie méridionale concentre dans un même espace plusieurs partenaires essentiels à long terme pour les Etats-Unis, dans la quête d’un ordre global sûr et conforme à leurs intérêts et aux valeurs de sociétés libres, comme l’Inde ou comme le Pakistan, Etat nucléaire lui aussi, mais plus fragile et dont l’affaiblissement ou la radicalisation pourraient affecter les intérêts de sécurité américains plus que tout autre facteur. La région compte aussi un autre pays, l’Afghanistan, qui n’est peut-être pas le cœur de l’Asie mais qui est au centre des rivalités entre plusieurs puissances clés de l’Asie et a coûté à l’Occident une décennie d’efforts de guerre pour vaincre l’extrémisme et bâtir une stabilité durable…</p>
<p>Au cours des quatre années à venir, le temps du deuxième mandat de l’Administration Obama, la primature des Etats-Unis pour forger l’architecture régionale sera essentielle, en relief et en creux.</p>
<p>En relief, la consolidation d’un partenariat stratégique tous azimuts avec l’Inde pourrait changer le cours de l’histoire du XXIème siècle, en créant des réflexes durables de coopération entre les « deux plus grandes démocraties du monde », selon la formule consacrée.</p>
<p>En creux, la suprématie américaine est indispensable pour prévenir les possibles errements du Pakistan – la complaisance avec certaines formes de terrorisme, des institutions faibles, une politique étrangère susceptible d’amplifier l’instabilité régionale – qui pourraient s’opposer aux intérêts des Etats-Unis et de l’Inde en Afghanistan, la non-prolifération, la défaite du terrorisme et la réduction de l’extrémisme.</p>
<h2>Un Partenariat Stratégique tous azimuts entre l&#8217;Inde et les États-Unis</h2>
<p>L’Inde cherche encore à se défaire de son héritage de non-alignement et d’économie étatisée. Mais ses dirigeants ont clairement identifié les Etats- Unis comme un partenaire essentiel à long terme, au moment même où les dirigeants américains ont établi un partenariat stratégique avec l’Inde, avec le dessein plus global d’esquisser le nouvel équilibre des pouvoirs et des valeurs du futur système international. Washington et New-Delhi partagent une communauté d’intérêts en Asie du sud. Indiens et Américains s’efforcent de contenir le pouvoir et l’influence croissants de la Chine en Asie, de façon à encourager l’affirmation pacifique de la puissance chinoise. Les deux pays cherchent à vaincre le terrorisme, à modérer les radicaux et à promouvoir la construction d’Etats démocratiques en Asie méridionale, particulièrement en Afghanistan et au Pakistan, afin que des gouvernements responsables y gouvernent pour promouvoir le développement interne plutôt que pour contribuer à l’insécurité externe. Inde et Etats-Unis ont également en commun de vouloir garantir la liberté des voies maritimes dans l’Océan indien, par lesquelles transitent une bonne partie du commerce mondial d’énergie. Les deux capitales veulent renforcer une économie internationale ouverte et libérale, afin d’améliorer leurs connaissances, leurs technologies et leurs industries manufacturières.</p>
<p>L’Administration Obama II devrait pouvoir élever encore le niveau des relations avec l’Inde, en renforçant les relations économiques bilatérales, par les investissements directs et la conclusion d’un accord de libre-échange, et en favorisant les liens entre les peuples (« people to people »), en particulier dans les domaines de l’éducation, de la recherche et du commerce. Washington et New-Delhi peuvent coopérer plus étroitement sur l’Afghanistan, l’éveil du monde arabe, la défense anti-missiles, la sécurité maritime dans l’Océan indien, la sécurité en Asie orientale avec des partenaires tels que le Japon et dans le cadre des Nations-Unies.</p>
<p>L’objectif global d’une telle convergence de vues entre les Etats-Unis et l’Inde serait la prépondérance du pouvoir démocratique en Asie et dans le système international, dont l’axe indo-américain formerait le cœur. L’Inde ne doit pas pour autant renoncer à son autonomie stratégique, dans ce mouvement de rapprochement avec les américains. A l’inverse, les investissements des Etats-Unis, la formation, le commerce et les ventes d’armes tendent à rendre l’Inde plus puissante et prospère. Car seule une Inde forte et qui réussit sa modernisation peut atteindre l’autonomie stratégique, du fait des défis nombreux créés par son environnement proche, très défavorable.</p>
<h2>Le Soutien et renforcement continu du Pakistan</h2>
<p>Alors que l’Amérique se retire militairement d’Afghanistan, le Pakistan va perdre un important levier dont il disposait vis-à-vis de Washington, par le simple contrôle dont il dispose sur les voies de communication et d’approvisionnement vers ce pays en crise. Ce changement d’approche ouvre la perspective d’une relation américano-pakistanaise plus mûre et équilibrée, dans laquelle il sera moins question de gagner le soutien des militaires pakistanais, mais plutôt de contribuer au renforcement des institutions civiles de ce pays. Plutôt que de coupler Inde et Pakistan, l’Administration Obama va poursuivre des politiques indépendantes avec chacun des deux pays, empêchant l’un comme l’autre de prendre la diplomatie américaine en otage.</p>
<p>Les Etats-Unis vont sans doute vouloir plus se concentrer sur le renforcement de l’économie pakistanaise et notamment, le secteur de l’énergie, ceci pour conjurer les risques d’une montée des radicalismes associés aux crises conjoncturelles cycliques mais aussi, favoriser la bienveillance d’une population majoritairement anti-américaine. La libéralisation du commerce, y compris la levée des droits de douane sur les textiles importés, sera aussi importante que l’assistance officielle. L’Inde peut prendre un rôle moteur, et finir par ôter toute restriction sur le commerce et les visas, afin d’adresser un message de soutien à la majorité modérée du pays, qui s’oppose à la militarisation et à la radicalisation de l’Etat et de son action extérieure.</p>
<h2>Le Chemin vers une Région Autarcique</h2>
<p>En Afghanistan, la nouvelle Administration va devoir alimenter le partenariat stratégique en vigueur avec Kaboul avec l’engagement de maintenir un niveau substantiel de forces américaines dans le pays : pour former les forces afghanes ; pour contrer les attaques de talibans contre les institutions d’Etat; maintenir à distance les insurgés du Pakistan ; et s’assurer que les puissances voisines nourrissant des ambitions de conquête ne chercheront pas à exploiter le vide que causerait un retrait américain. A cet égard, les élections de 2014 en Afghanistan seront une étape-charnière du destin post-Occidental du pays et l’engagement des Etats-Unis, aux côtés d’alliés comme l’Inde, sera déterminant pour garantir la pérennité des acquis de la dernière décennie.</p>
<p>Le soutien international à l’Afghanistan contribuera également à construire une économie auto-entretenue, et non plus dépendante de l’aide extérieure. Dans cet esprit, l’Afghanistan peut devenir une porte d’entrée pour le commerce et l’investissement de l’Asie du sud vers l’Asie centrale. Une approche conjointe des Etats-Unis et de l’Inde envers les Etats d’Asie centrale peut aider cette région à préserver son indépendance vis-à-vis des grandes puissances voisines. L’Asie centrale, en retour, peut être cruciale pour la capacité de l’Inde à sécuriser ses ressources énergétiques et alimenter ainsi une forte croissance économique. Les Etats les plus modérés d’Asie centrale jouent en outre un rôle important, quoique insuffisamment reconnu, pour « contenir » l’expansion de l’extrémisme originaire du Pakistan.</p>
<p>La politique américaine, qui se déploie souvent suivant des axes parallèles à ceux de l’Inde, peut favoriser le processus de construction de systèmes démocratiques et d’économies de marché dans d’autres Etats importants d’Asie méridionale, tels que le Bangladesh, le Sri Lanka ou le Népal. Ces Etats ont en commun d’être des sociétés sous-développées, en situation de post-conflits, où les militaires jouent encore un rôle majeur. Le Bangladesh est particulièrement prometteur, de ce point de vue. Goldman Sachs l’a d’ailleurs identifié comme l’une des économies dites « N-11 » ou encore, de la « nouvelle génération de BRICs »…</p>
<p>Par-delà les affinités entre les peuples américain et indien, et les nombreux intérêts convergents qui incitent leurs Gouvernements à mener une coopération toujours plus étroite, l’Inde et les Etats-Unis ont un rôle décisif à jouer pour que l’Asie demeure un continent libre et pluraliste. L’affirmation de l’Inde oblige la Chine à faire preuve de retenue dans son soutien au Pakistan, dans la mesure où Pékin a dorénavant beaucoup à perdre en conduisant des politiques susceptibles de nuire aux intérêts indiens. Une alliance plus étroite entre l’Inde et les Etats-Unis incitera tout autant la Chine à stabiliser des relations longtemps fluctuantes avec l’Inde, étant donné que la menace militaire chinoise et les appétences territoriales de Pékin risqueraient d’entraîner une dynamique conflictuelle non seulement avec Delhi, mais aussi avec Washington.</p>
<p>A long terme, ces tendances lourdes vont modifier en profondeur les rapports internationaux en Asie voire, dans le monde. Les perspectives ouvertes par le renouveau de la politique américaine dans la région et par la modernisation de l’Inde, lente, mais sûre, pourraient déboucher sur un réaménagement de l’équilibre global des puissances et des valeurs qui les sous-tendent, au point de fonder un nouveau paradigme : le triangle Etats-Unis/Inde/Chine, plus isocèle qu’équilatéral, n’a pas fini de faire parler de lui…</p>
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		<title>Où va l’Italie ? E la nave non va bene…</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Mar 2013 17:24:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gestion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[fr]]></category>
		<category><![CDATA[Géo-politique]]></category>
		<category><![CDATA[Fernand Braudel]]></category>
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		<description><![CDATA[Le résultat des élections législatives italiennes des 24 et 25 février est très préoccupant : il consacre l’entrée de 163 membres du parti de Beppe Grillo au Parlement, la résurrection de Silvio Berlusconi, la défaite de Mario Monti (pourtant reconnu par ses pairs au sein de l’Union européenne comme l’homme providentiel et le sauveur de l’euro) et la victoire en trompe l’oeil de la gauche emmenée par Pier Luigi Bersani.<p><a href="http://marc-fonbaustier.fr/2013/03/ou-va-litalie-la-nave-va-bene/" class="more-link"><span>Lire la suite</span></a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le résultat des élections législatives italiennes des 24 et 25 février est très préoccupant : il consacre l’entrée de 163 membres du parti de Beppe Grillo au Parlement, la résurrection de Silvio Berlusconi, la défaite de Mario Monti (pourtant reconnu par ses pairs au sein de l’Union européenne comme l’homme providentiel et le sauveur de l’euro) et la victoire en trompe l’oeil de la gauche emmenée par Pier Luigi Bersani.</p>
<p>Cette catastrophe électorale vient de très loin et déborde les contours de l’Italie.</p>
<h2>1-Des non-élections italiennes</h2>
<p>Le  résultat navrant de ce scrutin, en première approche, est un éclatement complet de la  représentation nationale et l’impossible émergence d’un pôle majoritaire auquel adosser un Gouvernement stable et de plein exercice. On peut sans doute y lire le point d’arrivée de l’usure du système politique italien, ébranlé par les scandales à répétition, sorti émoussé des années de plomb et des tourments de la démocratie chrétienne, essoré par l’opération « mani pulite » et gravement dévoyé par le berlusconisme…</p>
<p>Mais il y a plus.  Il y a  un paradoxe italien à l’œuvre, depuis longtemps, en Europe.</p>
<p>L’Italie a partie liée avec notre civilisation. C’est un pays de très haute culture ; le creuset d’un Empire qui a dominé le plus grand territoire du monde connu, en son temps ; un pays qui a jeté les bases pratiques d’un système politico-militaire puissant, à grand rayonnement ; un pays dont les légions ont, jadis, maillé les territoires occupés avec un art consommé de l’organisation et de la logistique. Bref, un pays dont Braudel a tiré « le modèle italien ». L’Italie a élevé à des sommets certaines formes d’art, en peinture, en architecture notamment. Elle reste, aujourd’hui encore, le « bel paese» où l’on ressent, plus qu’ailleurs, l’art et la douceur de vivre, le raffinement du quotidien. Comme si, par  strates successives, s’y étaient déposées les manifestations de tout ce qui fait la civilisation, autrement dit, le  dépassement des instincts et des besoins élémentaires, pour atteindre le niveau supérieur de l’être.</p>
<p>Ce pays voisin, cousin, aiment à dire les transalpins (« i cugini », disent-ils de nous) a pourtant perdu son génie politique. Où ? Comment ? Qu’est devenu cette aptitude à vivre ensemble « in urbe » que les romains avaient su élaborer, travailler, étendre, longtemps et sur un vaste territoire?</p>
<p>C’est une affaire ancienne. Certains estiment que le Vatican, Etat religieux au service d’une religion d’Etat, ombre portée de l’Eglise catholique, ne pouvait s’accommoder de l’existence d’un Etat fort dans la péninsule. En clair : que deux Etats à l’échelle d’une même Nation (l’Eglise et la République) ne pouvaient pas cohabiter. Cette thèse, d’ailleurs soutenue par des politologues de différentes sensibilités et obédiences, est intéressante.</p>
<p>Il y a sans doute autre chose. Les « Républiques maritimes » (Venise, Gênes, Pise, Amalfi…) ont été consacrées, au Moyen-âge, par et pour le commerce, toutes tournées vers la prospérité matérielle. Ces « Cités Etats » n’ont presque pas eu d’autre ambition et d’autre orbite. Leur déploiement a donné le tempo d’un certain type de rapport à la chose publique:  territorial, commercial, extraverti…</p>
<p>Prise entre l’universalité de l’Eglise (le vrai Etat globalisant ?), la territorialité des Cités (qui ont façonné une Italie très régionalisée et polycentrique, loin du centralisme français ou anglais) et les errements bien plus récents du fascisme (de 1922 à 1945), l’Italie politique s’est trouvée dès longtemps placée sous de difficiles auspices: elle a eu du mal à émerger.</p>
<p>S’ajoutent à ces éléments macro-historiques, situés dans la longue durée chère à Braudel, un rapport très particulier entre les  italiens et l’Etat. Rarement perçu comme protecteur, jugé généralement inefficace, toujours nimbé de soupçons « patrimonialistes » ou « népotistes », l’Etat est au mieux toléré, souvent déconsidéré, au pire, détesté. Dans l’inconscient collectif, il fait office de prédateur qui ponctionne, parasite les circuits économiques et justifie, par son obésité (tantôt critiquée, tantôt jalousée) l’économie informelle.</p>
<p>C’est  peut-être ce qui faisait dire à Benito Mussolini : « Gouverner l’Italie n’est pas difficile, c’est inutile… ».<br />
C’est sûrement sur ce terreau qu’a pris racine le berlusconisme, l’ère Berlusconi. Voyons les choses en face : « Il Cavaliere » a été porté à quatre reprises à la tête du Gouvernement, en 1994, en 2001 (pour 5 ans), en 2005 (jusqu’en 2006) et en 2008. Pareille insistance, pareille répétition, n’est pas le fruit du hasard. Elle traduit un certain type de relation à la politique, à la classe politique. Entre marketing « grand public », rhétorique basiste, faible contenu idéologique (pour ne pas dire nul), mise au pavois de ses talents d’homme d’affaires et discours anti-élitiste, Silvio Berlusconi a incarné pendant plus de 11 ans un populisme débridé. Son remplacement par Mario Monti tenait autant à ses frasques très médiatisées (et qui finissaient par blesser l’orgueil national, car les Italiens sont tout de même attachés à faire « bella figura » surtout à l’étranger) qu’au niveau intenable atteint par coût dure-financement de la dette publique sur les marchés de capitaux…</p>
<p>Résumons : grand passé, mais concurrence de l’Eglise ; morcellement ancien de l’espace public ; défiance instinctive envers l’Etat ; errements d’une classe politique plus adepte de « combinazione » que d’intérêt général ; populisme assumé et pratiqué à grande échelle de Berlusconi, sur fond de crise démographique et de difficultés socio-économiques (même si le « système pays » joue efficacement, si l’offre de l’Italie est plutôt en phase avec le « mainstream » mondial et si le tissu économique italien, servi par une diaspora énorme, avec 62 millions d’italiens vivant à l’étranger, est remarquablement flexible) : autant dire que les élections de 2013 s’inscrivaient sur une toile de fond plutôt chargée.</p>
<p>Dans ces conditions, le résultat du scrutin paraît moins surprenant : vote de défiance ; rejet des courants traditionnels ; préférence pour un non-résultat. Des non-élections en quelque sorte, reflet d’une Nation profondément désorientée, ne sachant plus à quel Saint se vouer (malgré le Vatican !) en quête de sens donc et trop consciente de sa vulnérabilité croissante aux influences extérieures (avec une fixation particulière, dans les provinces du Nord, sur l’immigration).</p>
<h2>2-Des élections non-italiennes</h2>
<p>Au fond, les principaux enseignements de cette élection confirment des tendances lourdes à l’œuvre dans tous les pays d’Europe occidentale. Ce sont des mouvements longs, préoccupants par leur ampleur et leur généralisation.<br />
Qu’on le veuille ou non, l’arrivée ou le retour à l’avant-plan de Beppe Grillo et de Silvio Berlusconi traduit un profond désarroi à l’égard des réponses des partis traditionnels aux défis de notre temps : le vieillissement démographique très prononcé en Italie, où l’indice synthétique de fécondité est l’un des plus bas de l’UE ; l’endettement des Etats, très haut en Italie ; la mondialisation, vécue et perçue comme la source d’un décrochage et d’une perte de bien-être&#8230;</p>
<p>Le message  clé de ces élections « non-italiennes » pour le coup, puisqu’elles traduisent un désenchantement bien plus général, quasi-générationnel est un message de protestation tous azimuts. Protestation contre le « diktat » allemand (qui mêle confusément et sans discernement la BCE dirigée par…un italien ; le Bundestag ; la Chancelière ; la barre de l’euro « trop » fort,  vu comme un mark déguisé…), contre les élites (Mario Monti a été affublé du surnom cocasse de « Ben Loden ») contre la vie chère et le matraquage fiscal (NB la pression fiscale ayant il est vrai singulièrement augmenté depuis deux ans) contre le système (lequel au juste ?), contre l’Union européenne, jugée autant coupable de rétraction (sur le front des aides régionales et des politiques de soutien) que d’un excès concomitant de régulations…</p>
<h2>3-Des élections anti-européennes</h2>
<p>C’est assurément ce volet des élections des 24 et 25 février qui est le plus lourd de menaces, et qui parle le plus du malaise européen de 2013.</p>
<p>Car il renvoie plusieurs messages simultanés, homogènes et tous négatifs, aux peuples et dirigeants de l’Union.<br />
Qu’un pays fondateur des Communautés européennes, patrie d’Alcide de Gasperi, tourne aussi clairement le dos à la discipline budgétaire européenne, refuse les années d’effort annoncées et attendues par un Mario Monti, négligent la contrainte de refinancement de la dette italienne et fasse fi de la confiance collective à la base du gouvernement européen (au sens non pas organique, mais fonctionnel du terme) est très inquiétant.</p>
<p>La probable impossibilité de désigner un Gouvernement homogène, stable et effectif, susceptible d’assurer la continuité des engagements pris par Mario Monti, plonge de nouveau la zone euro dans l’inconnu et met la monnaie unique en tension. L’accalmie des marchés, un temps rassurés par l’arrivée aux commandes d’un économiste reconnu, banquier avisé, auréolé de son passage réussi à la Commission européenne, est terminée.</p>
<p>L’Italie avait fait écran, au profit des économies du sud (Espagne, Portugal) depuis plusieurs mois, jouant un rôle de réassurance et de stabilisation. Dans  une large mesure, l’apaisement de la crise financière de la zone euro était lié au sérieux et à la rigueur d’Il Professore, comme on surnomme Mario  Monti depuis ses années à la Bocconi de Milan. Troisième économie de la zone euro, l’Italie, par sa surface propre, le poids de sa dette et ses ramifications dans l’UE crée un « effet d’échelle ». Si le verrou italien saute, il met en tension et en péril immédiat, tout l’édifice bancaire et monétaire de la zone euro. L’Allemagne sera sous très haute pression.</p>
<p>Au fond, ces « non élections »« non italiennes » sont bien trop clairement anti-européennes, dans l’un des pays fondateurs de notre projet d’Union politique. C’est bien là que le bât blesse. Par l’indifférence coupable dans  laquelle est tenu le projet européen ; par la vigueur du populisme, forme moderne et finalement très pernicieuse de nationalisme en minuscule ; par le rejet de l’échelon européen, qui n’est plus regardé comme susceptible d’inverser le cours de l’histoire, d’encadrer nos démons du XXème siècle et de contribuer à maîtriser la mondialisation.</p>
<p>Elles sont aussi anti élitistes, dans la plus pure tradition du populisme : la rupture dirigeants-dirigés atteint un point culminant, en Italie. Cette tension interne entre une Nation et ses élites n’est jamais une bonne nouvelle, en démocratie…Mais les élites italiennes ont-elles cherché, depuis des années, à produire du sens au profit de la collectivité? Le quadruple succès électoral de Silvio Berlusconi, en 20 ans, n’a-t-il pas, avant même la débâcle de février 2013, traduit et signé la défaite de ces «élites» ?  Il y a là matière à penser, à s’interroger et peut-être, s’inquiéter, pour les partenaires de l’Italie…</p>
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		<title>Quels scénarios pour l’avenir stratégique de l’Asie ?</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Feb 2013 10:40:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gestion</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une étude du Conseil National du Renseignement américain, intitulée « Tendances globales 2030 : Mondes alternatifs », identifie les évolutions lourdes qui vont façonner le futur système international, y compris l’explosion des classes moyennes, la migration du pouvoir de l’Occident vers d’autres grands ensembles et la probabilité croissante de nouveaux conflits inter-étatiques. Ces mouvements de fond ne toucheront aucune autre région du monde aussi puissamment que l’Asie, où le CNR<p><a href="http://marc-fonbaustier.fr/2013/02/tendances-lourdes-pour-2013-quels-scenarios-pour-lavenir-strategique-de-lasie/" class="more-link"><span>Lire la suite</span></a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Une étude du Conseil National du Renseignement américain, intitulée « Tendances globales 2030 : Mondes alternatifs », identifie les évolutions lourdes qui vont façonner le futur système international, y compris l’explosion des classes moyennes, la migration du pouvoir de l’Occident vers d’autres grands ensembles et la probabilité croissante de nouveaux conflits inter-étatiques.</strong></p>
<p>Ces mouvements de fond ne toucheront <strong>aucune autre région du monde aussi puissamment que l’Asie</strong>, où le CNR prévoit logiquement que la Chine deviendra la plus grande économie planétaire, l’Inde le plus grand moteur d’expansion de la classe moyenne et les scénarios de conflits entre puissances émergentes et établies susceptibles de mettre à l’épreuve la paix dans la région. Dans aucune autre région du monde, la primature des Etats-Unis dans le système international ne sera autant défiée qu’en Asie, entre les géants en marche que sont l’Inde et l’Indonésie, un rival à part entière qu’est la Chine et le glissement progressif du centre de gravité de l’économie mondiale de l’Atlantique vers les océans indien et pacifique.</p>
<p>Quel sera le rôle de l’Asie dans le monde, quels seront ses rapports avec les Etats-Unis et les autres pays occidentaux ? La résolution de ces questions dépendra largement de l’ordre régional qui prendra forme à l’horizon 2030… A cet égard, <strong>plusieurs scenarios théoriques peuvent être envisagés. J’en retiendrai principalement 7</strong>. Le nombre élevé des scénarios stratégiques concevables pour l’Asie confirme le <strong>caractère très irrésolu des dynamiques de pouvoir régionales</strong> mais aussi, combien <strong>d’inconnues subsistent sur la trajectoire chinoise</strong>, sur la <strong>permanence de la puissance américaine</strong>, sur la <strong>ré-émergence (attendue) du Japon</strong> et sur la <strong>vraie nature du régionalisme asiatique</strong>.</p>
<p>Ces <strong>scénarios pour l’Asie de 2030</strong> comportent <strong>trois variantes multipolaires, trois variantes bipolaires et une variante unipolaire</strong>.</p>
<p>Ces 7 variantes retombent peu ou prou sur <strong>5 grands systèmes régionaux possibles</strong> :</p>
<ul>
<li>Une multipolarité « fluide », emmenée par l’ascension de plusieurs Etats forts, avec les Etats-Unis comme puissance extra régionale dominante;</li>
<li>Un Concert des Nations asiatiques ;
<li>Une nouvelle guerre froide en Asie ;
<li>Un condominium sino-américain (G2) ;
<li>Un nouvel Empire du milieu.</ul>
<p>Plus précisément, <strong>trois formes de multipolarités sont envisageables</strong>. (a) Un ordre multipolaire semi coopératif, semi concurrentiel, dans lequel les Etats-Unis demeurent l’acteur le plus puissant ; (b) un ordre multipolaire fondamentalement concurrentiel, dans lequel la Chine est l’acteur le plus puissant ; (c) un concert des Nations asiatiques libéral, dans lequel plusieurs Etats forts s’organisent autour de formes de coopération plutôt que de rivalité.</p>
<ul>
<li>La <strong>multipolarité avec une domination des Etats-Unis</strong> : cet ordre multipolaire combinerait coopération et concurrence, interdépendance et rivalité, avec les Etats-Unis comme puissance de premier plan. Ce statu quo par rapport à la situation actuelle suppose néanmoins un engagement total des Etats-Unis en Asie-Pacifique.</li>
<li>La <strong>multipolarité avec une domination chinoise</strong> : cet ordre multipolaire serait fondamentalement compétitif et conflictuel, avec les Etats-Unis tenant un rôle plus distancié, plus lointain ; la prédominance des dynamiques d’équilibrage régional, et la Chine comme acteur majeur. Ce scénario est le plus probable en cas de désengagement ou de retrait américain.
<li>Le <strong>Concert des Nations d’Asie</strong> : cet ordre libéral structurerait une entente régionale, dans laquelle la libéralisation politique en Chine aurait permis une plus grande coopération démocratique, fondée sur la transparence, la confiance et des institutions régionales efficaces. Un tel ordre serait plus viable s’il incluait les Etats-Unis.</ul>
<p>Alternativement, <strong>trois formes de bipolarités</strong> semblent possibles : (a) une cassure au sein de l’Asie, entre deux blocs concurrents conduits respectivement par les Etats-Unis et la Chine ; (b) une région caractérisée par un retrait des Etats-Unis, qui dresseraient un groupe dirigé par la Chine contre un groupe concurrent mené par une autre des grandes puissances locales ; (c) un condominium sino-américain dans lequel une bipolarité coopérative gouverne la région.</p>
<ul>
<li><strong>Une guerre froide dans une Asie bipolaire</strong> : les Etats-Unis contre la Chine. Cet ordre régional bipolaire serait axé sur des blocs concurrentiels conduits par les Etats-Unis et la Chine.</li>
<li>Une <strong>autre guerre froide en Asie</strong> : Asie contre Chine. Un tel ordre bipolaire régional stimulerait des blocs concurrents dirigés par une coalition comprenant le Japon, l’Inde, la Corée réunifiée et leurs alliés du Sud-Est asiatique, d’un côté, contre la Chine et ses alliés (Pakistan plus petits Etats d’Asie du Sud) de l’autre, avec un retrait des Etats-Unis, qui jouent quand même un rôle de rééquilibrage « offshore ».
<li>Un <strong>condominium G2</strong>: dans cette approche bipolaire coopérative, les Etats-Unis et la Chine formeraient un condominium qui remplacerait le réseau d’alliances américain comme pilier de la stabilité régionale. Un tel ordre pourrait reposer sur des sphères d’influence très proches de celles de l’ordre bipolaire concurrentiel, mais avec des relations sino-américaines complices plutôt que rivales.</ul>
<p>Enfin, <strong>une forme d’unipolarité</strong> (et une seule) paraît envisageable en Asie : une forme de primauté de la Chine qui réduirait les autres Etats à un statut diminué, et empêcherait effectivement les Etats-Unis de jouer un rôle régional cardinal.</p>
<ul>
<li>Le <strong>Nouvel Empire du Milieu</strong> : dans un tel ordre unipolaire, contrôlé par Pékin, les Etats-Unis serait pratiquement exclus d’Asie et les grandes puissances régionales verraient leurs intérêts subordonnés à la suprématie de la Chine.</li>
</ul>
<p>Vu en 2013, les scenarios stratégiques les plus vraisemblables pour l’Asie en 2030 semblent être, par ordre décroissant de probabilité d’occurrence : (1) la multipolarité avec un ascendant des Etats-Unis ; (2) une guerre froide Etats-Unis/Chine dans une Asie bipolaire; (3) la multipolarité avec un ascendant de la Chine ; (4) une guerre froide Asie-Chine ; (5) le concert des Nations asiatiques ; (6) le condominium sino-américain ; (7) le nouvel Empire du Milieu.</p>
<p>La <strong>variable-clé de tous ces scénarios réside dans le rôle que les Etats-Unis choisiront de jouer en Asie</strong> : sous l’angle de la continuité de leur présence militaire et de leur primature diplomatique et économique (qui dépendront en partie de la capacité américaine à revitaliser leurs ressources internes) ; sous l’angle de la défense de leurs alliés et de l’approfondissement du partenariat stratégique avec l’Inde ; et sous l’angle de la nature de leur relation avec la Chine. Les <strong>autres variables</strong> importantes seront incontestablement : le champ et le rythme des changements politiques internes à la Chine ; la vitesse de l’affirmation économique et militaire de l’Inde et enfin ; l’avenir de l’alliance Etats-Unis/Japon.</p>
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		<title>Doit-on désespérer de l’Inde ?</title>
		<link>http://marc-fonbaustier.fr/2013/01/doit-on-desesperer-de-linde/</link>
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		<pubDate>Thu, 03 Jan 2013 09:00:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gestion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[fr]]></category>
		<category><![CDATA[développement]]></category>
		<category><![CDATA[inde]]></category>
		<category><![CDATA[Manmohan Singh]]></category>
		<category><![CDATA[Washington]]></category>

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		<description><![CDATA[Plonger 10% de la population mondiale dans l’obscurité n’est pas la meilleure façon de mettre en avant les attributs d’une « grande puissance »… La panne d’électricité géante de l’été dernier en Inde, les dysfonctionnements de son système politique et le net ralentissement de la croissance économique ont suscité des interrogations, parmi les observateurs, partiellement dissipés (mais pas totalement) par l’annonce de réformes par le Gouvernement de New-Delhi en septembre.<p><a href="http://marc-fonbaustier.fr/2013/01/doit-on-desesperer-de-linde/" class="more-link"><span>Lire la suite</span></a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Plonger 10% de la population mondiale dans l’obscurité n’est pas la meilleure façon de  mettre en avant les attributs d’une « grande puissance »… La panne d’électricité géante de l’été dernier en Inde, les dysfonctionnements de son système politique et le net ralentissement de la croissance économique ont suscité des interrogations, parmi les observateurs, partiellement dissipés (mais pas totalement) par l’annonce de réformes par le Gouvernement de New-Delhi en septembre.  Pendant près de 10 ans, l’Inde a représenté le <a href="http://marc-fonbaustier.fr/2012/02/linde-dans-le-ventre-de-lelephant/">grand pari stratégique des Etats-Unis et d’une partie des Occidentaux</a>, en Asie, une sorte d’allié naturel qui s’affirmait comme un partenaire fort, déployant une activité tous azimuts et promis à une prospérité croissante.</strong></p>
<p>Ce pari aurait-il donc été hasardeux ?</p>
<p>A l’issue d’un examen attentif, il n’en est rien.</p>
<p>Certes, les défis que doit relever le Gouvernement Indien demeurent colossaux, entre la maîtrise d’une démographie expansive, la réduction de la pauvreté de masse, le nécessaire développement des infrastructures, la diffusion de l’éducation etc…Certes, la poursuite de relations confiantes et mutuellement bénéfiques avec les pays occidentaux est un travail de longue haleine, exigeant, dans le cas de l’Inde, patience et vision de long-terme.  Mais la construction d’un  partenariat toujours plus étroit avec New-Delhi constitue bel et bien, à présent, un objectif commun aux Etats-Unis, à la France, au Royaume-Uni et à l’Allemagne, pour ne citer que ces quatre pays. Cet objectif repose sur un calcul stratégique. Il s’enracine dans la conviction, singulière dans cette région du monde, de pouvoir s’appuyer sur un socle de valeurs partagées.</p>
<p>Il est pourtant facile de comprendre le pessimisme de certains. Le Gouvernement de Manmohan Singh a annoncé mi-septembre qu’il libéralisait les investissements étrangers dans les secteurs de la grande distribution, de l’aviation et de plusieurs autres secteurs jusqu’alors protégés, que  sous l’empire de l’urgence, alors que la croissance chutait… Le taux de croissance, après avoir atteint près de 10% par an depuis les années 2000, a nettement fléchi pour passer sous la barre des 6% en 2011. Au même moment, les investisseurs internationaux ont commencé à bouder l’Inde. Les coupures d’électricité massives et répétées ont fourni une autre illustration des maux endémiques d’une économie minée par la faiblesse des infrastructures et les pesanteurs bureaucratiques. L’opposition aux réformes annoncées menée par certains des partis soutenant la coalition gouvernementale, y compris des alliés du Gouvernement au Parlement qui ont  juré de faire tomber le Gouvernement à cause des mesures nouvelles, ne laisse guère entrevoir d’audace dans la conduite des affaires publiques.</p>
<p>La relation stratégique Etats-Unis/Inde, emblématique,  pâtit de cette situation. Elle n’est pas la seule.<br />
Après que Washington a pris des décisions audacieuses et inédites – assouplir le contrôle des exportations pour permettre de plus importants transferts de technologies, étendre la coopération anti-terroriste et soutenir la candidature de New-Delhi à un siège de membre permanent du Conseil de sécurité &#8211; plusieurs initiatives sont demeurées sans suite côté Indien. Des accords de défense pourtant cruciaux n’ont pas été signés, l’accord de coopération nucléaire civile tant attendu achoppe sur les particularismes de la Loi indienne en matière de responsabilité et les deux pays ne parviennent pas à rapprocher leurs positions sur les sanctions pouvant être imposées à l’Iran au titre de son programme nucléaire.</p>
<p>Une approche à plus long terme, cependant, dessine un tableau très différent.<br />
Une étude américaine avance qu’en 2030, « l’Inde sera la puissance économique émergente qu’est aujourd’hui la Chine ». L’Inde bénéficie d’une démographie dynamique, qui en fait le plus grand vivier mondial de travailleurs. Comme l’économie indienne devient la plus grande force motrice de la classe moyenne au monde, les  attitudes Indiennes continueront d’évoluer, alimentant ce que l’intellectuel  Shekhar Gupta appelle une « politique d’aspiration » plutôt qu’une « politique de grief »,  qui transformera la société.<br />
Ces mutations profondes feront de l’Inde un partenaire attractif et valorisant pour beaucoup de pays. </p>
<p>L’Inde est d’ores et déjà le plus grand importateur d’armes au monde  et les Occidentaux, dont la France, comptent parmi ses principaux fournisseurs. L’Inde s’ouvre progressivement aux coopérations militaires, y compris de exercices conjoints, avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France, ce qui constitue un développement remarquable par rapport à l’époque de la guerre froide. Les échanges de renseignements n’ont jamais été aussi intenses. L’Inde et l’Occident, Etats-Unis en tête, évoquent ouvertement le défi stratégique posé par l’ascendant de la Chine en Asie.  L’Inde cultive d’ailleurs de plus en plus des relations de coopération avec d’autres alliés des Etats-Unis tels que le Japon, qui renforcent, au lieu de l’abaisser, le système d’alliance américain en Asie.</p>
<p>Le succès de la politique américaine, en particulier et Indienne, depuis une douzaine d’années, repose sur la transformation, pour le troisième millénaire, des fondements des relations entre les « deux plus grandes démocraties au monde ». Le calcul a paru bon : les Etats-Unis « sécuriseraient » non pas un allié, mais un partenaire indépendant, qui pourraient aider en retour à ancrer un « équilibre des pouvoirs » en Asie. </p>
<p>Washington, ce faisant, pourrait pointer sur le modèle de développement démocratique de l’Inde, comme alternative au « consensus de Pékin » de développement dirigé. Autrement,  ce modèle chinois risquerait fort de séduire d’autres pays de la région.  Les complémentarités entre les économies occidentales, à fort coefficient technologique et le riche capital humain de l’Inde ont paru de nature à stimuler la croissance de part et d’autre. L’Inde pourrait, progressivement, en retirer un nouveau statut international et prendre toute sa place dans le nouvel ordre mondial en construction.  Cela semblait une bonne affaire pour toutes les Parties.  Cela le reste sans doute…</p>
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		<title>La démocratie, gage de la puissance chinoise ?</title>
		<link>http://marc-fonbaustier.fr/2012/12/la-democratie-gage-de-la-puissance-chinoise/</link>
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		<pubDate>Fri, 28 Dec 2012 11:17:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gestion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[fr]]></category>
		<category><![CDATA[autoritarisme bureaucratique]]></category>
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		<description><![CDATA[Alors que le Chine vient d’amorcer sa transition politique décennale, les Chinois comme les occidentaux se demandent si ses nouveaux dirigeants vont placer le pays sur une nouvelle orbite, celle de l’ouverture et de la transparence. Il s’agit bien évidemment d’une évolution moralement souhaitable. Mais plus encore, la libéralisation politique est un impératif stratégique, si la Chine veut prétendre accéder définitivement à un statut de puissance mondiale, de puissance globale.<p><a href="http://marc-fonbaustier.fr/2012/12/la-democratie-gage-de-la-puissance-chinoise/" class="more-link"><span>Lire la suite</span></a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Alors que le Chine vient d’amorcer sa transition politique décennale, les Chinois comme les occidentaux se demandent si ses nouveaux dirigeants vont placer le pays sur une nouvelle orbite, celle de l’ouverture et de la transparence. Il s’agit bien évidemment d’une évolution moralement souhaitable. Mais plus encore, la libéralisation politique est un impératif stratégique, si la Chine veut prétendre accéder définitivement à un statut de puissance mondiale, de puissance globale.</strong></p>
<p>Le nouveau pouvoir chinois, qui associe subtilement conservateurs et progressistes, a un agenda copieux, entre l’éclatement de la bulle démographique chinoise et les limites du dirigisme économique, en passant par les soupçons croissants qu’inspire le pays à des voisins militairement bien pourvus.  Toutefois, ces problèmes lourds sont amplifiés par la nature du régime politique de la RPC, quand ils ne lui sont pas consubstantiels en réalité.</p>
<p>L’autoritarisme bureaucratique (ou la bureaucratie autoritariste) sécrète des incitations à la corruption et à la répression, qu’ a amplement révélées l’affaire Bo Xilai.  De même, les enquêtes menées par les médias occidentaux sur les fortunes familiales du Président entrant  Xi Jinping et du Premier ministre sortant Wen Jiabao ont montré que de proches parents ont accumulé des ressources considérables suivant des voies indissociables du succès politique des « chefs de famille ». Nous n’avons plus affaire alors à une République « populaire ».</p>
<p>L’économie étatisée de la Chine a permis une croissance économique rapide pendant une trentaine d’années. Mais elle a également produit des déséquilibres majeurs. La RPC a ainsi surinvesti dans l’immobilier et les industries lourdes. Les entreprises publiques sont souvent dirigées par des hommes politiques plutôt que par des hommes d’entreprise. Les banques accordent des prêts à des taux sans rapport avec les taux du marché, sur la base de critères « hors marché ». La gestion très discrétionnaire des <a href="http://marc-fonbaustier.fr/2012/11/la-bataille-des-changes/">taux de changes</a> et le piratage des formes de propriété intellectuelle entraînent des représailles de la part des partenaires commerciaux. Dans le même temps, les coûts de la main d’œuvre ont sérieusement augmenté.</p>
<p>Le contrôle étroit de l’information par le pouvoir central a contribué à empêcher des percées technologiques endogènes. Ce phénomène rappelle les temps lointains où les choix politiques, au XVème siècle, favorisant le gouvernement des mandarins au détriment des entrepreneurs, avaient fermé la Chine aux premiers développements de l’industrie et à l’expansion impériale, faisant ainsi concéder à la Chine un retard de 500 ans sur l’Occident.</p>
<p>Pourtant, si la RPC évoluait vers une forme de gouvernement démocratique, d’une façon graduelle plutôt que brutale, en laissant aux institutions le temps de mûrir, les défis les plus urgents qu’elle doit relever deviendraient plus « gérables ». Plus encore, la menace stratégique que la Chine fait peser sur ses voisins, <a href="http://marc-fonbaustier.fr/2012/01/le-g2-americano-chinois-2/">sur les Etats-Unis</a> et sur l’ordre mondial perdrait également de son acuité. Et la Chine serait moins encline à se faire du tort avec des armes choyées par ses généraux – et redoutées par tous- si les militaires chinois venaient à être clairement soumis à un contrôle civil démocratique.</p>
<p>Une transition démocratique en RPC pourrait renforcer le nationalisme populaire, faisant sans doute monter la pression sur les dirigeants chinois pour réunifier Taïwan. Mais il est tout aussi vrai qu’un régime démocratique à Pékin serait un interlocuteur plus séduisant pour Taïwan dans la perspective d’une réunification pacifique. Le Japon et les autres voisins de la Chine auraient sans doute plus de latitude pour clore leurs différends territoriaux avec un régime que le respect de la règle de droit sur le plan domestique prédisposerait davantage à régler des litiges à l’extérieur par le truchement du droit international.</p>
<p>Pékin serait au fond mieux placé pour atteindre ses objectifs de politique étrangère – intégrer Taïwan dans un schéma de type « un pays, deux systèmes » (comme  Hong-Kong) ; réduire la dissidence au Tibet et au Xinjiang ; convaincre des voisins sceptiques de ses intentions pacifiques et rassurer les Etats-Unis sur la compatibilité de son affirmation avec  les intérêts américains – si des institutions démocratiques, gages de modération et de réassurance étaient en place dans le pays.</p>
<p>La démocratie renforcerait également la légitimité de la Chine à réformer les institutions internationales, lui conférant ainsi un rôle plus central dans le nouvel ordre international. Bon nombre de pays accepteraient plus volontiers un leadership chinois dans le système international si Pékin faisait une plus grande part à la retenue, à la transparence et au respect du droit dans ses politiques internes.</p>
<p>Au fond, les caractéristiques de régime chinois, qui ont pu contribuer à l’essor de la RPC, risquent d’en contraindre de plus en plus le déploiement. L’expansion de la Chine au cours de décennies à venir pourrait exiger une ouverture démocratique. Une telle ouverture pourrait, par voie de conséquence, jeter les bases d’une ascension de la Chine au sommet des systèmes politiques.  Au cas où elle n’aurait pas lieu (ce qui n’est pas exclu), l’émergence de la Chine en tant que véritable superpuissance sera sans cesse remise en cause par les nombreux pays qui finiront par redouter l’impact du régime autoritaire chinois sur l’ordre global et sur leur place en son sein.</p>
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		<title>IHEDN: Les grand enjeux de défense et de sécurité</title>
		<link>http://marc-fonbaustier.fr/2012/12/ihedn-les-grand-enjeux-de-defense-de-securite/</link>
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		<pubDate>Wed, 05 Dec 2012 14:38:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gestion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Centre de crise]]></category>
		<category><![CDATA[fr]]></category>
		<category><![CDATA[centre de crise]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[dah]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Centre de crise du Ministère des Affaires étrangères Organiquement, le Centre de crise est né il y a un peu plus de quatre ans. Fonctionnellement, la gestion des crises, humanitaires ou sécuritaires, est nettement plus ancienne. On peut en voir les prodromes dans la création en 1985 d’une cellule d’urgence et de veille humanitaire, qui a ensuite donné naissance à la délégation à l’action humanitaire (DAH) et à la<p><a href="http://marc-fonbaustier.fr/2012/12/ihedn-les-grand-enjeux-de-defense-de-securite/" class="more-link"><span>Lire la suite</span></a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2>Le Centre de crise du Ministère des Affaires étrangères</h2>
<p><strong>Organiquement</strong>, le Centre de crise est né il y a un peu plus de quatre ans.</p>
<p><strong>Fonctionnellement</strong>, la gestion des crises, humanitaires ou sécuritaires, est nettement plus ancienne. On peut en voir les prodromes dans la création en 1985 d’une cellule d’urgence et de veille humanitaire, qui a ensuite donné naissance à la délégation à l’action humanitaire (DAH) et à la Direction des français de l’étranger, Sous Direction de la protection des personnes. Un savoir-faire s’est ainsi développé, au fil du temps.</p>
<p>Cependant, <strong>trois facteurs ont conduit à changer d’approche</strong> en privilégiant, plutôt qu’une logique de « task force » à répétition, une logique de <strong>professionnalisation</strong>, qui supposait de se doter d’une <strong>nouvelle institution permanente</strong>.</p>
<ul>
<li>D’abord, <strong>les crises se sont multipliées</strong>, depuis une dizaine d’années et ont atteint une fréquence plus élevée que par le passé. Il y a donc eu une <strong>nette évolution quantitative</strong>.</li>
<li>Ensuite, les crises ont pris des formes nouvelles, d’un tremblement de terre à un tsunami, d’un crash aérien à Fukushima, d’une prise d’otage à des attentats de grande ampleur, de la Côte d’Ivoire aux printemps arabes. Bref, <strong>qualitativement</strong>, les crises sont devenues <strong>polymorphes</strong>.
<li>Enfin, les crises sont devenues un <strong>quadruple enjeu</strong> :
<ul style="margin-left:15px;">
<li>humain, d’abord, la légitimité des Etats étant de plus en plus jaugée à l’aune de leur capacité à protéger leurs ressortissants ;</li>
<li>politique ensuite, la crédibilité internationale des Etats reposant aussi, à présent, sur leur aptitude à répondre vite et bien aux défis des crises ;
<li>médiatique, les crises devenant un vecteur d’image puissant pour les dirigeants et les institutions.
<li>diplomatique enfin, la « diplomatie de crise » contribuant à la hiérarchie des diplomaties nationales et devenant une branche en soi des métiers diplomatiques.</ul>
</ul>
<p>D’où la décision de créer, en 2008, un Centre de crise, composé d’une <strong>soixantaine d’agents</strong>.</p>
<p>Ce Centre a été placé sous <strong>l’autorité directe du Ministre</strong>.</p>
<p>Il y a <strong>au moins deux raisons</strong> à cela.</p>
<p>D’une part, parce que les situations de crise exigent des <strong>décisions claires et rapides</strong>. Nous avons ainsi une ligne hiérarchique courte avec le Directeur du Cabinet et le Ministre.</p>
<p>D’autre part, parce que <strong>la matière première des crises est éminemment politique</strong>, et prend très vite des proportions, en termes de seuils, de moyens à mettre en œuvre, de responsabilités à assumer, de communication à assurer, qui relèvent bien du niveau ministériel au moins.</p>
<p>Pour vous décrire l’organisation du Centre de crise, je prendrai volontiers l’image d’un <strong>thermomètre</strong>, avec une partie froide, tiède, chaude et bouillante. Les fonctions du Centre vont donc suivre cette courbe de température. Il s’agit seulement d’éviter que le thermomètre n’explose…</p>
<h2>I- La partie froide et tiède du Centre de crise correspond, grosso modo, au Centre de situation que je dirige.</h2>
<p>Ce Centre de situation regroupe 26 agents.</p>
<p>Il assure <strong>quatre grandes fonctions</strong>, sachant qu’il faut distinguer les missions <strong>en tout temps</strong> et les <strong>phases de crise ouverte</strong>.</p>
<h3>A- Les missions en tout temps</h3>
<ol>
<li><strong>Veiller et alerter</strong> : 16 veilleurs de jour et de nuit assurent une veille H24. Cette veille vaut même pour tout le Ministère de 20h00 à 8h00. Cette fonction est très importante. C’est une sorte de gare de triage, qui filtre les évènements et informations en provenance du monde entier. Le quart veille comprend 3 ou 4 agents le jour, 2 agents la nuit.</p>
<p>Quatre types d’informations convergent au quart-veille :</p>
<ul style="margin-left:15px;">
<li>des informations télévisées, sur un mur d’images pourvu d’une vingtaine d’écrans TV recevant toutes les grandes chaînes généralistes.</li>
<li>pour chaque poste de travail, des dépêches d’agence, qui arrivent sur un écran dédié
<li>tous les télégrammes des postes diplomatiques et consulaires, notamment les IMMEDIAT
<li>enfin, le quart-veille consulte régulièrement certains sites spécialisés, notamment des sites concernant la veille relative aux catastrophes naturelles ou aux accidents aériens (NB « Catnat », « Severe weather », « Crash info », « USGS »…).</ul>
<p><br/></p>
<li><strong>Informer</strong> : le Centre de situation produit les Fiches Conseils aux voyageurs, qui concernent 189 pays et 21 thèmes. Ces fiches sont actualisées en temps réel, tous les jours, toute l’année. La procédure d’élaboration de ces FCV a été certifiée IS0 9001 en juillet 2011. Le succès public est spectaculaire, avec 6 millions de consultations des FCV en année pleine, ce qui en fait le deuxième site le plus visité de l’Administration française.<br />
<br/></p>
<li><strong>Protéger</strong> : Le Centre de situation, en liaison étroite avec le Groupement des situations d’urgence, valide les 220 <strong>plans de sécurité</strong> des Ambassades et des Consulats, qui forment le <strong>socle de sécurité</strong> de nos personnels et de nos communautés à l’étranger. Il veille également, en liaison avec le CPCO du Ministère de la défense, la DGSE, et les services politiques du Quai d’Orsay, avec les postes, à ce que les <strong>pays « à vigilance renforcée », une vingtaine environ, soient bien pourvus d’un plan d’évacuation et/ou de fermeture des postes</strong>. Enfin, je mentionnerai pour mémoire le nouveau né de notre arsenal de protection de nos compatriotes voyageurs, qui sont 13 millions par an, l’application <strong><a href="https://pastel.diplomatie.gouv.fr/fildariane/flux/protected/frameset/index.html">Ariane</a></strong>, portail d’enregistrement numérique permettant de s’enregistrer gratuitement et librement avant un déplacement de courte/moyenne durée. Ce portail a été lancé en juillet dernier. Il permet d’avertir en temps réel, par sms, les français enregistrés se trouvant sur place en cas de crise, pour les informer de l’évènement et leur donner la conduite à tenir. Après 16 mois depuis son démarrage officiel, Ariane a décollé : le nombre de personnes enregistrées a été multiplié par 20 depuis la phase expérimentale (plus de 50 000 inscrits).<br />
<br/></p>
<li><strong>Coopérer</strong> : le Centre de situation coordonne <strong>l’aide humanitaire d’urgence</strong>, qui vise par construction à répondre aux situations de détresse aigue de certaines populations. A noter qu’il existe un fort couplage entre politique humanitaire d’urgence et politique sécuritaire, dans les deux sens. Les crises sécuritaires engendrent souvent des besoins humanitaires. A l’inverse, l’aide humanitaire d’urgence peut contribuer à détendre la situation de certains pays en crise et réduire les risques de violences. Cela étant, au sahel ou dans la Corne de l’Afrique, on constate comme une aporie, puisque notre politique sécuritaire consiste à dire aux ONG de ne pas se rendre sur place, alors que les besoins humanitaires y sont exceptionnellement élevés et que la spirale pauvreté/détresse/violences y est évidente. La conciliation entre ces deux versants d’une même politique n’est pas aisée. Nous faisons pour l’essentiel du monitoring, c&#8217;est-à-dire de l’assistance pilotée, sans engagement direct…</ol>
<h3>B- Les phases de crise ouverte</h3>
<p>Ce sont des <strong>phases extrêmement lourdes pour le Centre de situation</strong>, puisqu’il doit continuer d’assumer les missions pérennes précitées avec une montée en puissance temporaire liée à la gestion de crise.</p>
<p>Le Centre de situation doit <strong>contribuer à armer la cellule de crise</strong> qui sera constituée au sein du Centre de crise, avec un segment « situation », chargé d’irriguer les décideurs, à commencer par le Ministre, en « <strong>points de situation</strong> » sur le déroulement de la crise, le bilan humain et matériel et les opérations en cours.<br />
Il doit également assurer le <strong>secrétariat des Réunions interministérielles de crise</strong>.<br />
Il doit enfin modifier en temps réel les <strong>conseils au public</strong>, liés à la crise et fournir à la cellule de réponse téléphonique des <strong>éléments de langage</strong>, tout au long de la crise.</p>
<h2>II-La partie chaude et bouillante du Centre de crise correspond à la Sous Direction des opérations d’urgence et des affaires individuelles.</h2>
<p>Cette Sous Direction traite des crises écloses, une fois l’évènement survenu et noue des contacts quotidiens avec un certain nombre d’opérateurs et de prestataires de services, dont elle devra assembler les compétences le moment venu.</p>
<p>Elle traite donc de <strong>deux sortes de crises</strong>, très différentes par leurs conséquences.</p>
<h3>A- des crises individuelles</h3>
<p><strong>Il y en a trois sortes</strong>. D’une part, <strong>les prises d’otage</strong>, qui correspondent à des mobiles politiques (NB ce qui distingue une prise d’otage d’un enlèvement crapuleux). Les <strong>enlèvements crapuleux</strong> tendent hélas à se multiplier et font également l’objet d’un traitement spécifique. Nous avons actuellement 7 otages à l’étranger. D’autre part, les <strong>disparitions inquiétantes</strong>, qui correspondent à des cas de figure très précis. 80% d’entre elles se résolvent bien (ex : perte de portable ayant conduit une personne à ne pas donner de nouvelles pendant quelques jours). Les 10% restant sont de vraies disparitions inquiétantes, qui bien souvent, débouchent sur le 3ème cas de crises individuelles : les <strong>décès à l’étranger par accident ou homicide</strong>.</p>
<p>En  2011, 13 dossiers d’otages ont été traités, impliquant 23 compatriotes, 661 dossiers de ressortissants français décédés à l’étranger. Depuis le début de l’année 2012, 150 signalements de disparitions inquiétantes ont été adressés au CDC, dont 25 dossiers de disparitions inquiétantes donnant lieu à une procédure judiciaire.</p>
<h3>B- des crises collectives</h3>
<p>Elle se rangent en trois grandes catégories, par leur étiologie :</p>
<ul>
<li>les <strong>crises d’origine naturelle</strong> : tremblement de terre (Haïti) ; tsunamis (celui de décembre 2004/janvier 2005) ; éruptions volcaniques; cyclones ; inondations (Thailande) etc…</li>
<li>les <strong>crises d’origine humaine</strong> : terrorisme, guerres civiles, conflits-interétatiques….
<li>les <strong>crises mixtes, ou hybrides</strong> : par nature (ex les pandémies, où se mêlent causalité naturelle et facteurs humains, dans les voies de transmission et de propagation) ; ou encore, par les séquences successives (cf crise au Japon, où se sont enchaînées trois crises en réalité : un tremblement de terre ; un raz-de marée ; un accident industriel dans une centrale nucléaire).</ul>
<h3>C- Trois grandes fonctions</h3>
<p>Ces crises collectives entraînent en tout état de cause une situation où <strong>une menace devient à la fois globale et de haute intensité</strong>, par son ampleur, et <strong>pèse sur notre communauté et nos intérêts à grande échelle</strong>, par sa portée. Cela justifie l’activation d’une <strong>cellule de crise</strong>, armée par le Centre de crise, qui va en former l’ossature, mais complétée par des renforts émanant d’autres Directions  et services du Ministère, et à laquelle vont aussi prendre part des représentants d’autres Ministères (Défense, Intérieur, Santé, Ecologie…) concernés par la crise.</p>
<p>Une cellule de crise repose en fait sur <strong>trois grandes fonctions</strong>.</p>
<ul>
<li>une fonction « <strong>situation</strong> » : il faut alimenter la Cellule constamment, à commencer par le Ministre, en « points de situation » lui permettant, sous une forme claire, concise et opérationnelle, de suivre le déroulement de la crise, d’être pleinement informé des intérêts en cause et de disposer d’une gamme d’options (en gros : quoi ? combien ?comment ?). Nous avons établi, pour un certain nombre de pays, des tableaux de bord complets  synthétisant toutes les informations nécessaires au pilotage de la crise, y compris la cartographie de la présence française dans le pays concerné. Il faut également se coordonner avec le poste, avec les autorités du pays où survient la crise, avec les partenaires significatifs et le pôle européen…Tout ceci suppose un travail de synthèse à la fois lourd et complexe.</li>
<p><br/></p>
<li>une fonction « <strong>décision</strong> » : les réunions interministérielles présidées par le Ministre d’Etat ou son Directeur de Cabinet, dont la fréquence va varier selon les besoins, vont donner lieu à des décisions opérationnelles permettant de répondre effectivement à la crise. Un relevé de décision sera mis au point après chaque réunion et diffusé dans l’appareil d’Etat. A noter qu’un représentant du Président de la République et un représentant du Premier Ministre siège à ces réunions, afin d’assurer la cohérence d’ensemble de la réponse.<br />
<br/></p>
<li>une fonction « <strong>communication</strong> » : il est très important en effet d’expliquer au grand public ce qui se passe, comment évolue la situation et ce qu’on fait pour y faire face.</li>
<p>Une <strong>cellule de réponse téléphonique</strong> est fréquemment activée aux côtés de la cellule de crise, afin de soulager le poste et de faire face à des pics de plusieurs milliers d’appels par jour (cas du tremblement de terre en Haïti ou de Fukushima).</p>
<p>En parallèle, une <strong>cellule de crise est créée « en miroir » dans l’Ambassade ou le Consulat concerné par la crise</strong>. Cette cellule est prévue dans l’organigramme de crise du poste. Elle essuie en quelque sorte le « premier feu » et organise la réponse initiale à la crise. Il arrive même qu’une cellule de crise soit activée dans un Consulat et une Ambassade en même temps (cf attentats de Bombay en novembre 2008).</p>
<p>Mais très rapidement, des <strong>moyens humains et matériels sont projetés</strong> par la Sous Direction des opérations d’urgence du CDC, afin de muscler notre dispositif et soulager les collègues du poste, souvent épuisés après le premier choc. Cette <strong>équipe de renfort</strong> va être modulée et constituée selon les besoins nés de la crise : médecins, pompiers, psychologues, membres de la sécurité civile etc…</p>
<p>Au total, en 2011, 5069 ressortissants ont bénéficié des moyens de l’Etat français afin de quitter un pays en crise, dont 3 322 Français et 1 747 ressortissants étrangers.</p>
<h2>Conclusions</h2>
<p><strong>Je voudrais partager avec vous 4 réflexions.</strong></p>
<ul>
<li>D’abord, il est remarquable de constater qu’en moins de 4 ans, <strong>le Centre de crise s’est indiscutablement imposé comme un fer de lance de notre diplomatie</strong>, au sein du Ministère des affaires étrangères et européennes (Administration centrale et réseau) comme au sein de l’appareil d’Etat, dans les enceintes interministérielles. Le Centre de crise est systématiquement cité par les plus hautes autorités de l’Etat lorsqu’elles évoquent ou saluent notre action à l’étranger. Le Ministre l’avait mentionné à trois reprises dans ses vœux aux agents, le 11 janvier 2012. Pourquoi ? Sans doute en raison de sa forte réactivité. Sans doute aussi en raison de la visibilité médiatique des grands dossiers portés par le Centre (crises collectives, crises humanitaires, affaires d’otages…). Sans doute enfin parce qu’à la différence de la diplomatie traditionnelle, plus discrète, ou secrète, souvent inscrite dans le temps long, nous sommes ici en prise avec des missions situées dans le temps court, immédiat, en fort contact avec le grand public, qu’il s’agisse des Conseils aux voyageurs, de l’aide humanitaire d’urgence ou réponses aux situations à risques (évacuations etc…).</li>
<p><br/></p>
<li>Ensuite, le <strong>Centre de crise confirme la vocation interministérielle du Ministère des affaires étrangères et européennes</strong>. Comme diplomate, j’ai acquis la conviction qu’on ne fait rien seul. C’est vrai d’un individu comme d’une organisation. Et le sens profond du métier de diplomate, ô combien perceptible au Centre de crise, c’est d’apprendre à orchestrer les savoir faire, les compétences, les expertises d’autres institutions, pour former un « faisceau » de projection. De ce point de vue, le Centre de crise est doublement tributaire d’apports externes. D’une part, il ne peut rien faire de significatif sans d’autres collaborations au sein du Quai d’Orsay : le réseau diplomatique et consulaire lui apporte une contribution majeure, dans tout l’arc de ses missions ; les Directions politiques aussi, géographiques ou fonctionnelles ; le service de la sécurité diplomatique ; la Direction générale de la mondialisation…D’autre part, le Centre alimente ses réflexions et productions auprès des Ministères « sources » ou « opérateurs premiers » dans la collecte du renseignement ou la planification opérationnelle. Le CPCO du Ministère de la défense, la DGSE, la DCRI du Ministère de l’intérieur, sont des partenaires clés à cet égard. Le Centre de crise ne peut fonctionner en autarcie. Il ne rayonne qu’en relation avec ses partenaires naturels.<br />
<br/></p>
<li>Par ailleurs, comme toute institution jeune, nouvelle, <strong>le Centre doit parvenir à « tenir la distance » et aborder, après l’excitation du démarrage, la phase de lancement, une phase que j’appellerais de stabilisation et de consolidation</strong>. Cela suppose d’être bien conscients du chemin parcouru, de celui qui reste à parcourir, de penser avant tout aux responsabilités qu’imposent les missions, et de pouvoir régénérer régulièrement les effectifs, en maintenant une exigence de qualité et une pluralité d’expériences et d’expertises.<br />
<br/></p>
<li>Enfin, le Centre de crise devra sans doute, de façon croissante, <strong>tenir compte de trois dimensions assez fondamentales pour l’avenir : la dimension pédagogique</strong>, avec le besoin de formation des personnels aux crises, à la gestion de crise, aux exigences de sécurité… ; la <strong>dimension interministérielle</strong>, compte-tenu du rôle notamment du SGDSN, du MININT, du COGIC etc… mais aussi du Ministère de la santé, de l’écologie, de l’économie et des finances dans la plupart des crises consulaires ;  la <strong>dimension européenne</strong>, en raison des exigences de l’article 23 du Traité sur l’Union européenne et de la proposition de directive sur la protection consulaire. L’échelon européen va devenir assez considérable, dans les années à venir, du fait du degré élevé d’exposition des citoyens de l’UE aux risques multiples d’un monde instable et peu prévisible, et de la réduction drastique des moyens des Etats membres, qui nous obligeront à mettre en commun des ressources rares voire, à repenser radicalement nos modes opératoires.</ul>
<p><br/><br />
Je vous remercie./.</p>
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		<title>La bataille des changes</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Nov 2012 13:18:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gestion</dc:creator>
				<category><![CDATA[Economie]]></category>
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		<category><![CDATA[banque]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<ol>
<li>Le retour de la « bataille des changes » a été évoqué récemment par le ministre brésilien des Finances, <strong><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Guido_Mantega" title="Guido Mantega">Guido Mantega</a></strong>, à l’issue d’un entretien avec son homologue français, Pierre Moscovici. M. Mantega avait popularisé cette expression en septembre 2010, après que la Réserve fédérale américaine (Fed) a décidé la mise en place d’une seconde phase d’assouplissement monétaire quantitatif (dite <em>Quantitative Easing 2</em> ou <em>QE2</em>). M. Mantega cherche ainsi à décrire <strong>une situation où les pays émetteurs de monnaie de réserve adoptent des politiques monétaires expansionnistes auxquelles les pays non-émetteurs répondent en intervenant sur le marché des changes</strong>. La zone euro, seul bloc monétaire du monde industrialisé à ne pas mettre en place de <em>Quantitative Easing</em>, est particulièrement affectée par ces tensions sur le marché des changes. La devise européenne s’est ainsi appréciée de 2,70%  face au dollar de juillet à octobre 2012.</p>
<p>    Ces déclarations de M. Mantega font suite à une annonce de la Fed d’un nouveau plan d&#8217;assouplissement monétaire, dit <em>QE3</em>. La Fed achètera pour 40 milliards de dollars (30,6 milliards d&#8217;euros) de titres par mois, exclusivement sous la forme de prêts immobiliers titrisés (<em>mortgage-backed securities</em>) de basse qualité. Contrairement aux deux premiers plans de <strong>Quantitative Easing</strong>, ce troisième plan n’est pas plafonné à l’avance. Il se poursuivra jusqu&#8217;à ce que « <em>le marché du travail s&#8217;améliore de manière significative</em> ». Le président de l’institut américain d’émission, <strong><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ben_Bernanke" title="Ben Bernanke">Ben Bernanke</a></strong>, a justifié ce troisième plan de QE par les révisions à la baisse des perspectives de croissance de la Fed pour l’économie américaine (d’une fourchette de 1,9 % &#8211; 2,4 % à une fourchette de 1,7 % &#8211; 2 %) et par « <em>la grande inquiétude</em> » suscitée par le marché du travail. Aux termes du Communiqué de la Fed, « <em>si les perspectives du marché du travail ne s&#8217;améliorent pas de manière significative, le comité continuera ses achats de prêts immobiliers titrisés, entreprendra des achats d&#8217;actifs supplémentaires et emploiera tous les instruments de politique monétaire appropriés jusqu&#8217;à ce qu&#8217;une amélioration soit obtenue dans un contexte de stabilité des prix</em> ».<br />
<br/></p>
<li>Pour prévenir l’appréciation du Yen face au dollar, la Bank of Japan (BoJ) a décidé de suivre la politique de la Fed en annonçant un programme d’achat d’actifs de 10 trilliards de yens<a href="http://marc-fonbaustier.fr/2012/11/la-bataille-des-changes/#footnote_0_1029" id="identifier_0_1029" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Environ 126 milliards de dollars">1</a> (titres publics, billets de Trésorerie, titres des sociétés d’investissement immobilière, J-REIT). La Banque d’Angleterre a décidé de ne pas augmenter la taille de son programme de <em>Quantitative Easing</em> (QE) à ce stade, même si cette option a été évoquée en Comité directeur<a href="http://marc-fonbaustier.fr/2012/11/la-bataille-des-changes/#footnote_1_1029" id="identifier_1_1029" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="La politique de QE de la Banque d&rsquo;Angleterre a &eacute;t&eacute; engag&eacute;e en mars 2009 en r&eacute;ponse aux difficult&eacute;s de l&rsquo;&eacute;conomie britannique cons&eacute;cutives &agrave; la crise financi&egrave;re mondiale. Elle consiste en des achats de titres de dette, principalement publique, pour un montant initial de 75 milliards de livres, qui a &eacute;t&eacute; port&eacute; en six temps &agrave; 375 milliards de livres, soit plus de 25 % du PIB.">2</a>. Enfin, la Banque Nationale Suisse pourrait elle aussi être tentée d’accroître le format de son programme d’assouplissement monétaire lancé l’été dernier (50 milliards de francs suisses).
<p>Du côté des émergents, la banque centrale brésilienne a immédiatement réagi à l’annonce de la Fed en intervenant sur le marché des changes pour éviter une appréciation du réal. La Banco Central a acheté massivement des dollars sur le marché à terme en vendant massivement des produits de retournement de <em>swaps de change</em><a href="http://marc-fonbaustier.fr/2012/11/la-bataille-des-changes/#footnote_2_1029" id="identifier_2_1029" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Un swap de change est une transaction o&ugrave; une devise est &eacute;chang&eacute;e pour une autre puis r&eacute;-&eacute;chang&eacute;e &agrave; un taux et une date pr&eacute;d&eacute;termin&eacute;s. Le swap est une transaction qui combine deux op&eacute;rations : une au comptant et une &agrave; terme.">3</a>. C’est d’ailleurs dans ce contexte qu’ont été tenus les propos du ministre brésilien des finances, évoquant une reprise de la guerre des changes.  Cela étant,  l’idée implicite selon laquelle cette bataille aurait connu une trêve après les tensions de 2010 paraît singulièrement éloignée de la réalité. <strong>Depuis 2010, une vingtaine de pays contribuent sans relâche à cette guerre des devises, par le biais de politiques monétaires ultra accommodantes, de contrôle des mouvements de capitaux ou d’intervention directe sur le marché des changes.</strong><br />
<br/></p>
<li>A cet égard, <strong>les tensions sur le marché des devises s’expliqueraient en particulier par la situation économique très difficile que connaissent les pays industrialisés</strong>. Les niveaux très faibles d’inflation sous-jacente dans ces pays sont les indicateurs clairs d’un <strong>excès d’offre et d’une menace de déflation</strong>. C’est précisément dans ce contexte économique délicat que les politiques de <strong><em>Quantitative Easing</em></strong> poursuivies par la Fed ou la Bank of Japan trouvent leur justification. Certains observateurs, tels l’économiste <strong><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Barry_Eichengreen" title="Barry Eichengreen">Barry Eichengreen</a></strong>, considèrent même que ces politiques monétaires ultra-accommodantes bénéficieront in fine aux économies émergentes. La politique monétaire américaine expansionniste des dernières années aurait ainsi fortement contribué à l’expansion de l’économie chinoise. En tout état de cause, la plupart des experts la jugent indispensable à la reprise mondiale.<br />
<br/></p>
<li><strong>Les critiques des pays émergents à l’égard des politiques monétaires expansionnistes des pays industrialisés sont d’abord liées à leur propre difficulté à aligner leurs politiques monétaires sur celle de la Fed</strong>. L’hypothèse d’un « découplage » des pays émergents (selon laquelle ces régions seraient engagées dans une telle dynamique économique qu&#8217;elles seraient peu affectées par les difficultés de l’économie américaine) semble montrer à présent ses limites. Ces pays demeurent à présent la principale source de croissance au niveau mondial et leur demande intérieure, tant publique que privée, a mieux résisté à la crise que celle des pays industrialisés<a href="http://marc-fonbaustier.fr/2012/11/la-bataille-des-changes/#footnote_3_1029" id="identifier_3_1029" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Selon les derni&egrave;res projections du FMI, la croissance &eacute;conomique en 2010 devrait &ecirc;tre de 5,6% pour les pays &eacute;mergents et en d&eacute;veloppement contre 1,4% pour les pays avanc&eacute;s.">4</a>. La plupart des pays émergents sont donc réticents à mettre en œuvre des politiques monétaires trop accommodantes, par peur d’aviver les tensions inflationnistes qu’ils connaissent déjà. Ainsi, pour s’opposer à l’appréciation du réal, la banque centrale brésilienne a déjà réduit le Selic, son taux d’intérêt directeur, de 500 points de base depuis le début de l’année (de 12,5% à 7,5%). La marge de manœuvre de la Banco Central semble donc aujourd’hui s’épuiser, alors que l’inflation s’accélère au-dessus de sa cible (4,5%)  et a dépassé le seuil de 5% cet été. A l’image du Brésil, les pays émergents connaissent pour la plupart <strong>des taux d’intérêt plus élevés que ceux pratiqués dans les pays industrialisés et une meilleure conjoncture économique</strong>. Ils sont donc plus que jamais sous la menace d’afflux importants de capitaux étrangers qui, faute d’être entravés, conduiront mécaniquement à une appréciation de leurs devises et une détérioration de leur compétitivité à l’export.<br />
<br/></p>
<li>Selon une vision simpliste, <strong>cette « guerre des changes » serait un jeu à somme nulle, puisque les excédents commerciaux des uns sont forcément compensés par les déficits commerciaux des autres</strong>. D’après cette analyse les principaux perdants de la bataille seraient les blocs monétaires qui, comme la zone euro, n’interviennent pas sur le marché des changes et subissent une appréciation de leur taux de change contre toutes devises, laquelle affecte négativement leur balance courante et la croissance économique. Côté européen, on peut ainsi louer la BCE de se garder de participer à ce conflit monétaire, mais, dans le même temps, beaucoup d’observateurs jugent une telle politique risquée. Si l’appréciation de la devise européenne venait à se confirmer elle pourrait en effet réduire encore davantage les timides espoirs de reprise dans la zone euro, alors même que les européens semblent miser sur un redressement de leur commerce extérieur pour retrouver la croissance.
<p>Au-delà du cas européen, <strong>le risque est toutefois que la guerre des devises s’avère un jeu à sommes négatives pour l’ensemble de l’économie mondiale</strong>. Premier risque : l’histoire montre que les interventions (souveraines ou privées) qui éloignent durablement les taux de change de ce que les marchés considèrent être leur valeur fondamentale se soldent fréquemment par des réajustements brutaux générateurs d’instabilité financière. L’explosion de la bulle spéculative sur le yen fin 2008 est ainsi venue rappeler que les pertes enregistrées par les institutions financières consécutivement à des réajustements sur les marchés des devises se propagent mécaniquement aux autres pans du système financier international.</p>
<p>Le second risque est que les perdants de la guerre des changes soient tentés d’utiliser l’arme protectionniste, précipitant alors une véritable guerre commerciale qui aurait un impact négatif sur le volume des échanges mondiaux. Les regains de tension actuels entre Etats-Unis et Chine sur les questions commerciales en sont une bonne illustration. Par une demande de consultations présentée devant l’OMC, lundi 17 septembre, la Chine a demandé à l’organisation de se prononcer sur les mesures compensatoires et antidumping appliquées par les Américains sur certains produits chinois. Le même jour, les États-Unis ont également présenté une demande de consultations devant l’OMC, les Américains accusant les Chinois de subventionner leurs entreprises exportatrices.</p>
<p>Au total, cette « guerre des changes », aigüe ou larvée selon les phases :</p>
<div style="margin-left:10px;">
<ul>
<li>repose sur de <strong>profonds déséquilibres économiques mondiaux, reflétés dans les écarts de soldes commerciaux et budgétaires</strong>, qui suscitent mécaniquement une circulation massive de capitaux. En clair, les excédents des uns viennent refinancer les déficits des autres. Mais ce « bouclage » global se fait au prix de très importants mouvements de devises entre les différents pôles mondiaux;<br />
<br/></p>
<li>est <strong>amplifiée par les arbitrages entre actifs</strong>. La libéralisation complète des marchés de capitaux mondiaux, en dépit des régulations mises en place et durcies en 2008, notamment à l’égard des banques (ratios <strong>Bâle III</strong>), procure aux investisseurs et aux spéculateurs un immense champ d’arbitrage, avec des échéances allant du très court terme au long terme et une liquidité allant du très liquide (le  jour le jour) au plus solide (épargne longue). Les marchés financiers sont extrêmement complexes, diversifiés (du marché des changes aux marchés de matières premières, des marchés au comptant, spot, aux marchés à terme en passant par toute la gamme des marchés d’options, y compris les options de change…En bref, les arbitrages entre actifs sont quasiment sans limite. Ils amplifient considérablement, sur le marché des changes, les mouvements liés aux transactions physiques (90% de spéculation, 10% de couverture d’opérations commerciales). Ce phénomène conduit à des surréactions (« <strong>overshooting</strong> ») et amplifications, qui forment une toile de fond de la « guerre des devises » ;<br />
<br/></p>
<li>est <strong>facilitée par des politiques monétaires polycentriques, au mieux, antagoniques, au pire</strong>. Il est clair qu’en dépit des sommets internationaux (G8, G20 etc…), l’ordre monétaire international est à présent hors d’atteinte. L’exigence de coopération, ardente en période de désordres financiers, <strong>cède le pas devant les égoïsmes nationaux</strong>. Chaque Etat cherche à maximiser son avantage et profiter des « effets d’aubaine » de la situation, à capter les flux d’épargne ou à l’inverse, dissuader les entrées de capitaux, suivant sa propre situation. La zone euro est atypique, dans cette surrenchère, puisqu’elle pratique un « laisser faire » non pas choisi, mais contraint par sa structure et par l’ampleur de ses problèmes internes ;<br />
<br/></p>
<li><strong>conforte les logiques « continentales » et les rapports de « blocs à blocs » sur le plan monétaire</strong>. A cet égard, il est frappant de constater que la « bataille des changes » se superpose assez largement aux rivalités commerciales et aux rivalités internationales, entre Etats-Unis, émergents, Européens… <strong>comme si la valeur des monnaies exprimée dans les autres monnaies (définition du taux de change) devenait un genre de condensé du rapport entre puissances</strong>.</ul>
</div>
</ol>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1029" class="footnote">Environ 126 milliards de dollars</li><li id="footnote_1_1029" class="footnote">La politique de QE de la Banque d’Angleterre a été engagée en mars 2009 en réponse aux difficultés de l’économie britannique consécutives à la crise financière mondiale. Elle consiste en des achats de titres de dette, principalement publique, pour un montant initial de 75 milliards de livres, qui a été porté en six temps à 375 milliards de livres, soit plus de 25 % du PIB.</li><li id="footnote_2_1029" class="footnote">Un swap de change est une transaction où une devise est échangée pour une autre puis ré-échangée à un taux et une date prédéterminés. Le swap est une transaction qui combine deux opérations : une au comptant et une à terme.</li><li id="footnote_3_1029" class="footnote">Selon les dernières projections du FMI, la croissance économique en 2010 devrait être de 5,6% pour les pays émergents et en développement contre 1,4% pour les pays avancés.</li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>« The Innocence of Muslims » : à qui la faute ?</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Sep 2012 09:02:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gestion</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Où et quand ai-je été innocent ?&#160;&#187;, Saint Augustin Une vague de colère contagieuse, à l’avant plan : vraie rancœur et fausse spontanéité. La sortie d’un film en Californie, réalisé par un immigré copte, mettant en scène le Prophète Mohamed et tournant l’Islam en dérision, sous le titre « The Innocence of Muslims », a embrasé les pays arabo-musulmans, dans le sillage de l’attentat perpétré contre le Consulat des Etats-Unis<p><a href="http://marc-fonbaustier.fr/2012/09/innocence-muslims-a-qui-la-faute/" class="more-link"><span>Lire la suite</span></a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Où et quand ai-je été innocent ?&nbsp;&raquo;, Saint Augustin</p></blockquote>
<h2>Une vague de colère contagieuse,  à l’avant plan :   vraie rancœur et fausse spontanéité.</h2>
<p>La sortie d’un film en Californie, réalisé par un immigré copte, mettant en scène le Prophète Mohamed et tournant l’Islam en dérision, sous le titre « <em>The  Innocence of Muslims</em> », a embrasé les pays arabo-musulmans, dans le sillage de l’attentat perpétré contre le Consulat des Etats-Unis à Benghazi, le 11 septembre 2012, au cours duquel l’Ambassadeur Christopher Stevens et trois fonctionnaires américains ont péri.</p>
<p>Même si cet attentat est probablement lié à une opération terroriste préparée à l’avance, visant à marquer la date du 11 septembre, il a été suivi d’une succession de violences  qui ont émaillé l’actualité dans 19 pays abritant, en proportions variables, des populations islamiques. Dans 8 d’entre eux (Libye, Yémen, Liban, Soudan, Tunisie, Afghanistan, Pakistan, Egypte), les manifestations, virant souvent à l’émeute, ont été meurtrières.  Toutes ont visé les représentations diplomatiques des Etats-Unis, beaucoup  plus rarement, celles d’autres pays occidentaux (Allemagne directement et le Royaume-Uni, collatéralement, au Soudan) .</p>
<p>Le bilan humain de ce mouvement, qui se poursuit,  est d’ores et déjà lourd (19 morts, 239 blessés).<br />
Son bilan matériel est impressionnant, avec dans de nombreux pays, des images de destructions de bâtiments officiels (au Soudan, en Libye, en Egypte, en Tunisie…) ou d’atteintes à l’inviolabilité des locaux diplomatiques. Les Ambassades des Etats-Unis au Yémen, en Egypte et en Tunisie, pourtant fortement protégées, ont été prises d’assaut et leur sécurité mise à bas. L’Ambassade d’Allemagne au Soudan a été incendiée (cette attaque répondant en réalité à l’autorisation accordée par un tribunal allemand à des manifestants ultras d’arborer des caricatures du Prophète pendant une manifestation, en août dernier). L’Ambassade du Royaume-Uni a subi des dommages collatéraux.</p>
<p>Si la plupart de ces mouvements ont été présentés comme une réaction de colère contre un film jugé infâmant pour l’Islam et le Prophète, s’ils ont tous pris pour cible les Etats-Unis (le film ayant été produit en Californie), ils ont rarement été spontanés. Dans la grande majorité des cas, des partis islamistes, souvent radicaux (salafistes au Maroc, en Jordanie…) ont appelé à la mobilisation populaire et à l’action contre les intérêts américains. Profitant de la dynamique, des groupes traditionnellement hostiles aux occidentaux leur ont emboîté le pas (talibans en Afghanistan ; Hezbollah au Liban ; Al Qaïda en Libye..).</p>
<p>Comme le souligne Olivier Roy dans le Monde daté du 21 septembre, « ce ne sont pas les auteurs du printemps arabe qui ont attaqué les ambassades américaines, ce ne sont même pas les premiers bénéficiaires des élections, les Frères musulmans et Ennahda, ce sont au contraire ceux pour qui le printemps arabe a détourné les pays arabes de leur vrai combat ».</p>
<p>La vidéo a ainsi mis le feu aux poudres, dans un contexte passablement chargé. Ce même contexte, aggravé par l’épisode de « The Innocence of Muslims », fait craindre l’impact de la publication par Charlie hebdo, le 19 septembre,  de caricatures de Mahomet et de l’Islam.</p>
<h2>Des questions lancinantes, à l’arrière-plan : les manifestations  anti-occidentales (anti-américaines surtout) comme révélateur.</h2>
<p>Ces flambées de violences sont comme un accès de fièvre, symptomatique d’un malaise plus profond.</p>
<ol>
<li>Elles révèlent et amplifient manifestement quatre tendances, quatre « trend » historiques, dont aucun n’œuvre pour la paix et l’harmonie entre les civilisations et les peuples qu’elles rassemblent.</p>
<ul>
<li>Il y a d’abord les tensions endémiques entre Occident et monde arabo-musulman. Elles s’inscrivent dans la longue durée, avec des fractures anciennes (les Croisades), d’autres plus récentes (guerre du Golfe, Irak, Libye…) et des points de fixation « clivants » (Iran, conflit israélo-palestinien..). Ces tensions sont avivées par le facteur énergétique, enjeu de richesse et de puissance. Elles se nourrissent également d’une incompréhension croissante entre deux  versants de l’humanité qui connaissent des évolutions de sens contraire : primat du fait religieux dans les pays musulmans ; désacralisation ou sécularisation dans les sociétés occidentales, où les religions tendent à régresser. Dans l’ensemble occidental, les Etats-Unis forment toutefois une exception à cet égard.</p>
<li>Il y a ensuite une radicalisation croissante des islamistes, notamment, mais pas seulement, d’origine salafiste. Le salafisme est un mouvement sunnite, revendiquant un retour à l&#8217;islam des origines, fondé sur le Coran et la Sunna (la tradition). Autrement dit, l’Islam est traversé par un courant intransigeant, fermé au dialogue et prosélyte.<br/><br/>
<li>Jouent également, au sein de ces pays musulmans, de graves conflits de répartition du Revenu disponible. Ils sont fréquemment minés par les tensions sociales et économiques. Cet état de fait renforce considérablement la tentation, comme au Soudan, de trouver des exutoires commodes aux frustrations massives, contre l’Occident.<br/><br/>
<li>La plupart des pays de la zone Afrique du Nord/Moyen-orient connaissent une sérieuse crise de leadership. Les régimes autocratiques ploient (Syrie), chutent (Libye), implosent parfois (Yémen) ou cèdent la place à des transitions heurtées (Egypte, Tunisie…).  Ils voient naître des gouvernements dominés par les islamistes. Alors que l’Occident a généralement organisé la séparation de l’Eglise et de l’Etat et opté généralement pour des pouvoirs publics laïcs, les pays arabo-musulmans entrent dans une ère de gouvernement marquée par la compénétration entre politique et religion.</ul>
<p><br/></p>
<li>Cette poussée de violence est globalement révélatrice de la sensibilité des populations arabes et musulmanes aux messages émanant de l’Occident. Cette sensibilité prend un relief particulier à l’ère de la mondialisation et de la communication démultipliée, en temps réel, à grande échelle. A cet égard, l’affaire des caricatures, il y a quelques années déjà, avait révélé l’abîme séparant des sociétés occidentales « relativistes », viscéralement attachées aux libertés publiques, désacralisées, athées, de sociétés arabes intransigeantes sur la question religieuse et prônant certaines formes de censure. Le film «The Innocence of Muslims » procède de la même logique. Il suscite la même incompréhension : deux lectures s’opposent, celle d’un Occident qui en minore  la portée, demeure profondément attaché à liberté d’expression et de création, qu’il assimile à son ADN politique ; et celle d’un monde musulman qui ne comprend pas que l’on puisse concevoir et plus encore, tolérer des œuvres jugées blasphématoires. C’est, dans le même ordre d’idée, une décision de justice rendue par un tribunal indépendant en Allemagne qui a mis le feu aux poudres au Soudan, ce tribunal ayant autorisé des manifestants ultras à arborer des caricatures du Prophète pendant un défilé…<br/><br/>
<li>Ce nouvel épisode de « colère musulmane » survient à un moment précis de l’histoire du Moyen-Orient.<br />
C’est une époque où les grands équilibres régionaux se déplacent, évoluent, alors qu’ils étaient depuis des décennies largement articulés sur le conflit israélo-palestinien.<br />
C’est aussi une période où monte en puissance un conflit majeur, entre un axe sunnite (des Frères musulmans aux saoudiens…) et un axe chiite, autour de l’Iran et ses satellites (Hezbollah, régime syrien…). L’axe sunnite paraît partager l’obsession d’un Iran nucléaire que l’on retrouve à Washington, Paris ou Tel Aviv.  La « rue arabe » est otage de ce conflit.<br/><br/></p>
<li>Dès lors, tout peut raviver les tensions. Nos sociétés démo-libérales ne contrôlent pas tous les évènements (décisions de justice, œuvres de l’esprit, créations, publications…) susceptibles de mettre en cause l’islam, le monde arabe, les musulmans… Outre que filtrer en amont les messages, les productions, se heurte à une impossibilité pratique, ce « filtrage » reviendrait en fait à nier nos valeurs fondatrices, le socle de droits (et obligations) sur lequel notre civilisation s’est en partie construite. C’est l’enjeu du débat suscité par les caricatures de Mahomet publiées par Charlie hebdo le 19 septembre, où il s’agit en réalité de trouver le bon réglage, la juste balance, entre liberté d’expression et d’opinion,  liberté de la presse, et esprit de responsabilité, eu égard au conséquences possibles en raison du contexte particulier dans lequel cette publication intervient…
<p>Sommes-nous donc condamnés à une récurrence des conflits du type de ceux observés depuis le 11 septembre dernier ?</ol>
<h2>Des perspectives inquiétantes: entre incompréhension, radicalisation et conflictualité du fait religieux, les facteurs d’opposition entre monde arabo-musulman et Occident ont rarement été aussi nombreux.</h2>
<ol>
<li>Les frottements entre musulmans et puissances occidentales ne sont certes pas nouveaux. Mais ils se nourrissent de plusieurs points de fixation en politique internationale.<br/><br />
On peut en relever au moins 4:</p>
<ul>
<li>le conflit israélo-palestinien, abcès de fixation historique.</p>
<li>le dossier nucléaire iranien. Même si l’Iran est dominé par les chiites, qui s’opposent aux sunnites et si grandes sont les différences historiques  entre persans et arabes, il paraît évident qu’à choisir entre Israël et l’Iran, les pays arabes feraient probablement bloc autour du « champion régional » iranien, en cas de frappes israéliennes.<br/><br/>
<li>la guerre menée contre le régime de Kadhafi, en Libye, a moins heurté les consciences arabes du fait de leur sympathie pour la personnalité du Guide qu’en raison des relents de « corps expéditionnaire » pris par l’opération. Le recours de l’Occident à la force n’est jamais très bien perçu dans la région.<br/><br/>
<li>en Afghanistan, l’intervention des puissances occidentales demeure fondamentalement contestée par les talibans, bien évidemment. Elle suscite, dans le monde arabo-musulman, un écho mitigé, que révèlent à chaque reprise les réactions à la nouvelle de victimes civiles collatérales d’opérations menées par les membres de la coalition.</ul>
<p><br/></p>
<li>Pour ne rien arranger, les canaux de dialogue ne sont pas légion. Rares sont les enceintes structurées et apaisées, où pays arabes et musulmans peuvent échanger librement et sans arrières pensées avec les Occidentaux.  Les organisations internationales sont soit trop universelles, soit trop spécialisées. Les dialogues bilatéraux sont trop étroits. Le projet français d’Union pour la Méditerranée, qui visait à créer les conditions d’un rapprochement entre Afrique du nord et Moyen-Orient et pays occidentaux, peine à prendre corps.<br/><br/>
<li>Surtout, la question religieuse nous oppose, à deux titres bien différents.<br/><br/>
<ul>
<li>D’abord parce que les musulmans ne comprennent pas l’athéisme ou la désacralisation de nos sociétés modernes. Ils ne parviennent pas à respecter vraiment des sociétés a-religieuses, déchristianisées… Pour eux, ce qui distingue l’homme de l’animal tient précisément à ceci : la Révélation. A leurs yeux, c’est la croyance qui humanise et inspire le respect. Pour eux, la question religieuse est à la fois une affaire de conviction et un élément d’identité. De leur point de vue, le reflux du sacré, la perte de convictions religieuses de l’Europe sont incompréhensibles et confirment le déclin de nos sociétés.</p>
<li>Ensuite, parce qu’au fond, les Etats-Unis sont la seule puissance occidentale à conserver un socle militant de croyances religieuses. Les Etats-Unis n’ont pas réellement séparé l’Eglise et l’Etat : « in God we trust ! ». Le serment du Président élu (le « pledge of allegence ») dit « One Nation, under God, with liberty and justice for all »…Les interventions militaires américaines dans le monde arabo-musulman sont systématiquement perçues comme des croisades modernes, y compris par bon nombre d’américains eux-mêmes. De ce point de vue, la vague de colère anti-américaine provoquée par la video « the Innocence of muslims » n’intervient pas sur un terrain vierge : elle vient se fixer sur la puissance occidentale du moment (les Européens, par comparaison, et la crise de l’euro n’arrange rien, semblent faibles et dépassés…), celle qui n’hésite jamais à recourir à la force armée et qui demeure apparemment la plus animée de convictions religieuses éloignées de l’islam.</ul>
<p><br/></p>
<li>Pendant longtemps, la France a pu se croire « immunisée » contre les colères des musulmans et les sentiments anti-occidentaux en vogue dans le monde arabe. Il nous faut à présent  nous interroger sur la pérennité de cette exception Française. Depuis plusieurs années, correspondant à notre retour dans l’OTAN, aux interventions militaires dans le cadre de coalitions, au durcissement du discours de politique étrangère à l’égard de certains dirigeants du monde arabe, à notre fermeté sur le dossier nucléaire iranien et sur la crise syrienne, notre différence de positionnement (par rapport aux anglo-saxons) est beaucoup moins perceptible.  Rien à voir avec le discours aux Nations-Unies sur l’Iraq, qui nous avait valu une forte cote de sympathie dans le monde arabe. Ce mouvement de « banalisation » de la France au sein du bloc occidental amplifie  d’autant les risques liés à la publication de caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo…</ul>
</ol>
<p>Le pire, un affrontement généralisé et violent entre occidentaux et musulmans, n’est en aucun cas certain.</p>
<p>D’un certain point de vue, les printemps arabes ont avant tout montré un élan né d’une envie de changer la vie, de changer de dirigeants, bien plus qu’une opposition massive à l’Occident.  Le ferment des printemps arabes – un processus de transformation qui traverse le Moyen-Orient &#8211; est certes une source de violence politique, mais il débouche sur d’autres combats que la Jihad contre les infidèles&#8230;</p>
<p>On peut peut-être compter sur la raison, la hantise d’un conflit  majeur et les forces de rappel  nées d’une dépendance mutuelle.</p>
<p>Et espérer, pourquoi pas, que la diplomatie trouve là à s’illustrer et confirmer sa vocation, celle de permettre un dialogue respectueux, confiant et fécond entre les peuples…</p>
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		<title>Third Oil Shock: Why did the price of crude oil drop?</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Jul 2012 08:45:27 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[The temporary drop in crude oil prices which began some months ago is due to a combination of factors affecting supply and demand. However, the trend is rising to the point that there seems to be a greater prospect of a “third oil shock.” Several factors currently moderate the rise in crude oil prices. After strong variations, the crude &#171;&#160;Brent&#160;&#187; of the North Sea, which is the benchmark on cash<p><a href="http://marc-fonbaustier.fr/2012/07/oil-shock-price-crude-oil-drop/" class="more-link"><span>Lire la suite</span></a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>The temporary drop in crude oil prices which began some months ago is due to a combination of factors affecting supply and demand. However, the trend is rising to the point that there seems to be a greater prospect of a “third oil shock.”</strong></p>
<ol>
<li><strong>Several factors currently moderate the rise in crude oil prices.</strong></li>
<p><br/></p>
<ol>
<li>After strong variations, <strong>the crude &laquo;&nbsp;Brent&nbsp;&raquo; of the North Sea</strong>, which is the benchmark on cash markets, typically<strong> averages around 100 USD per barrel</strong>. It reached a low of less than 90 USD in late June, rising to 98 USD in early July. </p>
<p>As in all markets governed by supply and demand, it is necessary to seek the cause for relative price decreases caused by these two key variables.</li>
<li>Basically, <strong>the current supply is abundant while the demand is sluggish.</strong>
<p>The sharp fall in output from Iran, the third largest producer (relating to sanctions), dropped from 2.5 to 1.5 million barrels/day. This was offset by an increase in production from<strong> Saudi Arabia</strong>, which reached record levels in the last thirty years, to 10 million barrels/day. Within OPEC, the Saudis have always played the role of equilibrium producer (<strong>&laquo;&nbsp;swing producer&nbsp;&raquo;</strong>). Thanks to their huge deposits, the Saudis are able to offset the supply deficit of one or more members, or even reduce their production in the event of a strong surplus.</p>
<p>At this “delta” of production from Saudi Arabia, added production from Latin America (<strong>Colombia, Venezuela</strong>), the <strong>United States, Iraq and Libya</strong> (restarting after the phase of a crisis), and also production from Canadian oil sands, as well as production growth from natural gas liquids (about 0.5 million barrels/day), altogether help to relax the market.</p>
<p>The<strong> demand for oil is stagnating </strong>and even decreasing slightly. This is explained by the significant <strong>slowdown in the global economy</strong>, particularly from the recession undergone by economies of major industrialized countries, along with a <strong>slowdown in expanding major emerging markets</strong>, thus reducing energy requirements. Since oil stocks have never been as important than they are today, especially in the United States, <strong>no &laquo;&nbsp;stock effect&nbsp;&raquo;</strong> will mitigate the direct impact of a more sluggish demand.</p>
<p>Accordingly, the <strong>excess of world supply on the global average demand</strong> in 2012 is now estimated at 0.7-0.8 million barrels/day. The <strong>global supply is also expected to grow</strong> by 2.5 million barrels/day in 2012 compared to 2011.</p>
<p><strong>Fears about the situation in Iran</strong>, particularly those concerning the threat of a blockade on the Strait of <strong>Hormuz</strong>, where one third of oil is imported by sea, have subsided. As Iran and Algeria call for a future meeting, the <strong>position that will stop OPEC</strong>, in particular Saudi Arabia, remains to be known. Both these countries were hoping that the cartel would decide to lower production, and thus mechanically raise prices&#8230; </p>
<p>At the same time, Ms. Van der Hoeven, executive director of the International Energy Agency (IEA) declared, at the Summit of oil and gas, that <strong>the price trend is “more uncertain than ever.”</strong> Markets overreact to any announcement or event considered significant: this can be observed during the decline in Chinese interrest rates, more recently with each new development of the Iranian issue, and also with<strong> oil companies </strong>as they have an objective interest in <strong>high prices</strong>. These prices also allow the companies to preserve their margins and cover development costs, which are driven up by technological challenges (new methods of drilling in deep water, as well as exploration for new energy sources) and also by taking environmental concerns into a greater account.</p>
<p><strong>Are we victims of an illusion?</strong> While Brent flexes, we are in an era of high oil prices, reflecting an overall market under tension.</ol>
<li><strong>The oil prices are permanently attached to a high point, thus certifying the prospect of a “third oil shock.”</strong></li>
<p><br/></p>
<p>The expression, “third oil shock,”  is sometimes used to designate the period from 2001-2008 when Brent crude saw a monthly average from $16 to $126. As prices continue to stay above the $100 USD mark for more than a year now, a “third oil shock” is once again becoming a relevant issue. 	</p>
<p>Why is there a high level of prices with cash payments for future “commodities” markets?</p>
<ol>
<li><strong>Oil supply has been under pressure for a long time.</strong> In the central scenario of IEA, world oil production will reach 94.6 million barrels per day in 2035 (12.8 million more barrels/day than in 2010). On the other hand, demand is expected to reach 99 million barrels/day, thus creating a supply deficit of 2.6 million barrels/day. We can therefore <strong>expect heightened tensions in the oil market during the quarter century ahead.</strong> This scenario has been <strong>generally confirmed by the forecasts of majors</strong>, namely <strong>Exxon and Total</strong>, assuming <strong>a conventional oil production</strong> (Note: excluding natural gas condensates, as well as deep and ultra deep offshore). We can expect to see a <strong>stable or slightly declining</strong> supply over the coming decades. The decline in production from many ancient deposits must be offset by the exploitation of new deposits.</p>
<p>In result of these tensions on supply, <strong>the increase in price level should logically allow for an increasing exploitation of resources, which have been previously considered “difficult.”</strong> This can be achieved thanks to <strong>improved recovery techniques</strong> (<em>“enhanced oil recovery”</em>), notably in the Middle East.<br />
The expansion of<strong> deepwater</strong> (500-1500 m) and <strong>ultra-deep water</strong> (beyond 1500 m) techniques will reach 10% of the total production of liquid hydrocarbons by these methods in 2025, according to Exxon.</p>
<p><strong>Unconventional oil</strong> also takes an increasingly important role in global production. Whether it is “tightoil” (oil shale found mainly in the Williston Basin) in the United States and Canada, oil from Canadian oil sands, or extra-heavy oil produced in Venezuela, all of these have seen a rapid progression.</p>
<p>Depending on the price levels,<strong> the production of oil from gas or coal</strong> could expand significantly. </p>
<li><strong>The components of demand are long-term dynamics</strong></li>
<p><strong>Global demand for oil continues to rise:</strong> most of this demand comes from the transportation sector (which is rapidly expanding in emerging markets) where the prospects of developing alternatives to oil are limited. In 2040, nearly 90% of transport will operate from hydrocarbons, compared to 95% today. Demand in the sector will increase by 45%, and transportation-related sales will increase to nearly 80% between 2010 and 2040. </p>
<p>Stabilizing demand for oil-related transport will essentially hold <strong>energy efficiency gains in traditional vehicles</strong>.</p>
<li><strong>Although the prices will not decline, the extent of their increase is uncertain</strong></li>
<p>No operator commits to forecasts beyond a few months</p>
<p>The <strong>political factors</strong> related to the situation in the<strong> Middle East </strong>contribute to the uncertainty.</p>
<p>Prices should not go below 80-100 USD. This level corresponds to the<strong> marginal operating cost of a barrel of oil as it becomes increasingly difficult to extract </strong>(thus this is a floor for operators). Furthermore, the budget analysis of major producing countries as well as OPEC members reveal a <strong>convergence around a price of 100 USD</strong>, a level intended to ensure a balance of public budgets. This has been stressed in the context of the “spring Arab” under social spending.</p>
<p><strong>The extent of future increases remains difficult to assess.</strong> If the price floor is roughly identified, the band of price fluctuations is potentially large because:</p>
<ul>
<li><strong>The price factor has a decisive impact on the supply:</strong> oil companies take this into effect when deciding  whether or not to invest in a deposit based on oil prices expected for the period of operation (Note that it is thus necessary to distinguish the notion of deposit in the “geological” sense from the “economic” sense, depending on a break even point). This reasoning particularly concerns unconventional oil, with high production costs: bituminous shale and oil shale (50-110 USD per barrel), gas to liquids (40-110 USD), coal to liquids (60-110 USD). For ultra profond complex (Arctic etc) and Canadian oil shale, the $100 USD production costs are already exceeded.</li>
<p><br/></p>
<li>However,<strong> the impact of price on demand is very limited</strong>. Oil demand is <strong>price inelastic</strong>, primarily because transportation occupies a major part and their needs are incompressible. Additionally, because alternatives to hydrocarbons remain underdeveloped.</li>
<p><br/></p>
<li>A<strong> high risk of peak prices</strong> are in the years and decades to come.</li>
<p><br/></p>
<li><strong>In any case, prices will remain very volatile</strong>, especially as a crisis in a producer country could cause a supply disruption. Their impact would be stronger than the reduced, spare production margins, currently around 3 million barrels/day. The impact of price speculation is the subject of intense debate, mainly because of transaction in forward markets and options markets.</li>
<p><br/> </p>
<li><strong> Only a strong and rapid surge in oil prices seems to justify the expression “oil shock.”</strong> According to Total, a $200 USD barrel would result in a substantial slowdown in growth. In this case, the bill on oil would exceed the maximum reached in 1980 (9% of global GDP compared to 8%). At this point, higher prices in the decade from 2000-2010 have not had as much of an effect on the overall economy as the first two oil shocks. This is particularly because the prices have risen more slowly.</li>
<p><br/></p>
</ul>
</ol>
</ol>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p><strong>Without certainty, the new oil shock crisis is looming, already raising critical issues for the future of peoples, states, businesses, and international relations.</strong></p>
<p>In terms of supply, how can we respond to the exponential global demand related to both population growth and economic growth? How can we reconcile economic growth, driven mainly by emerging countries who make it their number one priority, with the climate issue? <strong>How can we achieve an “energy mix” to provide energy transition without going through a major shock? In other words, how could we gradually change our energy system while still being able to work at full capacity?</strong> Given the slow growth in industrialized countries along with the public financial crisis, how can extremely expensive investments to develop low-carbon energy and efficient energy for the climate issue be financed? </p>
<p>As observed by Christophe de Margerie, CEO of Total, we must make sure to enter in a new era of human history: an era for the “transformation of the energy system,” “smooth transition,” “complementary energy,” “research efficiency,” and “recognizing the need to reconcile energy demand with climate change.”</p>
<p>In any case, oil companies will have to profoundly renew their culture and project an <strong>image of corporate responsibility</strong>. They need to show <strong>change by putting their selves in the common space where the interests of economy, production, and public good come together</strong>.    </p>
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		<title>Troisième choc pétrolier: Pourquoi le prix du pétrole baisse-t-il?</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Jul 2012 08:35:42 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[La baisse temporaire des cours du pétrole brut, amorcée depuis quelques mois, tient à une conjonction de facteurs pesant sur l’offre et la demande. Mais la tendance lourde est à la hausse, au point qu’on évoque de plus en plus la perspective d’un « troisième choc pétrolier ». Plusieurs facteurs modèrent actuellement la hausse des cours du pétrole brut. Après de fortes variations, le brut « Brent » de mer<p><a href="http://marc-fonbaustier.fr/2012/07/troisieme-choc-petrolier-pourquoi-le-prix-du-petrole-baisse-t-il/" class="more-link"><span>Lire la suite</span></a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>La baisse temporaire des cours du pétrole brut, amorcée depuis quelques mois, tient à une conjonction de facteurs pesant sur l’offre et la demande.  Mais la tendance lourde est à la hausse, au point qu’on évoque de plus en plus la perspective d’un « troisième choc pétrolier ».</strong></p>
<ol>
<li><strong>Plusieurs facteurs modèrent actuellement la hausse des cours du pétrole brut. </strong></li>
<p><br/></p>
<ol>
<li>Après de fortes variations, le <strong>brut « Brent » de mer du nord</strong>, qui constitue la référence sur les marchés au comptant et à terme, évolue <strong>au-dessous de 100 USD le baril</strong>. Il a atteint un plancher de moins de 90 USD fin juin, pour remonter à 98 USD début juillet.</p>
<p>Comme sur tout marché régi par l’offre et la demande, il faut chercher les causes de cette relative diminution des prix dans le jeu de ces deux variables clés.</li>
<li>Schématiquement, <strong>l’offre est actuellement abondante, la demande languissante.</strong>
<p>La nette contraction de la production de l’Iran, troisième producteur mondial (liée aux sanctions), passée de 2,5 à 1,5Mde barils/jour, a été plus que compensée par l’augmentation de la production de l’<strong>Arabie saoudite</strong>, qui rejoint des niveaux historiques au vu des trente dernières années, à 10 M de barils/jour. Les saoudiens ont toujours joué ce rôle de producteur d’équilibre (« <strong>swing producer</strong> »), au sein de l’<strong>OPEP</strong>, compensant le déficit d’offre d’un ou plusieurs membres, ou réduisant leur production en cas de fort excédent, à la faveur de leurs énormes gisements.</p>
<p>A ce « delta » de production de l’Arabie saoudite s’ajoutent, pêle-mêle, la production en provenance d’Amérique latine (<strong>Colombie, Venezuela</strong>), <strong>aux États-Unis, en Irak et en Libye</strong> (qui redémarre après la phase de crise), mais aussi, la production canadienne de sables bitumineux, ainsi que la croissance de la production de liquides de gaz naturel (environ 0,5Mde barils/jour) qui contribue aussi à détendre le marché.</p>
<p>La <strong>demande de pétrole stagne</strong>, voire, tend à diminuer légèrement, dominée par les facteurs de baisse. Le <strong>net ralentissement de l’économie mondiale</strong>, en particulier, la récession que subissent les économies des grands pays industrialisés et le <strong>freinage de l’expansion des grands émergents</strong>, comprime les besoins en énergie. <strong>Aucun « effet de stock »</strong> ne vient atténuer l’impact direct d’une demande plus atone, dans la mesure où les stocks pétroliers n’ont jamais été aussi importants, en particulier aux États-Unis.</p>
<p>Dès lors, <strong>l’excédent de l’offre mondiale sur la demande moyenne</strong> en 2012 est à présent estimé à 0,7/0,8 M de barils/jour. L’offre mondiale devrait par ailleurs continuer à croître de 2,5M de b/j en 2012 par rapport à 2011.</p>
<p>Les <strong>craintes liées à la situation de l’Iran</strong>, en particulier celles suscitées par la menace d’un blocage du <strong>détroit d’Ormuz</strong>, par lequel transite 1/3 du pétrole importé par la voie maritime, se sont apaisées.</p>
<p>Reste à connaître la <strong>position qu’arrêtera l’OPEP</strong>, en particulier, l’Arabie saoudite, lors d’une prochaine réunion que l’Iran et l’Algérie appellent de leurs vœux. Ces deux pays souhaitent en effet que le cartel décide d’une baisse de la production, qui ferait mécaniquement remonter les cours&#8230;</p>
<p>Dans le même temps, Mme Van der Hoven, Directrice exécutive de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) déclarait, lors du Sommet du pétrole et du gaz, que <strong>l’évolution des prix reste « plus incertaine que jamais »</strong>. Les marchés surréagissent à toute annonce ou évènement jugé significatif : ils l’ont fait lors de la baisse des taux d’intérêt chinois, très récemment ; ils le font à chaque nouveau développement du dossier iranien&#8230; Et les <strong>compagnies pétrolière</strong>s ont objectivement intérêt à des <strong>cours élevés</strong>, à la fois pour préserver leurs marges et pour couvrir leurs coûts de développement, tirés vers le haut par les défis technologiques (nouvelles méthodes de forage, en eau profonde ; exploration de nouvelles énergies&#8230;) et par la prise en compte accrue des préoccupations environnementales.</p>
<p><strong>Sommes-nous victimes d’une erreur d’optique ?</strong> Alors que le Brent fléchit, nous nous situons dans une ère de pétrole cher, reflet d’un marché globalement sous tension.</ol>
<li><strong>Les cours du pétrole sont durablement accrochés à un point haut, accréditant la perspective d’un « troisième choc pétrolier ».</strong></li>
<p><br/></p>
<p>L’expression « 3ème choc pétrolier », parfois utilisée pour désigner la période 2001-2008, qui avait vu le baril de Brent passer de <strong>16 à 126 dollars en moyenne mensuelle</strong>, est à nouveau d’actualité, avec le maintien inédit des cours au-dessus de la barre des 100 USD depuis plus d’un an.</p>
<p>Pourquoi ce haut niveau des prix, au comptant comme sur les marchés à terme de « commodities » ?</p>
<ol>
<li><strong>L’offre de pétrole est sous pression pour longtemps</strong>. Dans le scénario central de l’AIE, la production mondiale de pétrole atteindra 94,6 Mb/J en 2035 (12,8Mb/j de plus qu’en 2010). La demande atteindrait 99Mb/j, soit un déficit d’offre de 2,6Mb/j. On peut donc s’attendre à un <strong>renforcement des tensions sur les marchés pétroliers au cours du quart de siècle à venir</strong>. Ce scénario est <strong>globalement confirmé par les prévisions des Majors</strong>, notamment <strong>Exxon ou Total</strong>, qui tablent sur une <strong>production de pétrole conventionnel</strong> (NB hors condensats de gaz naturel, offshore profond et ultra profond) <strong>stable ou légèrement déclinante</strong> au cours de décennies à venir. Le recul de la production de nombreux gisements anciens devra être compensé par la mise en exploitation de nouveaux gisements, à la faveur du niveau élevé des prix.</p>
<p>Résultat de ces tensions sur l’offre, <strong>l’augmentation du niveau des prix devrait logiquement  permettre l’exploitation croissante de ressources jugées jusqu’ici « difficiles »</strong>. </p>
<p>Cela pourra se faire notamment grâce aux <strong>techniques de récupération assistée</strong> (« <em>enhanced oil recovery</em> »), notamment au Moyen-Orient.</p>
<p>L’expansion de l’<strong>offshore profond</strong> (500-1500 m) et <strong>ultra-profond</strong> (au-delà de 1500m) permettra d’atteindre 10% de la production totale d’hydrocarbures liquides par ces procédés en 2025, d’après Exxon.</p>
<p>Les <strong>pétroles non-conventionnels</strong> prennent également une place croissante dans la production mondiale. Qu’il s’agisse de « tightoil » (pétrole de schiste, principalement dans le bassin de Williston) aux États-Unis et au Canada, de pétrole issu des sables bitumineux canadiens, du pétrole extra-lourd produit  au Vénézuela, ces pétroles connaissent une progression rapide.</p>
<p>Suivant le niveau des cours, <strong>la production de pétrole à partir de gaz ou de charbon</strong> pourrait connaître une expansion significative.</p>
<li><strong>Les composantes de la demande restent dynamiques à long terme.</strong></li>
<p>La <strong>demande mondiale de pétrole continue d’augmenter</strong> : elle provient principalement du secteur des transports (en expansion rapide dans les pays émergents) dans lequel les perspectives de développement d’alternatives aux hydrocarbures restent limitées. En 2040, près de 90% des moyens de transport fonctionneront à partir d’hydrocarbures, contre 95% aujourd’hui. La demande du secteur augmentera de 45% et celle liée au transport commercial de près de 80%, entre 2010 et 2040.</p>
<p>La stabilisation de la demande de pétrole liée aux transports particuliers tiendra essentiellement aux <strong>gains d’efficacité énergétiques dans les véhicules traditionnels</strong>.</p>
<li><strong>Les prix ne baisseront pas, mais l’ampleur de leur hausse est incertaine.</strong></li>
<p>Aucun opérateur ne s’engage sur des prévisions au-delà de quelques mois.</p>
<p>Les <strong>facteurs politiques</strong>, liés à la situation au <strong>Moyen-Orient</strong>, contribuent à nourrir l’incertitude.</p>
<p>Les prix ne devraient pas passer en-dessous de 80-100 USD. Ce niveau correspond à la fois au <strong>coût marginal d’exploitation du baril des huiles les plus difficiles à extraire</strong> (c’est donc un plancher pour les opérateurs). Par ailleurs, l’analyse des budgets des principaux pays producteurs et membres de l’OPEP fait apparaître une <strong>convergence autour d’un prix de 100 USD</strong>, niveau de prix garantissant l’équilibre des budgets publics, très sollicités dans le contexte du « printemps arabe » au titre des dépenses sociales.</p>
<p><strong>L’ampleur des hausses à venir demeure difficile à évaluer</strong>. La bande de fluctuation des cours, si le cours plancher est à peu près identifié, est potentiellement large, puisque :</p>
<ul>
<li>le <strong>facteur prix a un impact décisif sur l’offre</strong> : les compagnies pétrolières prennent en effet la décision d’investir ou non dans un gisement en fonction du cours du baril attendu pour la durée d’exploitation (NB il faut donc distinguer la notion de gisement au sens « géologique » de la notion de  gisement au sens « économique », tributaire d’un seuil de rentabilité). Ce raisonnement concerne particulièrement les pétroles non-conventionnels, dont les coûts de production sont très élevés : schistes bitumineux et pétroles de schistes (50-110 USD le baril) ; gas-to-liquids (40-110 USD), coal to liquids (60-110 USD).  Pour l’ultraprofond complexe (Arctique…) et les schistes bitumineux canadiens, on dépasse d’ores et déjà les 100 USD de coûts de production.</li>
<p><br/></p>
<li>en revanche, <strong>l’impact du prix sur la demande est très limité</strong>. La demande de pétrole est <strong>inélastique au prix</strong>, d’abord parce que les transports y occupent une part prépondérante et que leurs besoins sont incompressibles ; ensuite parce que les alternatives aux hydrocarbures restent sous-développées.</li>
<p><br/></p>
<li>D’où de <strong>forts risques de pics des cours</strong>, dans les années et décennies à venir.</li>
<p><br/></p>
<li><strong>Les prix demeureront en tout état de cause très volatiles</strong>, notamment en cas de rupture d’approvisionnement liée à une crise dans un pays producteur. Leur impact serait d’autant plus fort que les marges de production inutilisées sont réduites, aujourd’hui de l’ordre de 3Mb/j. L’impact de la spéculation sur les cours, du fait notamment des opérations sur les marchés à terme et marchés d’options, fait l’objet de vifs débats.</li>
<p><br/></p>
<li><strong>Seule une poussée forte et rapide du prix du baril semble de nature à justifier l’expression de « choc pétrolier »</strong>. Selon Total, un baril à 200 USD entraînerait un freinage substantiel de la croissance. Dans ce cas, la facture pétrolière dépasserait le maximum atteint en 1980 (9% du PIB mondial contre 8%). A ce stade, la hausse des cours du pétrole dans la décennie 2000/2010 n’a cependant  pas eu autant d’effet sur l’économie globale que les deux premiers chocs pétroliers, en particulier parce que les cours ont progressé plus lentement.</li>
<p><br/></p>
</ul>
</ol>
</ol>
<p><strong>Conclusion</strong></p>
<p><strong>Le nouveau choc pétrolier qui se dessine, sans certitude, soulève d’ores et déjà des questions essentielles pour l’avenir des peuples, des États, des entreprises et des relations internationales.</strong></p>
<p>Comment répondre, en effet,  à une demande mondiale exponentielle, liée à la croissance démographique et à la croissance économique, en termes d’offre ? Comment concilier la croissance économique tirée notamment par les pays émergents, qui en font leur priorité numéro un, avec l’enjeu climatique ? <strong>Comment parvenir à un « energy mix » susceptible d’assurer une transition énergétique sans choc majeur, ou dit autrement, changer progressivement de système énergétique tout en le faisant fonctionner à plein régime ?</strong> Comment financer, en dépit du ralentissement de la croissance dans les pays industrialisés les plus en pointe sur ces questions, et de la crise des finances publiques, les investissements extrêmement coûteux  susceptibles de développer les énergies décarbonées et l’efficacité énergétique que requiert  l’enjeu climatique ?</p>
<p>Comme le faisait observer <strong>Christophe de Margerie</strong>, PDG de Total, nous devons veiller à bien entrer dans une ère nouvelle de l’histoire humaine : une ère de « transformation du système énergétique », de « transition douce », de « complémentarité des énergies », de « recherche d’efficacité » et de « besoin de concilier la demande en énergie avec l’enjeu climatique ». </p>
<p>En tout état de cause, les compagnies pétrolières vont devoir profondément renouveler leur culture, et projeter l’<strong>image d’entreprises responsables, en mutation, situées dans l’espace commun, où se croisent l’économie, la production et les biens publics</strong>.</p>
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		<title>Chronique de violences annoncées : entre ombres du XXème et lumières du XVIIIème, un XXIème siècle en clair-obscur ?</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Jun 2012 12:54:58 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le 18ème siècle marquait, selon la formule de Michel CIMENT, « la rencontre de la passion et de la raison ». Le 19ème siècle fut un siècle industriel, où le capitalisme a pris toute sa dimension et s’est démultiplié. Le 20ème siècle, tout proche, a été marqué par des régressions profondes, avec des guerres mondiales, ouvrant des failles dans nos civilisations. Le 21ème siècle interroge. Fera-t-il la synthèse plus ou<p><a href="http://marc-fonbaustier.fr/2012/06/chronique-de-violences-annoncees-entre-ombres-du-xxeme-lumieres-du-xviiieme-xxieme-siecle-en-clair-obscur/" class="more-link"><span>Lire la suite</span></a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 18ème siècle marquait, selon la formule de Michel CIMENT, « la rencontre de la passion et de la raison ». Le 19ème siècle fut un siècle industriel, où le capitalisme a pris toute sa dimension et s’est démultiplié. Le 20ème siècle, tout proche, a été marqué par des régressions profondes, avec des guerres mondiales, ouvrant des failles dans nos civilisations. Le 21ème siècle interroge. Fera-t-il la synthèse plus ou moins heureuse des trois précédents ? Ou nous entraînera-t-il plutôt vers une rupture et quelque chose de radicalement nouveau dans l’histoire humaine ?</strong></p>
<p>Une crainte majeure, comme je l’écrivais dans mon article précédent (« <a href="http://marc-fonbaustier.fr/2012/05/ce-siecle-avait-12-ans/" title="Ce siècle avait 12 ans…">Ce siècle avait 12 ans…</a> »), est celle que peut inspirer la <strong>perspective d’un retour massif de la violence</strong> dans nos sociétés.</p>
<h2>Pourquoi cette crainte?</h2>
<p>La violence est une <strong>composante essentielle de l’être humain</strong>. Elle commence donc en nous-même, avant de devenir visible au grand jour et d’entraîner les peuples.</p>
<p>Elle est notre part d’ombre. Elle  répond à une pulsion forte, d’auto destruction ou tournée contre  l’autre. La violence procède parfois d’un besoin de toute-puissance, d’un besoin intime de détruire tout obstacle au désir, d’un besoin de pouvoir satisfaire son désir sans limite. </p>
<p>La violence peut aussi résulter de mécanismes sociaux complexes, analysés notamment par René GIRARD dans <em>Des choses cachées depuis la fondation du monde</em>, et déjà évoqués dans <em>La violence et le sacré</em>. Le désir mimétique, la rivalité mimétique, qui conduit à ce que plusieurs individus désirent s’approprier le même objet et s’opposent pour parvenir à leur fin, n’a pas diminué dans les sociétés de consommation, bien au contraire : l’objet du désir y est exhibé, montré, rendu public comme jamais auparavant.</p>
<p>Le psychiatre Jean BERGERET précisait dans <em>La violence fondamentale</em> qu’il ne fallait pas pour autant disqualifier a priori la violence, dans la mesure où à la différence de l’agressivité, qui en est une forme dévoyée, elle est un principe de conservation ayant partie liée avec l’élan vital. La violence fondamentale est ainsi une source d’énergie importante, un moteur de vie…</p>
<ol>
<li>
<h2>Ce qui paraît préoccupant, en ce début de XXIème siècle, c’est que les trois principaux freins à la violence agressive, destructrice, contre l’autre, semblent également émoussés.</h2>
</li>
<ol>
<li>Vient d’abord l’<strong>auto-contrôle</strong>, le self-control. Ce sont en quelque sorte les « <strong>freins moteurs</strong> » <strong>internes, propres à chaque individu</strong> et qui tendent vers le libre-arbitre. Ces freins sont loin d’être naturels : ils sont profondément culturels. Ils supposent, pour être bien en place, que l’<strong>éducation personnelle</strong> (la famille), <strong>collective</strong> (l’École) et les <strong>représentations globales</strong> (plutôt transcendantes et harmonieuses) soient bien assurées, fermes,  présentes ou intériorisées.</p>
<p>Il est évident à cet égard que l’<strong>autorité, la force du modèle éducatif, la puissance civilisatrice de l’École</strong> (dont la nostalgie de la IIIème République est un miroir renversé) et <strong>la vigueur des modèles de valeurs transcendantes</strong> (cf le palmarès des personnalités préférées, reflet sommaire du désir d’identification dominant, qui met de nos jours à l’avant-plan des personnalités divertissantes, du monde des loisirs, plutôt que des personnalités à forte utilité collective) <strong>sont en net recul</strong>.</li>
<li>Il y a ensuite la force de la <strong>Loi, de la Règle et la crainte de sa sanction</strong>.
<p>Le « contrôleur externe » et non plus l’auto-contrôle est normalement chargé de « réguler » la part d’ombre et de violence de chaque individu par rapport à la société. Ce « gendarme » (appelons-le ainsi) dissuade, prévient et corrige, avec le Juge, les déviations éventuelles. Là encore, <strong>la crise de la police, de la force publique et de la justice, qui est d’ailleurs autant une crise de légitimité qu’une crise de moyens, est patente</strong>. Cette crise réduit la portée de ces freins collectifs à la violence de chacun.</li>
<li>Enfin, il y a ce que j’appellerais <strong>les « contrepoids », les « facteurs de détente »</strong> mis en place pour tempérer le choc frontal des ambitions/violences individuelles.
<p>Je pense ici aux formes de <strong>solidarité organique</strong>, aux « filets de sécurité » liés à la redistribution, à tout ce qui vient corriger les écarts importants nés spontanément de l’économie de marché et du libre-jeu des libertés individuelles. Cet important dispositif, somme de strates historiques, a rempli pendant des décennies une fonction « anesthésiant » la violence, en écrêtant le jeu spontané des désirs et des rivalités de possession, en rendant accessibles au plus grand nombre une certaine proportion d’objets. Clairement, la crise budgétaire, le repli annoncé et commencé des solidarités organiques, des mécanismes redistributifs, de ces « amortisseurs sociaux », n’est pas la moindre des évolutions en cours.</p>
<p>Ensuite, le <strong>retrait du religieux, la désaffection des grandes religions occidentales, amplifie ce phénomène, laissant un vide que peine à occuper la civilisation matérielle</strong>. Et ce mouvement de « sécularisation » qui a gagné nos sociétés gomme la régulation du « désir mimétique » que faisait jouer René GiRARD aux religions, lorsqu’il estimait que les célébrations collectives (en particulier les sacrifices rituels, les liturgies…)  parvenaient à canaliser les conflits d’imitation et d’appropriation. </p>
<p>Plus généralement, je suis tenté de citer le cinéaste Stanley KUBRICK, qui a beaucoup réfléchi au <strong>nihilisme</strong> (et l’a magistralement mis en scène), lorsqu’il déclarait :</p>
<blockquote><p>Si un homme s’arrêtait un instant pour réfléchir à sa fin imminente, à sa terrible insignifiance et à sa solitude dans le cosmos, il deviendrait fou ou serait écrasé par la futilité de tout. (…). C’est pourquoi « la masse des hommes mène une existence de désespoir sourd », pourquoi tant parmi nous trouvent leur vie aussi dépourvue de signification que leur mort. Les religions du monde, en dépit de leur étroitesse d’esprit, offraient une forme de consolation contre cette grande douleur, mais, maintenant que les hommes d’Eglise annoncent la mort de Dieu et que, pour citer à nouveau (Matthew Arnold), « l’océan de la foi » se retire partout dans un « long rugissement mélancolique », l’homme n’a plus de béquille sur laquelle s’appuyer, et plus d’espoir, aussi irrationnel soit-il, pour donner un sens à sa vie. Cette reconnaissance écrasante de notre mortalité est à l’origine de bien plus de maladies mentales que, je le soupçonne, ne le pensent même les psychiatres.</p></blockquote>
<p>Cette question du sens de l’existence, de l’eschatologie, est sans doute fondamentale dans le vertige et les soubresauts de ce début de siècle. Elle peut rendre compte de la <strong>montée des angoisses individuelles et collectives</strong>, elles-mêmes propices aux déviances et débordements.</ol>
<li>
<h2>Tous ces phénomènes ébranlent les fondements du contrat social et de la Nation (le « vouloir vivre ensemble »).</h2>
</li>
<p>Ils menacent, en cumulant leurs effets, de libérer des forces jusqu’alors maintenues, encadrées, tempérées, qui sont des forces de grande amplitude. Qu’il s’agisse de retour du refoulé, d’agressivité inter-personnelle ou de réponses à la peur (à commencer par la peur du vide, du néant, dont les garde-fous auraient disparu), la possibilité d’une véritable <strong>épidémie psychique</strong> se renforce.</p>
<p>Il faut craindre alors le retour de formes de violences archaïques, massives, diffuses, dans nos sociétés européennes.</p>
<ol>
<li>Ce phénomène est à craindre sur <strong>trois plans distincts</strong>,  quoique liés entre eux :</p>
<ul>
<li>au sein de la <strong>société française</strong>. Le recul inévitable de l’État Providence, la rétraction des services collectifs (ou leur abaissement qualitatif, aussi inquiétant), les conflits de répartition et leur cortège de corporatismes, l’angoisse du déclassement, de décrochage (réel ou fantasmé) seront sources de tensions majeures.<br />
</p>
<li>en <strong>Europe</strong>, les ajustements économiques, financiers et budgétaires « dictés » par les contraintes de financement de la dette souveraine des uns et des autres risquent d’opposer pour longtemps, et profondément, les « vertueux » à ceux qui l’ont moins été, ou qui ont fait d’autres choix de société (sur la gestion des risques de vie, sur le financement des retraites etc…). De ce point de vue, l’absence de modèle politique et social unique, miroir de la diversité des peuples de l’Union, heurte frontalement la monnaie unique et débouche sur un fort conflit politique en puissance au cœur du continent, avec les marchés de capitaux en arbitres non neutres et même, acteurs des déséquilibres (NB car<strong> comment expliquer l’accumulation des dettes souveraines autrement que par le consentement tacite des marchés, soudain repris depuis peu d’une exigence d’orthodoxie tardive et suspecte ?</strong> ). Le risque est bien qu’un fort <strong>ressentiment européen</strong> ne succède à l’élan fédérateur de l’après-guerre.  Le risque est bien qu’un vaste désenchantement ne voile et complique l’ancrage européen, alors que <strong>seuls les grands ensembles paraissent en mesure de peser sur les choix collectifs dans le monde du XXIème siècle</strong>.  Ce ressentiment pourrait bien envahir les peuples contraints (cf Grèce) à une purge aussi rapide que brutale (précisément), la violence des ajustements suscitant par un effet de retour des formes de protestation elles-mêmes violentes. Et il pourrait également saisir les peuples obligés, pour prix du sauvetage de l’édifice, de venir en aide à d’autres peuples jugés laxistes ou insuffisamment rigoureux (« l’Allemagne paiera », en version moderne, avec pour partie les conséquences que celles qu’on a subies jadis…).</li>

<li>au <strong>plan international</strong>, la crainte majeure est bien sûr celle d’un <strong>durcissement des conflits</strong> régionaux, voire également, d’une « continentalisation » du monde contemporain, en d’autres termes, d’un <strong>repli généralisé et profond des continents sur eux-mêmes</strong>, d’une langueur des organisations internationales peu à peu privées de ressources, d’une anémie des coopérations, bref, du scénario d’un possible « choc » de continents devenus des espèces de plaques tectoniques politiques.</li>
</ul>
<li>La poussée des conflits, des conflits de répartition en particulier, au sein des sociétés, entre pays, entre ensemble géographiques, risque fort d’être alimentée par les faibles perspectives de croissance et l’amplitude des changements historiques. Si l’on en croit Dennis MEADOWS, chercheur au MIT et auteur d’un rapport remis au Club de Rome, il y a 40 ans, intitulé « <em>The limits of growth</em> », la dynamique de croissance est orientée défavorablement. Il persiste à estimer que « la croissance va s’arrêter, en partie en raison de la dynamique interne du système, en partie en raison de facteurs externes, comme l’énergie ». Il poursuit en ces termes, dans un entretien au journal Le Monde daté du 26 mai dernier : « dans les 20 prochaines années, entre aujourd’hui et 2030, vous verrez plus de changements qu’il n’y en a eu depuis un siècle, dans les domaines de la politique, de l’environnement, de l’économie, la technique ; Les troubles de la zone euro ne représentent qu’une petite part de ce que nous allons voir. <em>Et ces changements ne se feront pas de manière pacifique</em> ».
<p>Nous avons donc le devoir d’être vigilants et plus ambitieux encore, pour corriger a priori des évolutions spontanément conflictuelles.</ol>

<li>
<h2>La question clé sera bien celle de la prévention, de la déviation ou de l’amortissement des conflits dans notre société, en Europe et dans le monde.</h2>
</li>
<p><strong>Deux combats</strong> devront être menés en priorité, à cette fin.</p>
<ol>
<li>Le premier sera celui de la <strong>prévention des violences ouvertes et de leurs effets collatéraux</strong>. Vaste programme…Pour le mener à bien, les puissances occidentales, en particulier européennes, devront disposer d’une gamme d’instruments d’intervention, de la diplomatie aux forces armées, extrêmement large et suffisamment robuste. La crise budgétaire va mettre ces instruments à l’épreuve et en tension.</li>

<li>Le deuxième, plus insidieux et plus complexe encore, consistera à <strong>empêcher la percée des thématiques politiques radicales</strong>, porteuses de violence ou incitant à y recourir. Le plus inquiétant, à cet égard, en France et en Europe, sera moins l’éclosion de manifestations collectives, de débordements hyperboliques voire, la recrudescence d’une criminalité de basse ou moyenne intensité, incivique et délétère pour le tissu social et la confiance mutuelle. Non. Le plus inquiétant, c’est bien <strong>le risque d’épidémie psychique, sur le mode de l’Allemagne d’entre-deux-guerres, où le peuple a missionné, majoritairement, une ou des personnes pour mettre en œuvre un corpus d’idées, un programme idéologique</strong> catastrophique, sur fond d’orgueil national blessé et de besoin de redressement de puissance.
<p>Cette violence au carré, avec exposant, serait la pire de toutes. Elle est aussi, hélas, la plus vraisemblable, notamment parce qu’elle s’accommoderait en apparence du maintien d’un cadre socio-politique ordonné…</p>
<p>Plus que jamais, il nous appartient donc, individuellement et collectivement, de contribuer à <strong>réintégrer l’état de nature et le processus civilisateur</strong>. Tel me paraît au fond être l’enjeu, lourd, des décennies à venir.
</ol>
</ol>
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		<title>Ce siècle avait 12 ans&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 25 May 2012 13:39:00 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[La crise monétaire, financière et de gouvernance, qui ébranle en particulier la zone euro, signe sans doute le vrai passage au XXIème siècle Le 11 septembre 2001 avait constitué un premier choc mondial, qui a modifié les représentations de l’Occident, sa vision du monde et fait surgir l’impensable au cœur des Cités. Mais de 2008 à 2012, nous avons assisté à la montée en puissance d’une crise jusqu’alors muette, à<p><a href="http://marc-fonbaustier.fr/2012/05/ce-siecle-avait-12-ans/" class="more-link"><span>Lire la suite</span></a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<ol>
<li>La crise monétaire, financière et de gouvernance, qui ébranle en particulier la zone euro, signe sans doute le vrai passage au XXIème siècle</li>
<p>Le 11 septembre 2001 avait constitué un premier choc mondial, qui a modifié les représentations de l’Occident, sa vision du monde et fait surgir l’impensable au cœur des Cités.</p>
<p>Mais de 2008 à 2012, nous avons assisté à la montée en puissance d’une crise jusqu’alors muette, à bas bruit, où se combinent :</p>
<ul>
<li><strong>l’ampleur des déséquilibres financiers et commerciaux accumulés dans le monde</strong>, qui créent une sorte d’électricité financière faisant se déplacer les capitaux rapidement et en masse des zones à excédents vers les zones à déficits ;</li>
<li>les <strong>nouveaux rapports de force autour de la dette souveraine</strong> entre pouvoirs publics et établissements privés ;
<li>la <strong>surpuissance des marchés de capitaux libéralisés dans les années 70/80</strong> (NB le <em>Chicago Board of Trade</em>, premier marché à terme de « commodities », a été créé en 1972), qui érode la souveraineté des États ;
<li>un <strong>déficit persistant de régulations robustes, dans le domaine de la finance de marché</strong>. Les régulations peut être entendues ici comme des &laquo;&nbsp;règle du jeu&nbsp;&raquo;, qui encadrent la liberté des acteurs privés, en proscrivant certaines conduites à risque pour la collectivité et en prévoyant, à la clé, des sanctions suffisamment  dissuasives.
<li>un <strong>manque de gouvernance</strong>, c’est-à-dire de capacité à organiser un pouvoir de décision efficace dans le siège des pouvoirs publics. Ce défaut de gouvernance est à la fois un problème mondial et européen.</ul>
<p>C’est un <strong>défi mondial, puisque le G20 est certes une amorce de réponse</strong>, par le poids et la diversité des États qu’il rassemble. Mais il ne dispose ni de la pérennité (c’est une institution à éclipse, sans véritables organes permanents), ni de la légitimité, ni du pouvoir de contrainte qu’exigerait la gravité de la situation. Il repose, dans le meilleur des cas, sur une volonté commune de « coaction », encore balbutiante et en l’espèce, amoindrie par des divergences de vues fortes sur l’étendue de l’encadrement des pratiques financières .</p>
<p>C’est aussi une <strong>réalité pour l’Europe</strong>, dès lors que la monnaie unique ne s’est pas immédiatement accompagnée d’un pilotage économique et budgétaire unique. Le lancement de l’euro a été découplé de ce qui aurait dû accompagner logiquement une monnaie unique : la naissance Fédération/Confédération d’États. Ce décalage entre le haut degré d’intégration monétaire et le degré nettement moindre d’intégration politique et budgétaire continue, malgré les avancées récentes, de compliquer la gestion de la crise des dettes souveraines.</p>
<li>Les <strong>enjeux de la monnaie unique sont pourtant considérables</strong>. La monnaie demeure en effet une forme d’expression majeure de la souveraineté. Elle est un « facilitateur d’échanges » sur lequel repose une société complexe (par opposition à une économie de troc). Elle est l’expression de la souveraineté. La monnaie est un mètre-étalon de la valeur. Elle est enfin, inconsciemment, l’un des principaux sièges de l’attachement à un certain ordre (cf voir l’effondrement de la République de Weimar, en Allemagne, emportée notamment par les désordres monétaires. . Ce traumatisme historique n’est pas étranger à la « raideur » allemande sur la monnaie, les autorités allemandes assimilant tout dérèglement monétaire à un dérèglement démocratique). Dès lors, les tensions auxquelles l’euro est soumis peuvent très légitimement inquiéter, politiquement et techniquement.<br />
</p>
<li>Des <strong>évolutions positives tempèrent heureusement les risques d’explosion</strong> et jouent d’ores et déjà un rôle d’« amortisseurs », redonnant au système une souplesse qui permet d’absorber des chocs de marché.<br />
</p>
<ol>
<li>La <strong>gouvernance économique et monétaire européenne se renforce notoirement</strong>. La discipline budgétaire est en principe plus stricte, depuis l’adoption du Pacte de stabilité et de croissance en 1997. Depuis janvier 2011, les dispositions de ce Pacte sont mises en œuvre dans le cadre du « semestre européen », qui assure une meilleure coordination des politiques économiques à l’échelle européenne. En novembre 2011, le Conseil a même adopté un paquet de six textes législatifs sur la gouvernance économique (« six pack »).</li>
<p>La <strong>surveillance macroéconomique est elle aussi durcie</strong>, avec un élargissement de son champ à l’ensemble des déséquilibres macroéconomiques et l’introduction de mécanismes préventifs (système d’alerte) et coercitif (procédure concernant les déséquilibres excessifs).</p>
<p>La <strong>coordination des politiques économiques est resserrée</strong>, dans le cadre notamment du « pacte pour l’euro plus » approuvé en mars 2011 par les pays de la zone euro, mais également, six États non membres de la zone.</p>
<p>L’<strong>assistance financière a beaucoup évolué, dans le sens de l’approfondissement de la solidarité</strong>. En mai 2010, le Conseil ECOFIN s’est accordé sur un mécanisme de stabilisation financière (MESF) géré par la Commission et pouvant lever jusqu’à 60 milliards d’euros sur les marchés. Un Fonds européen de stabilité financière (FESF) a également vu le jour, organe intergouvernemental autorisé à emprunter 440 milliards sur les marchés avec la garantie des États membres de la zone euro. A ce jour, 200 milliards, sur les 500 autorisés, ont été engagés.</p>
<p>Quant au <strong>mécanisme européen de stabilité</strong>, structure pérenne de gestion des crises, il est appelé à succéder au FESF.</p>
<p>De manière générale, <strong>la gouvernance de la zone euro s’est nettement affirmée, depuis quelques années. Le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance en Europe (TSCG)</strong> entérine le renforcement du Pacte de stabilité, prévoit une convergence et une coordination économique approfondie dans les domaines de la compétitivité, de l’emploi, de la soutenabilité des finances publiques et de la stabilité financière. Ce traité institutionnalise les sommets de la zone euro (au moins 2 par an) et conforte l’architecture politique de la gestion de la monnaie unique (association des États non membres de la zone euro, association des Parlements nationaux en liaison avec le Parlement européen).</p>
<li>La <strong>stratégie monétaire de la Banque centrale européenne</strong>, depuis l’arrivée de <strong>Mario Draghi</strong> à sa tête, s’est infléchie. Cette stratégie paraît plus axée que jamais sur des opérations de refinancement à long terme (<strong>Long Term Refinancing Operations</strong>, LTRO). 1000 milliards d’euros ont été injectés en deux opérations (décembre 2011, février 2012) dans le système bancaire de la zone euro, contribuant au dégel du marché interbancaire et une détente sur le marché obligataire européen.
<p>Cette politique s’apparente à un « <strong>quantitative easing</strong> » déguisé, dans la mesure où la BCE, à la différence de la FED, n’achète pas directement les actifs bancaires, mais soutient le crédit bancaire par des prêts massifs au secteur bancaire (LTRO). Ces opérations de refinancement permettent aux institutions de soutenir activement le financement de la dette publique européenne par le secteur bancaire privé sans avoir à souscrire elle-même cette somme (ce qui serait le cas avec un programme de « quantitative easing »). Au fond, il s’agit peu ou prou du pendant dans la zone euro des politiques d’assouplissement monétaire (quantitative easing) mises en place par la <strong>Federal Reserve</strong>.</p>
<p>Cette stratégie monétaire est plutôt efficace, jusqu&#8217;à présent: le taux <strong>euribor à 3 mois</strong>, principal baromètre des prêts du marché interbancaire européen, a reculé de <strong>50 points de base</strong> depuis janvier. Et les banques privées ont massivement racheté de la dette souveraine.</ol>
<li>De <strong>graves risques pointent pourtant à l’horizon</strong>.<br />
Il est clair que le risque Grec, et par contagion, d’autres risques souverains, ne sont pas conjurés et mettent le système en grande tension. Loin d’être réglée, ou dépassée, la crise systémique de la monnaie unique et des dettes souveraines sous-jacentes est un redoutable défi pour la zone euro et ses États membres, voire pour l’Union européenne dans son ensemble, compte-tenu des imbrications complexes entre États, budgets, monnaies etc…<br />
En témoigne ainsi l’insensibilité persistante des taux longs portugais aux LTRO. La crainte des opérateurs est très vive encore, face à un possible défaut portugais.<br />
Le choix du refinancement et du recours aux banques privées, pour financer la dette publique, risque par ailleurs de provoquer une contagion de la crise souveraine au secteur bancaire privé. Le spectre d’un scénario de « crise jumelle » (bancaire et souveraine) se profile à l’horizon. Cet aspect de la crise de l’euro n’est pas le moins inquiétant, compte-tenu des risques de « surréaction » et de « panurgisme » en cas de choc de grande ampleur.</ol>
<hr />
<p>Nous sommes confrontés, au fond, en zone euro, mais pas seulement, à un scénario possible de crises cumulatives, de crises « gigogne », où la crise de la dette et de la monnaie accoucheraient d’une situation ingérable, hors de portée des instruments dont disposent les institutions publiques.</p>
<p>Le risque politique associé à la crise monétaire laisse en effet entrevoir <strong>quatre périls majeurs</strong> :</p>
<ul>
<li>Le <strong>détricotage du projet de l’Union européenne</strong>, en premier lieu. La réversibilité, les égoïsmes nationaux, la renationalisation s’imposent là même où l’on pensait irréversibilité, Maison commune, intégration…</li>
<li>Le décrochage compétititif et macroéconomique de certains pays, en deuxième lieu, pourrait être spectaculaire, avec sa cohorte de fléaux: chômage de masse , explosion du coût de la dette, des taux d’intérêt, et asphyxie progressive des acteurs…
<li>La montée probable des tensions et des logiques conflictuelles, en troisième lieu, pourrait prendre le pas sur  l’esprit de détente et la coopération ;
<li>La montée des populismes, au Nord (contre les gens du Sud) et au Sud (contre le diktat du Nord) est une autre dérive possible, susceptible de nous entraîner collectivement dans des impasses politiques également lourdes de menaces.</strong></ul>
<p>Ce XXIème a donc 12 ans.</p>
<p>Il commence plutôt sur un mode destructurant, qui ne crée pas de sens, ni n’indique ce que produiront les transformations en cours. Plus que jamais, la direction à suivre et le chemin à emprunter seront importants individuellement et collectivement.			</p>
<p>L’immense défi de la situation matérielle, de l’économie et de la monnaie, tient au fond dans l’équation suivante : comment éviter que l’atonie de croissance (qui est en passe de devenir une donnée lourde dans nos sociétés), le « désemploi » massif, le désarroi des générations montantes, ne débouche pas, comme ce fut trop souvent le cas dans l’Histoire, sur de nouveaux conflits ? Je reviendrai dans un prochain article sur les craintes que peut inspirer un possible retour massif à des violences jusqu’à présent plutôt refoulées.			</p>
<p>Nous pressentons bien, en tout état de cause, que nous devons nous préparer à de très fortes secousses, à de profondes remises en cause, à des bouleversements de cadres, de représentations, de modes de fonctionnement, dont la résolution, par le haut ou par le bas, sera déterminante pour notre avenir.</p>
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		<title>Un monde malade ? Ou un monde en quête de sens ?</title>
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		<pubDate>Thu, 03 May 2012 08:00:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gestion</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’impression dominante, en ce début de troisième millénaire, est celle d’un monde « malade », comme miné par des maux nombreux et cumulatifs, face auxquels monte un sentiment d’impuissance collective. C’est une époque de transformations. Comme si les fondements que nous connaissions (monde régi par l’ordre post-1945 ; monde dominé par l’Occident ; monde « bipolaire » et « oligarchique », l’oligarchie des membres permanents du Conseil de sécurité ;<p><a href="http://marc-fonbaustier.fr/2012/05/monde-malade-ou-monde-en-quete-de-sens/" class="more-link"><span>Lire la suite</span></a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’impression dominante, en ce début de troisième millénaire, est celle d’un monde « malade », comme miné par des maux nombreux et cumulatifs, face auxquels monte un sentiment d’impuissance collective.</strong></p>
<p>C’est une <strong>époque de transformations</strong>. Comme si les fondements que nous connaissions (monde régi par l’ordre post-1945 ; monde dominé par l’Occident ; monde « bipolaire » et « oligarchique », l’oligarchie des membres permanents du Conseil de sécurité ; monde « onusien », OTANisé…) s’effaçaient progressivement, au profit d’autre chose, sans que l’on sache si un ordre nouveau en découlera.</p>
<p>C’est une <strong>époque où l’on perçoit une violence sourde, de possibles retours à la barbarie</strong>, où l’interdiction d’une guerre totale nucléarisée débouche sur des poussées de violences régionales (Proche-Orient ; Afpak…), locales (Sahel ; Yémen…), transnationales (terrorisme). La paix globale est-elle définitivement hors d’atteinte ?</p>
<p>C’est une <strong>période de très forts déséquilibres</strong> : déséquilibres démographiques, avec une corrélation à peu près inverse entre le niveau de richesse des peuples et leur propension à  se reproduire ; déséquilibre énergétique, avec la nécessité d’opérer une transition énergétique vers un modèle post-hydrocarbures tout en faisant tourner à plein régime le modèle actuel, très largement assis sur les énergies fossiles ; déséquilibre écologique, avec une tension quasi-planétaire sur les ressources naturelles sans renouvellement suffisant ; déséquilibres budgétaires et commerciaux.</p>
<p>C’est aussi une <strong>époque où l’on perçoit que la poursuite des aspirations matérielles commence à épuiser le patrimoine commun de l’humanité</strong> (la terre, les mers, l’air). Le monde malade, c’est un peu la maladie de la Maison commune, la dégradation des biens publics mondiaux.</p>
<p>C’est enfin une période où l’on ressent de manière criante un <strong>décalage</strong>, comme entre des plaques tectoniques, entre l’espace politique naturel des peuples, leur « écosystème politique », qui demeure l’État-Nation, dans une large mesure, et le champ d’intervention des politiques publiques, qui déborde les contours des souverainetés nationales. Un phénomène qu’a très bien décrit <strong>Mireille Delmas-Marty</strong> dans un article récent intitulé « vers la métamorphose de la souveraineté nationale » publié dans le journal Libération du 24 avril.</p>
<p>La <strong>tragédie de notre temps est toute entière dans cette aporie : nous ne pouvons plus agir efficacement dans le seul espace national</strong>, compte-tenu de l’impact puissant du mouvement de libération de la circulation des personnes, des capitaux, de l’expansion des échanges, des interdépendances ; mais <strong>nous ne sommes pas parvenus à dépasser fondamentalement ce cadre d’appartenance, d’identité</strong>, à légitimer, et armer politiquement, des centres de décision proprement supra-nationaux. En d’autres termes, nous n’avons pas atteint le point de pouvoir d&#8217;organiser légitimement, autrement dit avec un consentement fort des populations et une efficacité  convaincante des centres de décision ainsi établis, les grands ensembles qui se dessinent aujourd’hui et dont les frontières défient nos frontières historiques.</p>
<p>A cet égard, l’<strong>Union européenne</strong>, qui est de très loin l’ensemble politique international le plus intégré  et qui représente la tentative la plus ambitieuse de faire coïncider un espace politique avec un espace des peuples dorénavant très interpénétré, est dans un entre-deux insatisfaisant. D’importants transferts de souveraineté ont été globalement opérés au profit de ce pôle européen, dont les États membres demeurent les acteurs centraux. Mais la monnaie bute toujours sur l’étendue des pouvoirs de la Banque centrale européenne, qui ne dispose pas de la plénitude des pouvoirs d’un Institut d’émission régalien. Mais l’euro bute sur l’absence d’un Gouvernement économique intégré, c’est-à-dire définissant une politique budgétaire et fiscale unique. Mais l’euro bute sur la permanence des dettes nationales, alors qu’il faudrait sans doute, pour effectuer le « salto mortale », communautariser définitivement les dettes nationales en une dette unique. Mais la politique étrangère, de sécurité et de défense se heurte toujours à l’irrédentisme des diplomaties nationales, à l’hétérogénéité des statuts (membres permanents du Conseil de sécurité versus les autres), à l’asymétrie des systèmes de défense (les deux nucléaires et les autres) et à la divergences des intérêts stratégiques ou des intérêts vitaux (engage-t-on le feu nucléaire pour protéger les autres États-membres ? ferait-on la guerre pour défendre les intérêts vitaux de l’Estonie ? de l’Italie ? du Danemark ?&#8230;).</p>
<p>Tout ceci nous ramène peut-être au fond à <strong>deux ou trois questions simples à énoncer, mais dont la résolution est peut-être tout simplement l’histoire humaine, dans sa dynamique et sa complexité</strong> :</p>
<ul>
<li><strong>Une question d’identité</strong>. La Nation est-elle à cet égard un horizon indépassable ? Comment borner les groupes humains, dans un monde réputé de plus en plus interdépendant, brassé, mais où ressurgissent comme par un effet de retour les questions des « valeurs » collectives, de l’immigration acceptable, du rapport à l’Etranger…Qu’est-ce qui consacre l’appartenance à une collectivité, un peuple? L’Ouvert et le fermé n’ont pas fini de cohabiter…en nous même ! Et c’est tout l’enjeu et le mystère de l’échange, du voyage, de la rencontre.</li>
<li><strong>Une question de pulsions</strong>. Nous sommes travaillés individuellement par une part claire et une part d’ombre, par des pulsions créatrices, positives, constructives, notre être social ; mais aussi, nous le savons bien, par des pulsions moins avouables, moins dicibles, plus violentes. Notre ambivalence individuelle se retrouve inévitablement dans l’état du monde, dans le clair-obscur de la modernité. Nous cherchons à prolonger la vie, à rendre la vie meilleure, plus agréable, plus confortable. Mais nous entretenons des stocks d’armes de destruction massive capables de faire sauter plusieurs fois la terre…
<li><strong>Une question de désir, peut-être?</strong> Au principe des déséquilibres dont on nous parle à longueurs de journaux et que nos dirigeants s’emploient à redresser, tels les docteurs au chevet d’un patient, il y a un déséquilibre premier, entre ce que nous produisons et ce dont nous aurions théoriquement besoin. Je ne peux m’empêcher de penser à l’ouvrage de <strong>Pierre Clastres, <u>la Société contre l’État</u></strong>. Il y décrit une tribu indienne de l’Amazonie, les Tupi-Guarani. Et expose, de façon magistrale, l’équilibre parfait que cette tribu s’attache à maintenir, l’équilibre d’une économie primitive : ne cueillir, ne chasser, ne pêcher que ce qui est strictement nécessaire à la satisfaction des besoins élémentaires des individus qui composent le groupe. Tout ce qui irait au-delà serait un excédent inutile. Le temps de travail effectif est réduit au temps strictement nécessaire à l’acquisition des moyens de subsistance. Le temps restant est « gratuit », consacré à des activités « non-productives ». Les Tupi-Guarani proscrivent tout forme de production superflue, qui les ferait entrer dans une économie de surplus, donc, de déséquilibre production/besoin. Ils ont à cet égard une parfaite maîtrise du milieu et ne songeraient jamais à produire du surplus et à prendre de la nature plus qu’ils n’ont besoin.</ul>
<p>Bien évidemment, nous sommes situés pour notre part dans des sociétés complexes, et non plus des sociétés « primitives ». Bien sûr, nous aspirons à autre chose qu’à produire, et le travail est bien plus qu’un enjeu de subsistance. Mais il est clair que nous produisons, en moyenne, bien plus que ce dont nous avons besoin pour satisfaire nos besoins élémentaires. Nous entrons, à différents niveaux de l’échelle sociale, dans des logiques d’accumulation. Donc de surplus, donc de déséquilibres. Donc de besoin de corrections, d’interventions… Faut-il que nous revenions à plus de dépouillement, de simplicité ? Faut-il revenir à des valeurs et des productions non marchandes, non monétarisées, pour retrouver du sens ? Sans devenir des sociétés primitives, n’avons-nous pas à méditer sur les notions de besoin ? de surplus ? de maîtrise du milieu ? Je crois profondément, mais c’est évidemment très personnel,  que ce que nous désignons trop souvent par le mot « crise » cache bien autre chose. Et que la clé réside sans doute dans un autre regard sur l’humain, sur les sources de ce qui nous rend vraiment heureux. </p>
<p><strong>Michel Rocard</strong>, pour lequel je dois confesser une grand admiration, déclarait il y a quelques semaines dans le journal le Monde qu’au fond, si l’on est honnête, les faits marquants d’une vie sont pour beaucoup d’entre nous l’apprentissage de l’amour, la naissance d’un enfant, un beau voyage, un exploit sportif, une grande émotion esthétique, une expérience spirituelle…mais en aucune façon un acte de consommation. Et s’il avait raison ? Et si la reconsidération de ce qui nous rend heureux et nous donne envie de vivre ensemble, de « faire société » n’était pas la première des régulations susceptibles de « guérir » le monde malade ?</p>
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		<title>&#171;&#160;Bases lourdes&#160;&#187; des relations internationales</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Feb 2012 12:55:17 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Après avoir tenté de saisir, à grands traits, les émergents, la Chine, l’Inde, après avoir cherché à recadrer la question du prétendu G2 américano-chinois, je vais laisser de côté les questions d’actualité internationale pour revenir aux « fondamentaux », en m’intéressant aux bases des relations internationales. J’aurais peut-être dû inverser l’ordre des choses, et commencer par les « bases lourdes » avant de traiter les phénomènes plus récents, plus contemporains…<p><a href="http://marc-fonbaustier.fr/2012/02/bases-lourdes-des-relations-internationales/" class="more-link"><span>Lire la suite</span></a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir tenté de saisir, à grands traits, les <a href="http://marc-fonbaustier.fr/pays-emergents-relations-internationales/">émergents</a>, la <a href="http://marc-fonbaustier.fr/le-cas-chinois/">Chine</a>, l’<a href="http://marc-fonbaustier.fr/linde-dans-le-ventre-de-lelephant/">Inde</a>, après avoir cherché à recadrer la question du prétendu <a href="http://marc-fonbaustier.fr/le-g2-americano-chinois/">G2 américano-chinois</a>, je vais laisser de côté les questions d’actualité internationale pour revenir aux « fondamentaux », en m’intéressant aux bases des relations internationales. J’aurais peut-être dû inverser l’ordre des choses, et commencer par les « bases lourdes » avant de traiter les phénomènes plus récents, plus contemporains…</p>
<p>Mais peu importe l’ordre. L’essentiel est de faire partager une possible présentation du système, de façon simple, sans prétendre à l’exhaustivité ni surtout, à l’analyse savante des grands théoriciens des relations internationales. Il s’agit plutôt d’une vue d’ensemble des acteurs, des grands blocs thématiques, des grandes catégories.</p>
<ol>
<li><strong>Le socle des relations internationales : données lourdes.</strong></li>
<p><br/></p>
<ol>
<li><strong>Qu’est-ce que les relations internationales ? Deux conceptions sont possibles, en 2012.</strong></li>
<ul>
<li>Dans l’<strong>acception classique</strong>, on pourrait dire, institutionnelle, ce sont les <strong>États</strong> et les <strong>organisations internationales</strong> qui dominent la scène mondiale, lui impriment leur marque, définissent le cadre et le corpus de règles. Cette lecture traditionnelle procède d’un constat : les États sont « premiers » ; ils détiennent  l’ « ultima ratio », le recours à la violence légitime, y compris la guerre.  Clairement, le primat est ici donné aux États et leurs créatures, les organisations internationales.  Dans cette conception, les relations internationales sont la somme des relations entre États, entre organisations internationales et entre États et organisations internationales.</li>
<p><br/></p>
<li>Dans une <strong>acception plus avancée, plus moderne peut-être, coexistent, aux côtés des États et des organisations internationales, acteurs certes majeurs, de nouveaux agents, parfois extrêmement puissants, même s’ils sont souvent plus discrets et parfois moins engagés dans les grands sujets d’intérêt commun</strong>. S’y rangent les multinationales, les grands établissements financiers, les grandes ONG, les acteurs transnationaux de tous types (y compris les groupes terroristes), le tout orchestré par les grands médias planétaires, sur fond d’émergence, encore balbutiante, d’une « opinion publique internationale » ou d’une « conscience collective universelle »…Ici, ce sont les acteurs non étatiques, nés de (ou favorisés par) la globalisation, de la radicalisation, d’un climat « libéral » depuis la fin des grands blocs et des polarisations idéologiques etc…qui sont en exergue. Dans leur version virulente, voire violente, ces acteurs « infra-étatiques » donnent corps à ce que l’on désigne parfois sous le terme de « menace asymétrique » (typiquement : AQMI au Sahel, AQPA dans la péninsule arabique…).<br />
<br/></p>
<li>En réalité, que l’on retienne l’une ou l’autre acception, <strong>les types d’acteurs des relations internationales contemporaines sont bien de deux ordres</strong> : ordonnés, structurants, en quête de régulation ; ou entropiques, déstructurants , à l’origine de dérégulations. Il me semble que c’est là que réside le grand clivage dans notre monde. Y œuvrent  clairement des forces responsables, stabilisatrices, rassurantes ; y opèrent dans le même temps des forces anomiques, déstabilisatrices, inquiétantes. <strong>Cette ligne de partage relève moins de combinaisons éthiques (bien/mal) que d’une certaine idée du triptyque« sécurité/liberté/solidarité » transposé dans le champ international</strong>. Cette ligne de partage <strong>distingue bien moins les acteurs des relations internationales  d’un point de vue « organique », lié à leur nature</strong> (États, entreprises, ONG, associations, groupements etc…) <strong>que d’un point de vue « téléologique », lié à leur finalité, aux buts ultimes poursuivis</strong>. Je relève que certains acteurs peuvent, à l’aune de ce clivage, se présenter sous un jour ambivalent, y compris les États : constructifs et stabilisateurs lorsqu’ils bâtissent un compromis sur le climat, règlent pacifiquement un différend, coopèrent pour reconstruire une zone dévastée par un tremblement de terre, tentent de poser des règles communes pour protéger la biodiversité etc…destructeurs et fauteurs de troubles s’ils font la guerre, encouragent des pratiques commerciales restrictives ou agressives, laissent se développer des déséquilibres conflictuels (démographiques, énergétiques, monétaires…).<br />
<br/></p>
<li>Peut-être <strong>faut-il admettre que les relations internationales sont comme un être gigantesque</strong>, animé de <strong>pulsions ou désirs contradictoires</strong>, entre envie de construire et de détruire, entre pulsion de mort et énergie vitale,  d’un excès à l’autre, où surviennent, en cas de forts déséquilibres, des mouvements de correction brutaux (sorte d’homéostase  à l’échelle du monde) ? Les relations internationales sont en tout état de cause animées, incarnées, très (trop) humaines au fond… derrière l‘apparente froideur des constructions de marbre de certaines institutions, derrière le réglage fin des Sommets, derrière l’hyper-sophistication des marchés de capitaux….
</ul>
</ol>
<p><br/></p>
<li><strong>Les relations internationales institutionnelles</strong>
<p>De quoi est fait le tissu quotidien des relations internationales aujourd’hui ? D’une étoffe particulière, constituée de plusieurs couches, de plusieurs niveaux, qui se superposent et interagissent entre eux (et en cela, le système international est  bien un système, au sens d’une somme de  facteurs/éléments en interrelation structurelle).<br />
Il y a le niveau des relations qu’on pourrait qualifier, pour simplifier, d’ institutionnelles.</p>
<p>L’impression d’une <strong>primature maintenue des relations institutionnelles</strong> n’est pas qu’une illusion d’optique, fruit d’une déformation professionnelle :  la vision d’un agent de l’État.</p>
<p>C’est une réalité toujours à l’œuvre, incontournable. Même si le cadre ainsi formé est, dans la marche du monde contemporain, un cadre souple, malléable, et même parfois à éclipse ou d’une faiblesse confinant à l’absence, il n’en reste pas moins que les États et organisations internationales y demeurent des <strong>référents</strong>, dépositaires d’une légitimité qui les singularise. De ce point de vue, les crises internationales, sous toutes leurs formes, jouent un <strong>rôle de « révélateur »</strong> : elles replacent systématiquement en première ligne les acteurs institutionnels, qui s’attachent à formuler les réponses, assembler les solutions, reconstruire de nouveaux équilibres.</p>
<p><strong>Car au commencement des relations internationales modernes, structurées, « policées » que nous connaissons étaient les États</strong>. Ce sont d’eux que procèdent à la fois les organisations internationales et le droit international public, censé régir et encadrer les relations entre États ainsi qu’entre États et organisations internationales (NB  le droit international s’entend comme le droit international public, sachant qu’il en existe une autre branche, le droit international privé).<br />
Certes, les récents développements du droit international humanitaire, des droits de l’homme et du droit commercial international donnent à penser que les individus ou les sociétés multinationales peuvent être perçus comme des sujets du DIP. Cette interprétation va cependant à l’encontre de l’orthodoxie juridique internationale traditionnelle, puisque seuls les sujets du DIP peuvent créer, appliquer ou veiller à l’application des règles de ce droit et porter la responsabilité de sa violation, même en ce qui concerne les droits de l’homme, le droit humanitaire et le commerce international. Il paraît donc peu évident de nos jours d’admettre les personnes morales ou physiques comme des sujets du système juridique international…</p>
<ol>
<li><strong>Fondements des RI : le droit international public. Les grandes Conventions réglant les relations internationales. Les organisations internationales.</strong></li>
<ol>
<li>Les relations internationales classiques s’ordonnent autour d’une corrélation entre le fait et le droit. Les faits d’histoire ont été régulièrement sanctionnés par des traités/conventions négociés au nom des Chefs d’États ou de Gouvernements. Ceux-ci donnaient pouvoirs de traiter à des plénipotentiaires, munis de lettres de présentation. Citons le Traité d’Utrecht, de Westphalie, de Versailles, de Trianon, Sèvres etc…</p>
<p><strong>Après l’échec de la Société des Nations dans les années 1920, puis la IIème guerre mondiale, une ère nouvelle a débuté, où le droit a également tenu toute sa place :</strong> la Charte des Nations-Unies,  la multiplication des organisations internationales, dans l’orbite de l’ONU (le système onusien) et en-dehors, telle l’Union européenne, puis  les grands traités régissant les relations entre Etats (Conventions de Vienne sur les relations diplomatiques et consulaires, 1961 et 1963).</p>
<p>Qu’est-ce que le droit, dans les relations internationales, au juste ?</p>
<li><strong>On peut définir le droit international public (DIP) de deux façons.</strong><br />
*De façon <strong>formelle</strong>, d’abord, on peut dire qu’il n’existe pas de Code du Droit international public, à proprement parler, et pas davantage de hiérarchie entre les différentes sources, qu’elles soient écrites ou non. C’est peut-être une des conséquences de la non-existence d’un ordre juridique international établi malgré la quasi-omniprésence de l’ONU dans les conflits mondiaux. Les différentes sources du DIP sont mentionnées à l’article 38 du statut de la Cour internationale de justice :</p>
<p>« La Cour, dont la mission est de régler conformément au droit international  les différends qui lui sont soumis, applique :</p>
<ul>
<li>Les conventions internationales, soit générales, soit spéciales, établissant des règles expressément reconnues par les États en litige ;</li>
<li>La coutume internationale comme preuve d’une pratique générale, acceptée comme étant  le droit ;
<li>Les principes généraux du droit reconnus par les nations civilisées ;
<li>Sous réserve de la disposition de l’article 59, les décisions judiciaires et la doctrine des publicistes les plus qualifiés des différentes nations, comme moyen auxiliaire de détermination des règles de droit.</ul>
<p>La présente disposition ne porte pas atteinte à la faculté pour la Cour, si les parties sont d’accord, de statuer ex aequo et bono ».</p>
<p>De cet article on peut retirer <strong>deux sortes de sources</strong> :</p>
<ul>
<li>Les sources non écrites, que sont la coutume, les principes généraux du droit ainsi que l’équité ;</li>
<li>Les sources écrites que sont les traités et les actes unilatéraux des Etats, des organisations internationales et des juridictions et tribunaux internationaux.</ul>
<p><br/><br />
*De façon <strong>substantielle</strong>, ou matérielle, on peut définir le DIP comme la <strong>somme des renoncements des Etats à leurs souverainetés (ce qui montre à la fois la primature des Etats dans l’ordre juridique international, le caractère évolutif du DIP et la difficulté à parvenir à un ordre supra-étatique)</strong>.</p>
<li>En tout état de cause, pour qu’il y ait un véritable ordre juridique, il faut nécessairement <strong>la combinaison</strong> :
<ul>
<li>d’une règle de droit ;</li>
<li>d’une <strong>sanction </strong>de cette règle de droit (de son irrespect) ;
<li>et des <strong>moyens </strong>de faire appliquer  cette sanction.</ul>
<p><br/><br />
A cet égard, la <strong>faiblesse congénitale du DIP</strong> tient sans doute à ce qu’il vérifie le premier critère (l’existence de règles de droit) ; satisfait parfois, mais pas toujours, au deuxième critère (l’existence d’une sanction à cette règle) ; et ne répond pratiquement jamais au troisième critère (les moyens d’exécution forcée de la sanction du manquement à la règle).</p>
<ul>
<li><strong>Il y a à cette faiblesse congénitale des exceptions ponctuelles</strong>, même si elles peuvent être lourdes de conséquences spectaculaires : le chapitre VII de la Charte des Nations-Unies, qui permet au Conseil de sécurité des NU, en cas de menace contre la paix ou de rupture de la paix, de décider d’une action coercitive (cf guerre du Golfe de 1991; cf Libye tout récemment, dans une moindre mesure, où l’usage de la force a été permis aux fins de la protection des populations civiles). </li>
<li><strong>Il y a aussi une autre exception plus générale et permanente</strong>: le droit communautaire, dans le cadre de l’Union européenne, où les critères cumulatifs d’un véritable ordre juridique intégré sont presque réunis : existence de règles de droit (nombreuses ; complexes, denses…) ; existence de sanctions aux manquements ; troisième étage, avec un ordre juridictionnel à part entière (CJUE ; TPI…), disposant du pouvoir de prononcer des astreintes…manque cependant une « police européenne », dotée de pouvoirs supranationaux et de voies d’exécution forcée, pour le cas échéant faire appliquer par la contrainte des décisions de justice. Mais on peut avancer, par comparaison avec le DIP en général, que l’ordre juridique  de l’Union européenne est d’essence quasi-fédérale et tout de même très intégré.
</ol>
</ol>
<p><br/></p>
<li><strong>Forme des relations internationales: le Protocole ; les Sommets ; les visites bilatérales</strong><br />
<br/></p>
<ol>
<li>Le <strong>Protocole</strong> est un ensemble de règles encadrant le cérémonial  et la préséance, censé mettre ordre et rigueur dans la marche des évènements.  Il structure les rapports formels entre États.  Dans les pays  de tradition légaliste et centralisatrice, le Protocole agit comme un régulateur, car il demeure, selon la formule du général de Gaulle, « l’expression de l’ordre dans l’État ».<br />
En France, cet ordre est codifié par le décret du 13 septembre 1989 modifié le 21 septembre 1995, relatif aux cérémonies publiques, préséances, honneurs civils et militaires.<br />
S’il ne concerne pas le contenu des relations interétatiques, le Protocole se veut tout de même un langage codé et implicite, universellement admis, à défaut d’être universellement identique, solennel, conférant aux relations diplomatiques leur pérennité et leur intemporalité. Qu’il s’agisse de définir les modalités d’accueil d’un Chef d’État à l’échelle de coupée de l’avion, les honneurs qui lui seront rendus, les cadeaux qui lui seront offerts, le plan de la table où il sera reçu à dîner, le Protocole apporte des réponses ordonnées, strictes, qui n’interdisent pas une part d’improvisation, ni une certaine souplesse. </li>
<p><br/></p>
<li><strong>Quatre observations  sur l’évolution du Protocole</strong>, dans le temps, c’est-à-dire depuis Henri II (qui créa le maître de cérémonies) ou Charles IX, qui institua l’introducteur des Ambassadeurs :
<ul>
<li>c’est une <u>fonction extensive</u> :  de l’introduction des Ambassadeurs au XVIème siècle, ayant pour tâche de guider leurs pas et leurs démarches, le Protocole est à présent chargé de la mise en œuvre pratique de l’activité extérieure (visites en France, voyages à l’étranger, conférences et sommets internationaux). Il participe ainsi à la projection de l’influence et de l’image de notre pays ;</li>
<li>c’est une <u>fonction complexe</u> : il faut en effet concilier le respect de nos traditions nationales avec la souplesse nécessaire pour que nos visiteurs soient satisfaits. A cet égard, il faut être conscients que certaines délégations étrangères sont plus faciles et plus légères que d’autres ; que certains pays visités ont des protocoles rigides et désuets, tandis que d’autres n’en ont pas ou en ont plusieurs. Les facettes sont donc multiples, les codes subtils, le professionnalisme nécessaire ;
<li>c’est une <u>fonction sous haute contrainte</u> : l’accélération de l’histoire affecte la durée des déplacements de Chefs d’État et de Gouvernement. La « fabrication » d’une visite exige particulièrement de savoir-faire : équilibrer dans une durée de plus en plus courte des entretiens de fond, des repas officiels, des rencontres avec les milieux économiques, les Parlements, les clubs de réflexions, ainsi que des conférences de presse et des entretiens télévisés. A telle enseigne qu’il y a 40 ans, un voyage officiel durait 10 jours, il y a 20 ans presque une semaine. Aujourd’hui, on prend 3 jours pour une tournée continentale, 36 heures pour une visite d’État souvent associée à une escale avec entretien.  Dans ce contexte où le temps est un bien rare, le Protocole travaille et négocie en permanence l’architecture générale des programmes et leur déroulement.
<li>c’est une <u>fonction politique</u> : le Protocole contribue à la communication, en cherchant à faire correspondre forme et fond ;  il doit privilégier ce qui est réalisable et ce qui sert les messages clés d’un voyage (NB un voyage répond à une logique, se déroule selon un ou des thèmes structurants et doit donc  avoir une architecture « intelligente », avec des temps forts qui en cristallisent le sens).</ul>
<p><br/></p>
<li>Les <strong>Sommets de Chefs d’État et de Gouvernements</strong>, tels les Conseils européens, les G20, les G8 (on parle de Sommets multilatéraux) ou les Sommets bilatéraux (c’est-à-dire entre deux pays) sont le point d’orgue de ces rituels séculaires, où jaillissent  au grand jour  les symboles, les jeux de pouvoir, la force du verbe, le langage comportemental et gestuel etc…On dénonce souvent leur caractère peu productif, les effets de surface etc…On y discute (et décide) pourtant parfois de réelles bifurcations, inflexions dans la marche des rapports internationaux, voire, dans l’histoire des peuples. Au fond, ces Sommets sont la forme pacifique la plus solennelle, la plus liturgique, la plus sacrée que peuvent prendre les relations internationales.<br />
<br/></p>
<li>Les <strong>visites bilatérales se rangent selon</strong> une typologie précise : visites d’État  (les plus lourdes, les plus « signifiantes », les plus conclusives en règle générale; visites officielles ; visites de travail ; visites privées avec ou sans audience. A chaque type de visite correspond un certain cadre, une certaine durée, un certain niveau d’exigences et de rituels. En clair, la visite d’État est la plus solennelle et marque au plus haut point l’intensité que l’on souhaite conférer à la relation bilatérale. A l’opposé, la visite privée sans audience est pratiquement anonyme. A l’heure actuelle, les visites d&#8217;État sont en nombre réduit, compte-tenu de leur durée incompressible (deux à trois jours en moyenne) et de la lourde organisation qu’elles supposent. Les visites officielles ou plus encore, les visites de travail, sont devenues les plus fréquentes.
</ol>
<p><br/></p>
<li><strong>Forme des relations internationales: le Protocole ; les Sommets ; les visites bilatérales</strong><br />
<br/></p>
<ol>
<li>Le <strong>Protocole</strong> est un ensemble de règles encadrant le cérémonial  et la préséance, censé mettre ordre et rigueur dans la marche des évènements.  Il structure les rapports formels entre États.  Dans les pays  de tradition légaliste et centralisatrice, le Protocole agit comme un régulateur, car il demeure, selon la formule du général de Gaulle, « l’expression de l’ordre dans l’État ».<br />
En France, cet ordre est codifié par le décret du 13 septembre 1989 modifié le 21 septembre 1995, relatif aux cérémonies publiques, préséances, honneurs civils et militaires.<br />
S’il ne concerne pas le contenu des relations interétatiques, le Protocole se veut tout de même un langage codé et implicite, universellement admis, à défaut d’être universellement identique, solennel, conférant aux relations diplomatiques leur pérennité et leur intemporalité. Qu’il s’agisse de définir les modalités d’accueil d’un Chef d’État à l’échelle de coupée de l’avion, les honneurs qui lui seront rendus, les cadeaux qui lui seront offerts, le plan de la table où il sera reçu à dîner, le Protocole apporte des réponses ordonnées, strictes, qui n’interdisent pas une part d’improvisation, ni une certaine souplesse. </li>
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<li><strong>Quatre observations  sur l’évolution du Protocole</strong>, dans le temps, c’est-à-dire depuis Henri II (qui créa le maître de cérémonies) ou Charles IX, qui institua l’introducteur des Ambassadeurs :
<ul>
<li>c’est une <u>fonction extensive</u> :  de l’introduction des Ambassadeurs au XVIème siècle, ayant pour tâche de guider leurs pas et leurs démarches, le Protocole est à présent chargé de la mise en œuvre pratique de l’activité extérieure (visites en France, voyages à l’étranger, conférences et sommets internationaux). Il participe ainsi à la projection de l’influence et de l’image de notre pays ;</li>
<li>c’est une <u>fonction complexe</u> : il faut en effet concilier le respect de nos traditions nationales avec la souplesse nécessaire pour que nos visiteurs soient satisfaits. A cet égard, il faut être conscients que certaines délégations étrangères sont plus faciles et plus légères que d’autres ; que certains pays visités ont des protocoles rigides et désuets, tandis que d’autres n’en ont pas ou en ont plusieurs. Les facettes sont donc multiples, les codes subtils, le professionnalisme nécessaire ;
<li>c’est une <u>fonction sous haute contrainte</u> : l’accélération de l’histoire affecte la durée des déplacements de Chefs d’État et de Gouvernement. La « fabrication » d’une visite exige particulièrement de savoir-faire : équilibrer dans une durée de plus en plus courte des entretiens de fond, des repas officiels, des rencontres avec les milieux économiques, les Parlements, les clubs de réflexions, ainsi que des conférences de presse et des entretiens télévisés. A telle enseigne qu’il y a 40 ans, un voyage officiel durait 10 jours, il y a 20 ans presque une semaine. Aujourd’hui, on prend 3 jours pour une tournée continentale, 36 heures pour une visite d’État souvent associée à une escale avec entretien.  Dans ce contexte où le temps est un bien rare, le Protocole travaille et négocie en permanence l’architecture générale des programmes et leur déroulement.
<li>c’est une <u>fonction politique</u> : le Protocole contribue à la communication, en cherchant à faire correspondre forme et fond ;  il doit privilégier ce qui est réalisable et ce qui sert les messages clés d’un voyage (NB un voyage répond à une logique, se déroule selon un ou des thèmes structurants et doit donc  avoir une architecture « intelligente », avec des temps forts qui en cristallisent le sens).</ul>
<p><br/></p>
<li>Les <strong>Sommets de Chefs d’État et de Gouvernements</strong>, tels les Conseils européens, les G20, les G8 (on parle de Sommets multilatéraux) ou les Sommets bilatéraux (c’est-à-dire entre deux pays) sont le point d’orgue de ces rituels séculaires, où jaillissent  au grand jour  les symboles, les jeux de pouvoir, la force du verbe, le langage comportemental et gestuel etc…On dénonce souvent leur caractère peu productif, les effets de surface etc…On y discute (et décide) pourtant parfois de réelles bifurcations, inflexions dans la marche des rapports internationaux, voire, dans l’histoire des peuples. Au fond, ces Sommets sont la forme pacifique la plus solennelle, la plus liturgique, la plus sacrée que peuvent prendre les relations internationales.<br />
<br/></p>
<li>Les <strong>visites bilatérales se rangent selon</strong> une typologie précise : visites d’État  (les plus lourdes, les plus « signifiantes », les plus conclusives en règle générale; visites officielles ; visites de travail ; visites privées avec ou sans audience. A chaque type de visite correspond un certain cadre, une certaine durée, un certain niveau d’exigences et de rituels. En clair, la visite d’État est la plus solennelle et marque au plus haut point l’intensité que l’on souhaite conférer à la relation bilatérale. A l’opposé, la visite privée sans audience est pratiquement anonyme. A l’heure actuelle, les visites d&#8217;État sont en nombre réduit, compte-tenu de leur durée incompressible (deux à trois jours en moyenne) et de la lourde organisation qu’elles supposent. Les visites officielles ou plus encore, les visites de travail, sont devenues les plus fréquentes.
</ol>
<p><br/></p>
<li><strong>Substance des relations internationales : Le monopole de la violence légitime ; l’« ultima ratio » du recours à la force ; les déséquilibres ;  les conflits ; les coopérations ; les négociations….</strong><br />
<br/><br />
Forme et substance : c’est une division classique, simple, inspirée du droit, mais qui convient à une vue d’ensemble. Nous avons vu la forme prise par les rapports entre acteurs institutionnels. Venons-en  à leur substance. De quoi sont faites les relations internationales, au fond ?<br />
<br/></p>
<ul>
<li>Une fois encore, <strong>trois plans se détachent, voire, se superposent</strong> et interagissent.</li>
<p><br/></p>
<ol>
<li>Il y a le niveau des États et des organisations internationales. C’est le plus stable des trois, le plus lent à évoluer et réagir, même s’il  s’adapte, se déforme et se reforme sous la pression du milieu, des forces en présence, des « chocs » du temps long de l’histoire… D’une certaine façon, il assure un genre de maillage de l’ensemble des relations internationales, à cette réserve près qu’il s’agit de mailles de plus en plus larges, qui ne filtrent plus, loin s’en faut, tous les grands évènements. Encore faut-il s’interroger sur la « masse critique » atteinte par ces acteurs classiques des relations internationales. Combien d’entre eux font-ils encore un tant soit peu l’Histoire du monde ? Selon un analyste américain, <strong>une « trentaine » d’États seulement, sur les 193 officiellement admis à l’ONU, disposeraient en 2012 de moyens suffisants pour être considérés comme des acteurs globaux du système, susceptibles d’avoir,  à  divers titres, un véritable impact</strong>. Quant aux organisations internationales, certaines sont peu connues, qu’elles soient très spécialisées (OACI, OMI…) ou en recherche d’un second souffle (BIT, UPU). Mais d’autres (ONU, FMI, UE…) occupent une part significative du champ des relations internationales.</li>
<p><br/></p>
<li>Il y a <strong>le niveau des organisations infra-étatiques</strong>. Certaines sont philantropiques.  Elles œuvrent   pour la paix et la stabilité, ainsi que la correction des déséquilibres les plus criants. On peut citer « Médecins sans frontières », Handicap international, Amnesty, Greenpeace etc… D’autres sont lucratives, et recherchent une échelle d’activités leur permettant de maximiser leurs profits (ou leurs actifs). On pense bien évidemment aux multinationales, mais aussi, aux banques, fonds en tous genres etc… D’autres,  enfin , sont fondamentalement nuisibles, tournées vers la déstabilisation et la lutte dite « asymétrique » (NB c’est-à-dire menée avec des moyens inégaux par rapport aux États, mais susceptibles de se glisser « sous » les moyens de défense des États et entraîner une forte déstabilisation). On pense forcément à Al Qaida, AQMI, AQPA…<br />
<br/></p>
<li>Il y a en outre, de plus en plus, <strong>le niveau des individus</strong>. L’individu consommateur, dont les choix peuvent modifier le système productif et donc, l’écologie. L’individu citoyen, que ses modes de vie rendent responsable des biens publics mondiaux. L’individu témoin, spectateur engagé, qui se passionne pour un évènement ponctuel de portée planétaire, du fait de son retentissement médiatique. L’individu solidaire, qui contribue à une cause humanitaire ou se rallie à une ONG. Voire, plus récemment, l’individu indigné, qui sous plusieurs latitudes, à New-York, Madrid, ou Tel Aviv, cherche du sens et dénonce la « société de marché ». Il est en tout état de cause de plus en plus clair que ces agrégations d’individus, d’un pays à l’autre, créent des <strong> blocs d’opinion</strong> aux contours flexibles et changeants, mais de plus en plus présents dans le débat international. Ces blocs, agrégats parfois multinationaux d’individus occupent, nourrissent, font vivre une sorte  d’« espace public international », pour reprendre la célèbre formule de Jurgen Habermas. A l’évidence, les technologies et moyens de communication modernes contribuent au phénomène de façon prépondérante (NB moyens de communication, de retransmission, mass media…).</ol>
<p><br/></p>
<li><strong>Le monde d’aujourd’hui</strong>, très ouvert, multipolaire, où aucune puissance ne domine absolument les autres, où il n’y a plus de blocs antagoniques jouant un rôle « homéostatique »,  de plus en plus libéral aussi, où la communication est permanente, <strong>est un monde qui absorbe et digère les chocs, « fabrique » aussi de l’inquiétude (il est très anxiogène) et produit des déséquilibres à répétition</strong>.
<p>Ce monde là, le nôtre, n’est plus adossé à un cadre robuste, légitimé par la guerre mondiale et le désir collectif de « dépasser » les nationalismes et l’autodestruction.  Le système international de 1945, le système « onusien » pour simplifier, peine à saisir la complexité et la densité des nouveaux types de puissances, des nouveaux rapports de force et des nouveaux enjeux globaux.</p>
<p><strong>Les déséquilibres, nombreux, qui caractérisent le monde de 2012 invitent pourtant à trouver collectivement des régulations nouvelles</strong>. Tel est l’objet du G8, du G20, des grandes Conférences sur le climat, la biodiversité, qui se tiennent dans l’orbite de l’ONU, du cycle de l’OMC etc… Pourtant, ces nouvelles régulations peinent à voir le jour, en raison de la diversité des points de vue, des oppositions d’intérêts et de la difficulté objective à bâtir des consensus planétaires sur des questions elles-mêmes planétaires. Dans le meilleur des cas, ce sont les plus petits dénominateurs communs qui vont faire office de compromis.<br />
<br/></p>
<li>De cet ensemble flou, de ce monde assez plastique, irrésolu, où pour plagier Gramsci, le monde nouveau n’a pas encore remplacé l’ancien, <strong>comment et pourquoi les États émergent-ils encore</strong> ?<br />
<br/><br />
Il y a <strong>au moins trois raisons</strong>.<br />
<br/></p>
<ol>
<li>L’un tient sans doute <strong>à la fonction même de l’ État</strong>, statuere, « dresser », « ériger », qui est de protéger les groupes humains de la destruction et du chaos. L’État assure une fonction irréductible, dans un monde hétérogène et conflictuel, très mondialisé, de réassurance, de bornage culturel, linguistique, ethnique, religieux etc… IL est un élément d’identification, un puissant fabriquant d’identité, souvent différentielle (par différence avec …) dont les individus peuvent tirer un sentiment de sécurité.</li>
<p><br/></p>
<li>La deuxième tient sans doute à la <strong>légitimité démocratique des États</strong>, pour organiser, ou prétendre organiser, les coopérations, les régulations, occuper l’espace public international. Même si certains groupements infra-étatiques leur mènent la vie dure, si certaines multinationales sont plus prospères qu’eux, si l’État-Nation n’est plus toujours regardé comme une forme politique achevée des sociétés humaines, il n’y a pas d’autre entité qui puisse se prévaloir, comme le peuvent  les États démocratiques, d’avoir été « armée », ou « missionnée » afin d’agir dans l’Histoire…<br />
<br/></p>
<li>La troisième correspond à un <strong>seuil d’intervention des États</strong> sans égal : l’État détient encore, dans les relations internationales, la majeure partie de la violence légitime, tirée de son monopole interne de ladite violence. C’est encore aux États, à eux seuls, qu’appartient «  l’ultima ratio » : la guerre et la paix. Cet état de fait a été accentué par le fait nucléaire, pendant des décennies. La question du possible dépassement du fait nucléaire n’a pas diminué les prérogatives des États, dans ce registre critique.</ol>
</ul>
<p><br/></p>
<li><strong>La dynamique des Nations, face cachée des relations internationales.</strong><br />
<br/><br />
Dans « <strong>La dynamique du capitalisme</strong> », Fernand Braudel relève notamment que les Nations suivent des mouvements longs (dans la longue durée) et connaissent des cycles qui procèdent largement de facteurs subjectifs, somme des croyances collectives et des engagements individuels. </p>
<p>Le degré de mobilisation, l’énergie des populations dictent dans une large mesure  leurs trajectoires. Ces moteurs « immatériels », qui trouvent leur source dans une sorte de direction collective, sont donc bien plus que les produits arithmétiques de facteurs physico-financiers. On ne peut pas expliquer par les seules considérations liées aux ressources naturelles, à la Production en stock ou aux avantages comparatifs l’évolution d’un pays par rapport aux autres.</p>
<p>Les moteurs d’expansion sont en effet beaucoup plus complexes et profonds, en réalité.</p>
<p>Les convictions, l’<strong>adhésion à un socle de valeurs communes, religieuses ou profanes</strong>, représentent une importante force d’entraînement. Qu’on songe à l’An mille, en Occident, où la peur millénariste avait ensuite cédé le pas à un fervent élan mystique, à l’origine d’une spectaculaire poussée,  dans plusieurs pays gagnés par une fièvre de construction faisant éclore des églises romanes, dans toute l’Europe de l’ouest.</p>
<p>La <strong>psychologie collective</strong> joue également un rôle important. Elle se traduit notamment dans la confiance en l’avenir, dans le rapport collectif entretenu par une génération donnée avec les générations précédentes et suivantes : pensons- nous vivre, faire mieux que nos prédécesseurs ? C’est sur ce point que les « pays émergents » se détachent et s’affirment de la manière la plus nette, comparés aux pays « émergés » ou encore « immergés » : ils ont une solide confiance dans leur destin, leurs réalisations présentes et à venir, leur « futur », en un mot.</p>
<p>Le <strong>rapport aux autres pays, au Monde</strong>, s’en trouve modifié. Une dynamique ascendante se traduit fréquemment par un haut degré d’ouverture, une forte aptitude à l’échange, une capacité de déploiement et son pendant, l’aptitude à l’accueil.  Une dynamique descendante s’accompagne le plus souvent, à l’inverse, de tendances au repli sur soi, au protectionnisme (si l’on écarte le « protectionnisme éducateur » de certains pays en phase de décollage), à des postures « défensives ». Une dynamique « linéaire » ou stable serait un juste milieu rarement atteint, fruit d’un important travail de réflexion des peuples sur eux-mêmes, leur permettant de tirer tout le parti possible de leur passé.</p>
<p>Dans cet ordre d’idées,<strong> les Nations, comme les individus, ont leurs pathologies</strong>, que les relations internationales mesurent et enregistrent. Les dépressions collectives, nourries par de véritables épidémies psychiques, peuvent mener au « décrochage » et au chaos. A l’opposé, les montées de fièvre nationalistes, mues par des certitudes aveugles, conduisent à une inflation porteuse de tous les périls. </p>
<p>Trop souvent, <strong>les peuples « missionnent » alors  des dirigeants pour accomplir leurs destins</strong>, qu’ils soient remarquables ou catastrophiques. Si la fierté nationale est un sentiment juste, légitime, bien tempéré, traduisant une juste satisfaction pour ce qu’on est et ce qu’on réalise ensemble, l’orgueil national peut entraîner ceux et celles qui l’éprouvent dans  la recherche de satisfactions compensatoires. Comment ne pas comprendre ainsi les terribles errements de l’Allemagne hitlérienne ? Toutes ces distorsions dans les représentations sont sources de leurres, de rêves et d’illusions : elles produisent généralement des déraillements spectaculaires</p>
</ol>
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		<title>L&#8217;inde, dans le ventre de l&#8217;éléphant</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Feb 2012 13:20:23 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Après avoir examiné, dans les très grandes lignes, le cas du dragon chinois, venons-en à l’éléphant indien, toujours avec l’objectif de chercher à mieux cerner l’émergence de ces nouveaux pôles. Autant le modèle d’expansion de la Chine, sur le plan économique et même, à présent, diplomatique, est rapide et visible au grand jour, autant le cheminement de l’Inde paraît plus lent, plus discret (timide) et moins fermement mené. Et pourtant,<p><a href="http://marc-fonbaustier.fr/2012/02/linde-dans-le-ventre-de-lelephant/" class="more-link"><span>Lire la suite</span></a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir examiné, dans les très grandes lignes, le cas du <a href="http://marc-fonbaustier.fr/2011/12/le-cas-de-la-chine-d%e2%80%99abord/">dragon chinois</a>, venons-en à <strong>l’éléphant indien</strong>, toujours avec l’objectif de chercher à mieux cerner l’émergence de ces nouveaux pôles.</p>
<p>Autant le modèle d’expansion de la Chine, sur le plan économique et même, à présent, diplomatique, est rapide et visible au grand jour, autant <strong>le cheminement de l’Inde paraît plus lent, plus discret (timide) et moins fermement mené</strong>.  Et pourtant, la dynamique indienne est à l’œuvre. Et pourtant, on commence à parler aussi de l’Inde et à la voir défendre ses intérêts. Et pourtant, l’Inde fait entendre une voix singulière, depuis son indépendance, non-alignée, courtier entre Nord et Sud, en quête d’un rang qu’elle estime lui revenir. </p>
<h2>Qu’y a –t-il dans le ventre de l’éléphant ?</h2>
<p>Il me semble, si je dois caractériser le mouvement en cours, que <strong>la lente affirmation de l’Inde sur la scène internationale n’a pas levé tous les obstacles à son insertion dans le monde</strong>.</p>
<p>Commençons par trois remarques liminaires, pour bien avoir à l’esprit  <strong>l’environnement stratégique de l’Inde</strong>, en Asie :</p>
<ul>
<li>L’Asie est un continent où les principaux pouvoirs militaires d’aujourd’hui et de demain sont en présence, en confrontation, et interagissent : la Chine, les États-Unis, l’Inde et la Russie.</li>
<li>L’Asie est également un continent pétri de zones de conflits, de tensions et comportant un large spectre de menaces (Afghanistan, Pakistan, la Péninsule coréenne, Taïwan).
<li>L’Asie est de plus en plus un bloc géopolitique, qui pèse de manière croissante sur les équilibres mondiaux et la gouvernance mondiale (G20, ONU, biens publics mondiaux, course aux armements…).</ul>
<p><br/></p>
<p><strong>L’Inde s’affirme lentement, mais sûrement, dans les relations internationales (on a parlé du «  slow rise  of India »)</strong></p>
<p>Elle cherche à se doter de certains des attributs susceptibles de lui conférer un statut de future puissance globale.</p>
<ol>
<li><strong>A-Les piliers du décollage de l’Inde</strong></h4>
<p>Il y en a notamment <strong>quatre</strong>.</p>
<ul>
<li><strong>L’économie</strong>, bien sûr. Avec une croissance très soutenue, presque pas affectée par la crise de 2008, l’Inde devrait grimper rapidement dans la hiérarchie mondiale, passant de la 11ème à la 6ème place d’ici à 2016.</li>
<li><strong>la démographie</strong> : l’Inde aura une population plus importante que la Chine en 2025, non seulement dans l’absolu, mais également en termes de potentiel de productivité de sa population active.
<li><strong>les forces armées</strong> : puissance nucléaire depuis 1974, l’Inde est au 9ème rang mondial en termes de dépenses militaires, avec une très forte augmentation de son budget de défense (+8,4%, et 27 milliards d’euros pour l’année fiscal 2011-2012).
<li><strong>la dynamique des Nations</strong> (chère à Fernand Braudel) est un point à la fois inquantifiable et extrêmement palpable, quand on réside dans ce pays.  Les Indiens sont tout simplement confiants dans leur avenir collectif. Ils sont convaincus que leurs vies s’amélioreront sans cesse. Cette conviction d’un « avenir brillant » et le sentiment que le temps joue pour l’Inde, que l’avenir de l’Inde est en quelque sorte « protégé », font partie de l’affirmation du pays.</ul>
<p><br/></p>
<li><strong>Les manifestations du décollage de l’Inde sont multiples.</strong><br />
A la suite des nombreux changements découlant de la nouvelle politique économique lancée en 1991 par Manmohan Singh, alors Ministre des Finances et de l’Économie, et de l’effondrement de leur allié historique, l’URSS, les autorités indiennes ont reformulé leur politique étrangère, en promouvant de nouvelles approches sans renoncer à leurs partenaires traditionnels (G77, Russie…).</p>
<ol>
<li>L’Inde a avant tout recherché activement la stabilité, afin de poursuivre sa croissance, à différents niveaux :</li>
<ul>
<li>dans sa relations bilatérale avec le Pakistan, en dépit des attentats de Bombay de novembre 2008, même si cette relation demeure fragile, bien que les Premier ministres des deux pays se soient rencontrés en mars 2011 ;</li>
<li>dans son environnement régional, assez mouvant, qui tend à fixer une grande partie des capacités diplomatiques de l’Inde : avec le Sri-Lanka, le Bangladesh, le Népal, la Birmanie…
<li>dans sa quête de « sécurisation » des achats énergétiques, qui sous-tend une grande partie des choix de la politique étrangère indienne (liens avec les États du golfe et certains Etats africains…).</ul>
<p><br/></p>
<li>En outre, le Gouvernement de New-Delhi ambitionne d’acquérir un statut politique international conforme à la nouvelle orbite suivie par l’économie de l’Inde.</ul>
<p>Il a trois objectifs cardinaux à cet égard :</p>
<ul>
<li>Entretenir une relation de proximité croissante avec les États-Unis, avec un but double : a) combler un fossé dans les alliances régionales, les Indiens se percevant comme quelque peu isolés ; b) obtenir une reconnaissance par Washington, soir la seule superpuissance contemporaine, et ce faisant, accéder à un nouveau statut ;</li>
<li>Ancrer l’Inde en Asie orientale, force motrice de la croissance en Asie, dans le cadre de la « Look East policy » lancée dans les années 1990 (renforcement des relations avec le Japon ; relations plus paisibles avec la Chine ; expansion des relations, économiques en particulier, avec les autres États d’Asie du Sud-Est ; et avec les organisations régionales telles que l’ASEAN) ;
<li>Renforcer l’influence de l’Inde au sein des Nations-Unies (par l’obtention d’un statut de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations-Unies) , au sein du G20 et des autres organisations pertinentes en charge de la régulation commerciale et financière.</ul>
</ol>
<p>Cette <strong>montée en puissance de l’Inde</strong>, qui est à présent clairement entrée dans les radars des occidentaux, <strong>n’a pas pour autant levé tous les obstacles à son insertion mondiale</strong>.</p>
<li><strong>Des questions demeurent, concernant la capacité de l’Inde à confirmer  son nouveau statut.</strong>
<p>Pour <strong>trois raisons</strong> au moins.</p>
<ol>
<li>La <strong>pauvreté durable</strong> qui prévaut dans tout le pays tend à polariser l’agenda politique sur les problèmes domestiques (sécurité alimentaire, infrastructures…) et entretient un malaise social, susceptible de retentir sur la sécurité du pays (ex : mouvement terroriste naxalite).</li>
<li>L’<strong>administration de l’Inde</strong> est un point faible: coordination insuffisante entre les Ministères; efficacité insuffisante des forces de sécurité; corruption à grande échelle; réseau diplomatique et effectifs du Ministère des affaires étrangères en-dessous du seuil requis.
<li>De ce fait, la <strong>diplomatie indienne  est  presque exclusivement réactive</strong>, pour ne pas dire jamais en initiative. A l’exception de son voisinage immédiat, la diplomatie indienne n’est pratiquement jamais perçue comme une force motrice, et semble toujours extrêmement influencée par l’esprit du groupe des 77 (pays non alignés).</ol>
<p><br/></p>
<li><strong>La relation triangulaire entre l’Inde, la Chine et les États-Unis confirme que New-Delhi n’a pas complètement fixé la position de l’Inde dans ce contexte stratégique.</strong>
<p>A cet égard, un jeu de pouvoirs subtil  est à l’œuvre  en Asie, qui rend la position de l’Inde très inconfortable à moyen terme.</p>
<ol>
<li><strong>L’Accord sur  la coopération nucléaire civile avec les États-Unis, signé en 2008</strong> et le soutien à l’exportation de matériaux nucléaires  font de  l’Inde, en tant qu’État détenteur du feu nucléaire et non-signataire du Traité sur la non-prolifération,  une spectaculaire exception à la politique américaine, qui souligne <strong>l’importance stratégique de l’Inde dans la région aux yeux de Washington</strong>.</li>
<li>En retour, la <strong>Chine, qui prétend  protéger  une  zone  élargie  “d’intérêts essentiels”  dans la région</strong>, a récemment renforcé sa coopération avec le Pakistan, notamment dans le domaine des activités nucléaires civiles.
<li>Les <strong>États-Unis ont confirmé que l’axe Washington-Pékin jouait un rôle-pivot</strong> dans les affaires mondiales, comme l’a montré la visite d’État du Président Hu Jintao à Washington (en janvier 2011).</ol>
<p>Dès lors, <strong>New-Delhi devra intensifier ses relations avec les États-Unis et avec la Chine</strong>, pour pouvoir  disposer de leviers politiques et économiques lui permettant  d’éviter l’impact négatif  soit d’une coopération trop étroite entre Pékin et Washington, soit des conflits potentiels entre ces deux pays. </p>
<p><br/></p>
<li><strong>Trois défis principaux pointent à l’horizon, qui seront  déterminants pour l’avenir de l’Inde.</strong>
<ol>
<li>Priorité absolue, en tête de liste: le <strong>décollage de “l’Inde réelle”</strong>, de l’Inde des pauvres et des miséreux, cette grande majorité de la population qui survit encore avec moins de deux dollars par jour. </li>
<li>Priorité numéro 2: comment <strong>stabiliser la situation dans le voisinage immédiat</strong> (Pakistan/Afghanistan/Sri Lanka/Chine/Bangladesh) sans consacrer toutes ses forces exclusivement aux  opérations régionales?
<li>Priorité numéro 3: l’Inde doit <strong>devenir chef de file sur certaines questions mondiales</strong>, et ne pas apparaître simplement comme une puissance “timide”  ou “introvertie”, ou encore réactive, capable seulement de faire obstacle à des projets ou actions conjointes qui déplaisent à ses dirigeants…</ol>
<p><br/></p>
<li><strong>Commentaire<br />
</strong><br />
L’Inde est de plus en plus perçue comme une puissance significative dans le monde d’aujourd’hui, bien qu’elle n’apparaisse pas aussi impressionnante et irrésistible que la Chine. Cela prendra du temps, sans doute plus que dans le cas chinois, d’accéder à un statut international. La montée de l’Inde sera plus lente, mais sous-tendue par des dynamiques Lourdes. Les <strong>régulations internes du système Indien</strong>, avec la démocratie, la liberté d’expression, les droits individuels et une classe moderne d’entrepreneurs bien formés,  l’anglais parlé sur tout le territoire etc…seront des <strong>atouts maîtres pour les décennies à venir</strong>.</p>
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		<title>Le G2 américano-chinois</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 13:14:11 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Je voudrais aborder, dans le sillage des développements consacrés aux pays émergents, en particulier la Chine et à l’Inde, un sujet qui a été largement commenté, celui d’un soi-disant G2 américano-chinois. Par G2, les observateurs ont voulu parler d’une sorte de co-pilotage des affaires mondiales par la superpuissance actuelle, les États-Unis, et la puissance montante, la Chine. Je crois qu’il faut séparer, sur cette question, le mythe et la réalité,<p><a href="http://marc-fonbaustier.fr/2012/01/le-g2-americano-chinois-2/" class="more-link"><span>Lire la suite</span></a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Je voudrais aborder, dans le sillage des développements consacrés aux pays émergents, en particulier la Chine et à l’Inde, un sujet qui a été largement commenté, celui d’un soi-disant G2 américano-chinois.  Par G2, les observateurs ont voulu parler d’une sorte de co-pilotage des affaires mondiales par la superpuissance actuelle, les États-Unis, et la puissance montante, la Chine.</strong></p>
<p>Je crois qu’il faut séparer, sur cette question, le mythe et la réalité, ou plutôt, les réalités qu’il recouvre.</p>
<ol>
<li><strong>Le rapprochement  des États-Unis et de la Chine, que traduit ce concept de G2, était, à bien des égards, inéluctable.</strong></p>
<ol>
<li>Plusieurs facteurs pèsent en effet en faveur d’une <strong>relation plus étroite entre les États-Unis et la Chine</strong> :</p>
<ul>
<li>La look east policy de l’Administration américaine n’est pas nouvelle ;</li>
<li>au sein de l’ensemble asiatique, la Chine s’affirme comme la <strong>nouvelle grande puissance à visées globales</strong> ;
<li>les besoins de la Chine et les marchés qu’elle représente suscitent un fort <strong>tropisme des entreprises américaines</strong> ;
<li>La <strong>dette américaine</strong> est très largement financée par le Gouvernement de la République Populaire de Chine ;
<li>Des <strong>connivences sont apparues entre américains et chinois</strong> sur certains grands dossiers internationaux : cf l’environnement et le climat, qui ne sont une priorité pour aucun des deux pays. cf la régulation financière internationale, où convergent finalement le «  laisser faire » américain avec  les réticences chinoises à traiter de problèmes attribuées aux dérives du capitalisme libéral occidental.
<li>Les deux pays  ont une <strong>perception mutuelle qu’ils ont besoin l’un de l’autre</strong>. Tous deux sont  trop grands pour être dominés.  Tous  deux  sont trop “spéciaux” pour changer radicalement.  Tous deux ont trop besoin l’un de l’autre  pour se permettre de s’isoler.
<li>En règle générale, les  États-Unis  et la Chine perçoivent  que  leurs intérêts  se recoupent dans suffisamment de secteurs  pour conférer un sens croissant à leur partenariat.</ul>
<p><br/></p>
<li>A ces facteurs s’ajoute la <strong>logique de puissance</strong> :
<ul>
<li>Les États-Unis sont une <strong>superpuissance en quête de partenaires/rivaux,</strong> depuis la dislocation du bloc soviétique</li>
<li><strong>La puissance a horreur du vide</strong> : la montée de la Chine fait donc pièce au « monopole » américain
<li>Il s’est produit un <strong>changement dans les priorités américaines après les attentats du 11 septembre 2001</strong>, en faveur de la lutte contre le terrorisme. L’attaque contre les tours jumelles a conduit à des coopérations renforcées entre les deux pays, élargissant le champ des actions conjointes menées par  Washington et Pékin, conduisant les deux pays à redéfinir un rôle central pour la Chine dans les affaires régionales et mondiales. La quête chinoise d’un partenariat équilibré n’était plus, dans ces conditions, une revendication outrancière émanant d’un pays vulnérable. Mais de plus en plus, une réalité, étayée par des capacités économiques et financières.
<li><strong>La Chine a recherché l’adoubement des États-Unis</strong> pour accéder à son statut actuel : l’accession au statut de grande puissance passe par un dialogue privilégié avec Washington
<li>Les deux États ont des <strong>intérêts stratégiques parfois convergents</strong> et une tendance à se reconnaître mutuellement (« effet de miroir » des très grandes puissances). Face à la Russie, voire l’Inde et même, peut-être, le Japon.
<li>On observe une <strong>capacité de blocage des chinois</strong> dans certaines enceintes auxquelles les Etats-Unis prennent une part active (ONU, G20).</ul>
</ol>
<p><br/></p>
<li><strong>Ce mouvement de rapprochement, de convergences, n’a pas  débouché sur un véritable condominium américano-chinois. Pourquoi ?</strong>
<p>J’y vois <strong>trois raisons majeures</strong>.</p>
<ol>
<li><strong>D’une part, parce que <strong>les bases de ces deux États et leurs visions du monde sont très éloignées l’une de l’autre</strong>.  Les États-Unis et la Chine n’ont pas une conception commune de l’ordre international. Il y a plusieurs raisons profondes à cela.</strong></p>
<ul>
<li>Les États-Unis sont une puissance démocratique, imprégnés de la culture du droit et attachés aux droits de l’homme. Pas la Chine.  Sur certains sujets, tels la gouvernance interne, leurs buts ultimes sont tout simplement incompatibles. Aucune des deux puissances ne tient pour acquis que l’autre partage la totalité de ses objectifs.</li>
<li>Les États-Unis oscillent entre isolationnisme, angélisme et interventionnisme. La Chine s’en tient assez strictement à la défense et à la consolidation de ses intérêts.
<li>Les États-Unis ont une politique extérieure extravertie. Ils n’hésitent pas, au nom de certains principes et du rôle de garant/gardien dont ils se sentent investis, à intervenir militairement hors de leurs frontières. Les Chinois ont une politique extérieure introvertie, prudente, et placée sous le sceau du pacifisme (dans le discours au moins).
<li>Le déploiement de la puissance américaine est mondial. Celui de la Chine reste principalement régional, même si l’on observe une tendance expansive à cet égard (cf présence militaire et mesures chinoises contre la piraterie au large des côtes somaliennes).</ul>
<p><br/></p>
<li><strong>D’autre part parce que les divergences de vues et conflits d’intérêts entre Chine et États-Unis sont légions :</strong>
<ul>
<li>Divergences sur les taux de change et la gestion de la monnaie (cf debats lors des différents Sommets du G20 à propos du « <em>Framework for a strong, sustainable and balanced global growth</em> ») ;</li>
<li>Divergences sur les causes des déséquilibres commerciaux (notamment dans le commerce bilatéral) et les moyens d’y remédier ;
<li>Divergences sur l’ordre social, le rôle des partis politiques, des médias, la place de l’individu dans la société etc…
<li>Divergences sur certaines crises : Iran, Syrie etc…et sur le Tibet
<li>Conflits d’intérêts dans l’accès à certains marchés, le degré d’ouverture respective des deux économies, la protection des droits de propriété intellectuelle.
<li>A terme prévisible : concurrence probable pour l’accès à certaines ressources naturelles (énergétiques, minerais etc…).</ul>
<p><br/></p>
<li><strong>Et enfin parce que les autres acteurs du système international ne veulent pas entendre parler d’un tel condominium, qui s’apparenterait à un grand Empire bicéphale.</strong>
<ul>
<li>Un condominium supposerait l’absence de puissances tierces, un désir de domination partagé et un champ d’intervention dénué d’obstacles sérieux.</li>
<li>Or le monde du 3ème millénaire est de plus en plus polycentrique et incontrôlable.
<li>L’Union européenne, les grands émergents, certains pays « irréductibles » (Iran) entendent également peser sur le cours de l’histoire.</ul>
</ol>
<p><br/></p>
<li><strong>Quoi conclure, sur ce prétendu  G2?</strong></li>
<p><br/></p>
<ol>
<li>En réalité,<strong> deux tendances lourdes ont vu le jour, en directions contraires</strong>.  Sur de nombreux sujets, la relation  États-Unis/Chine s’est apaisée, évoluant dans le sens de la <strong>coopération</strong>. Dans  le même temps, néanmoins, <strong>des différences profondément  enracinées dans l’histoire et les orientations stratégiques sont apparues</strong>. Les questions économiques et commerciales, la prolifération des armes de destruction massive en sont deux bons exemples.</li>
<ul>
<li>la <strong>non-prolifération en Corée du Nord</strong>: pour les américains, un État voyou doit être puni; pour la Chine, la Corée du nord est un allié potentiel, autant qu’un acteur du rééquilibrage des forces en Asie. </li>
<li><strong>en matière économique</strong>, autre illustration, il y a deux concepts différents qui sous-tendent les politiques cambiaires respectives des deux Parties. Pour Washington, le bas niveau du yuan est traité comme une manipulation du taux de change, destinée à favoriser les entreprises chinoises et portant  atteinte aux intérêts des entreprises américaines. Pour Pékin, une politique de change qui soutient les producteurs domestiques n’est pas tant une politique économique que l’expression d’un besoin chinois de stabilité politique. </ul>
<p><br/></p>
<li>Au total, les États-Unis et la Chine ont de plus en plus à dialoguer, s’accorder, s’entendre, en raison d’une <strong>association d’intérêts bien compris et d’une connivence nouvelle adossée aux responsabilités qu’implique leur statut de « grande puissance »</strong>. Pour autant, ils auront grand peine à harmoniser véritablement leurs positions sur le commerce, la monnaie, la politique à suivre dans certaines crises et à l’égard de certains pays etc… Et plus encore, à mettre entre parenthèses les profondes différences qui caractérisent leurs systèmes politiques et leurs organisations sociales. <strong>On voit ainsi naître, entre Washington et Pékin, plutôt que le condominium annoncé hâtivement, une sorte « d’équilibre de la terreur économique et monétaire »</strong> (cf article Joseph Nye in  « the great debate »).
<p><br/></p>
<li>Pour prendre acte de ces mouvements contradictoires, les <strong>procédures de consultations extensives</strong> ont été renforcées en janvier 2011. Dai Binggao, Conseiller d’État chargé de la politique étrangère, est le principal artisan de cette étape nouvelle côté chinois. La question-clé, en l’espèce, est bien d’<strong>évoluer de la gestion de crise à la définition d’objectifs communs, de la résolution de controverses stratégiques à leur prévention</strong>. Est-il possible de parvenir à un partenariat dénué d’arrière –pensées, à un ordre mondial fondé sur la coopération? La Chine et les États-Unis peuvent-ils développer une véritable confiance stratégique?  Ce sera un enjeu crucial pour la prochaine décennie…
</ol>
</ol>
<table>
<tr>
<td><a href="http://marc-fonbaustier.fr/2012/01/us-china-g2/"><img src="http://marc-fonbaustier.fr/wp-content/uploads/2011/09/en.png" alt="drapeau fr" title="Article in english" width="32" height="32" class="alignleft size-full wp-image-722" /><br/>The US-China G2</a></table>
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		<title>The US-China G2</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 08:05:42 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[In light of developments in emerging countries, particularly in China and India, a subject which has been widely reported, I would like to address a so-called US-China G2. The concept of G2 proposed a kind of co-piloting of world affairs by the current superpower, the United States, and the rising power, China. I think we should separate the myth and reality within this issue by going over the realities G2<p><a href="http://marc-fonbaustier.fr/2012/01/us-china-g2/" class="more-link"><span>Lire la suite</span></a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>In light of developments in emerging countries, particularly in China and India, a subject which has been widely reported, I would like to address a so-called US-China G2. The concept of G2 proposed a kind of co-piloting of world affairs by the current superpower, the United States, and the rising power, China.</strong></p>
<p>I think we should separate the myth and reality within this issue by going over the realities G2 covers.</p>
<ol>
<li><strong>The reconciliation of the United States and China, reflected by the G2 concept, was, in many ways, inevitable.</strong>    </p>
<ol>
<li>Several factors favor a <strong>relationship between the United States and China:</strong></p>
<ul>
<li>The Look East policy of the American administration is not new.</li>
<li>Within Asia, China is emerging as a <strong>new great world power.</strong>
<li>The needs of China and the market it represents elicit a strong <strong>tropism of US companies</strong>.
<li>The<strong> US debt</strong> is largely financed by the government of the People’s Republic of China.
<li><strong>Connivance appeared between Americans and Chinese</strong> on some major international issues: refer to the environment and climate which are a priority for both countries, and their international financial regulation, which ultimately converges on American “laissez-faire” and Chinese reluctance in dealing with problems attributed to the excesses of Western liberal capitalism.
<li>The two countries also have a <strong>mutual perception that they need from one another</strong>. Both of the two countries are too big to be dominated, and both are too “special” to change radically. Furthermore, both countries need each other too much to allow themselves to be isolated from one another.
<li>Overall, the United States and China see that their interests overlap in enough areas to give meaning to their growing partnership.</ul>
<p><br/></p>
<li><strong>These factors add to the logic of power:</strong>
<ul>
<li>The US is a <strong>superpower that has been seeking partners/rivals since the breakup of the Soviet bloc.</strong></li>
<li><strong>Power dislikes emptiness:</strong> thus the rise of China plays a part in an American “monopoly.”
<li><strong>Since the September 11, 2001 attacks, a change in American priorities was made towards fighting against terrorism.</strong> The attack on the twin towers led to closer cooperation between the two countries, expanding the scope of joint actions by Washington and Beijing. This led the two countries towards redefining a central role for China in regional and global affairs. The Chinese quest for a balanced partnership was no longer, under these conditions, an outrageous claim by a vulnerable country, but a fact which was increasingly supported by economic and financial capacity.
<li><strong>China sought the support of the United States to reach its current status:</strong> the rise to a status of great power through a close connection with Washington.
<li><strong>Both states sometimes have converging strategic interests</strong> and tend to recognize  each other (“mirror effect” for great powers; against Russia, even India, and perhaps concerning Japan as well)
<li>We can observe the US takes a part in a <strong>blocking capacity of certain Chinese</strong> speakers (ONG, G20).</ul>
</ol>
<p><br/></p>
<li><strong>Despite an approach movement of convergences, there hasn’t been any creation of a real US-China political territory where the two countries could share equal dominium. Why?</strong>
<p>I personally see <strong>three major reasons.</strong></p>
<ol>
<li><strong>First of all, because<strong> the bases of these two states and their world views are so different from one another</strong>, the United States and China do not have a common understanding of international order. There are several reasons for this:</strong>	</p>
<ul>
<li>The United States, as opposed to China, is a democratic power, steeped in the culture of law and committed to human rights. On some subjects, such as internal governance, their ultimate goals are simply incompatible. Neither power assumes that the other shares all of its objectives.</li>
<li>The United States ranges between isolationism, angel-ism, and interventionism. Whereas China adheres quite strictly to the defense and consolidation of its interest.
<li>The US has an extroverted foreign policy. They do not hesitate, under certain principles and under the guardian role they feel invested in, to use military intervention outside their borders. However, the Chinese have a more introverted foreign policy, which is more prudent and under the seal of pacifism (at least in discourse).
<li>The deployment of American power is global, but that of China is mainly regional, even though there’s an expanding trend in this area (refer to military presence and Chinese measures against piracy in Somalia).</ul>
<p><br/></p>
<li><strong>The widespread differences and conflicts of interest between China and the United States are other reasons why there are no current political territories for the two countries to exercise joint-sovereignty:</strong>
<ul>
<li>Differences in exchange rates and currency management (refer to discussions at the various G20 summits about the “framework for a strong, sustainable and balanced global growth).</li>
<li>Differences in the cause of trade imbalances (particularly in bilateral trade) and how they are addressed.
<li>Differences in social order, the role of political parties, media, and the place of the individual in society etc.
<li>Differences with certain crises (refer to crises with Iran, Syria and Tibet)
<li>Conflicts of interest with access to certain markets, the openness of the two respective economies, and protection of intellectual property rights.
<li>Ultimately: the likelihood of competition for access to natural resources (energy, minerals etc).</ul>
<p><br/></p>
<li><strong>And finally, because the other players in the international system wouldn’t want to hear of such a shared territory, which would resemble a large two-headed empire, there has not yet been a real US-China territory of joint-sovereignty.</strong>
<ul>
<li>This type of territory implies the absence of third powers and a shared desire to dominate a field of intervention without serious obstacles.</li>
<li>Yet the world of the 3rd millennium is increasingly poly-centric and uncontrollable
<li>The European Union, the major emerging countries, and certain “irreducible” countries (Iran) also intend to influence the course of history.</ul>
</ol>
<p><br/></p>
<li><strong>What is the conclusion on the supposed G2?</strong></li>
<p><br/></p>
<ol>
<li>In reality, <strong>two trends have emerged in opposite directions.</strong> On many respects, the relationship between the US and China has died down, moving in the direction of <strong>cooperation</strong>. At the same time however, <strong>deeply rooted differences in history and strategic directions have emerged.</strong> The economic and trade issues and the proliferation of weapons of mass destruction are two good examples.</li>
<ul>
<li><strong>Non-proliferation in North Korea</strong>: for Americans, a rogue state must be punished; for China, North Korea is a potential ally towards re-balancing forces in Asia.</li>
<li><strong>In economic terms,</strong> there are two different concepts underlying the policies on monetary changes respective to both parties. For Washington, the low level of the yuan is treated as a manipulation in exchange rates, designed to favor Chinese companies and adversely affect US companies. For Beijing, a foreign exchange policy that supports domestic producers is not really an economic policy that the Chinese feel they need for political stability.</ul>
<p><br/></p>
<li>In total, the United States and China have more to discuss, to agree on, and to hear due to a <strong>combination of best interests, and a new league backed with responsibilities<br />
involving their status of “great power.”</strong> However, they will have difficulties truly harmonizing their positions on trade, currency policy, and politics to follow in certain crises and in respect of certain countries etc. Furthermore, they will have difficulties trying to put together the profound differences which characterize their political systems and social organizations. <strong>Thus, instead of a hastily announced political territory where the two countries would share equal dominium, we see the creation of a kind of “balance of terror on economic and monetary affairs” between Washington and Beijing</strong> (see article by Joseph Nye in “the great debate”). </p>
<p><br/></p>
<li>To take note of these contradictory movements, <strong>extensive consultation procedures</strong> have been strengthened in January 2011. Dai Binggao, State Councillor in charge of foreign policy, is the principal architect of this new step relating to the Chinese. The key question in this case is to <strong>evolve from crisis management to the definition of common objectives, by moving towards the prevention of controversies with strategic resolution.</strong> Is it possible to achieve a partnership devoid of ulterior motives, to an international order based on cooperation? Can China and the United States develop true strategic trust? These questions will all become crucial issues throughout the next decade.
</ol>
</ol>
<table>
<tr>
<td><a href="http://marc-fonbaustier.fr/2012/01/le-g2-americano-chinois-2/"><img src="http://marc-fonbaustier.fr/wp-content/uploads/2011/09/fr.png" alt="flag en" title="Article en français" width="32" height="32" class="alignleft size-full wp-image-721" /><br/>Le G2 américano-chinois</a></table>
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		<title>Le cas chinois</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Dec 2011 13:09:29 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[J’aborderai successivement les fondements de la puissance chinoise, ses manifestations et ses limites. L’idée centrale est assez simple au fond : l’influence croissante de la République populaire de Chine dans le monde, incontestable, n’a pas pour autant écarté toutes les faiblesses de l’expansion chinoise. Tout démontre l’influence croissante de la République populaire de Chine dans le monde. La Chine est de plus en plus perçue comme un acteur majeur des<p><a href="http://marc-fonbaustier.fr/2011/12/le-cas-chinois/" class="more-link"><span>Lire la suite</span></a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’aborderai successivement les <strong>fondements de la puissance chinoise</strong>, ses <strong>manifestations</strong> et ses limites. L’idée centrale est assez simple au fond : l’influence croissante de la République populaire de Chine dans le monde, incontestable, n’a pas pour autant écarté toutes les faiblesses de l’expansion chinoise.</p>
<ol>
<li><strong>Tout démontre l’influence croissante de la République populaire de Chine dans le monde.</strong></li>
<p><br/><br />
La Chine est de plus en plus perçue comme un <strong>acteur majeur des relations internationales</strong> contemporaines et comme une <strong>puissance globale potentielle</strong>, à défaut d’être actuelle.<br />
Cette perception est le produit de <strong>quatre tendances lourdes</strong> (« <em>trends</em> »).</p>
<ol>
<li><strong>En premier lieu, la Chine possède les principales caractéristiques d’une vraie puissance.</strong></li>
<ol>
<li>Son <strong>poids</strong> est, à plusieurs égards, à la fois massif et indépassable. Elle a un vaste territoire (9,5 millions de km2), une gigantesque population (1341 millions d’habitants), d’importantes ressources naturelles (en particulier des métaux rares, qui forment les composants essentiels des hautes technologies).</li>
<li>La Chine est par ailleurs engagée dans la <strong>constitution de capacités militaires robustes</strong>.  Puissance nucléaire depuis 1964, elle s’appuie sur une force navale en croissance rapide et sur une force aérienne en expansion. Il subsiste cependant un « écart technologique » avec les puissances occidentales, tout particulièrement avec les États-Unis.
<li><strong>Membre permanent du Conseil de sécurité des Nations-Unies</strong>, la Chine a accru au cours de ces dernières années son <strong>engagement dans les opérations de maintien de la paix</strong>, à telle enseigne que plus de 2000 soldats chinois servent actuellement sous bannière onusienne.  Depuis 1989, Pékin a engagé plus de 10 000 casques bleus au titre de 22 opérations de maintien de la paix dans toutes les régions du monde (Cambodge, RDC, Libéria, Soudan, Liban, Haïti…).
<li>Dans le cadre de la <strong>lutte contre la piraterie maritime dans le golfe d’Aden</strong>, la Chine a décidé, en décembre 2008, d’envoyer des navires de guerre près des côtes somaliennes, une telle mission en-dehors des eaux territoriales chinoises constituant une rupture majeure dans l’histoire de ce pays. La RPC est donc très  impliquée,  à présent,  dans l’action internationale menée contre la piraterie  dans la région.
</ol>
</ol>
<p><br/></p>
<li><strong>la Chine est de plus en plus impliquée dans les équilibres mondiaux.</strong><br />
<br/></p>
<ol>
<li><strong>L’économie chinoise  a un impact grandissant sur les principales activités humaines</strong> : économiques, monétaires, énergétiques, climatiques etc&#8230; mais Pékin est en quête d’un nouveau statut : celui d’une <strong>puissance responsable</strong>, à-travers de nouveaux concepts tels que le « développement pacifique » et le « monde harmonieux ». Ce faisant, le pays est de plus en plus intégré dans les enceintes et mécanismes multilatéraux.</li>
<p><br/></p>
<li>Le <strong>poids de la Chine</strong>, dont le PNB a atteint 5700 milliards de dollars en 2010, dépassant celui du Japon,  dont la capacité d’exportation se situe au premier rang mondial, devant l’Allemagne,  et dont les réserves monétaires s’élèvent à plus de 2600 milliards de dollars, lui confère un <strong>rôle clé dans toutes les discussions sérieuses sur les grands défis de notre temps</strong>. Si vous voulez parler  de la crise financière, des déficits commerciaux, de l’OMC, du changement climatique, de la biodiversité, <strong>vous devez parler à Pékin</strong>. Par suite, le profil de la Chine s’affirme dans tous les forums internationaux qui traitent de ces questions : <strong>G20, négociations « climat », débats sur la réforme de la gouvernance mondiale</strong> (FMI, Banque mondiale…). Tout indique le rôle grandissant de la Chine…<br />
<br/></p>
<li><strong>En troisième lieu, la Chine a aujourd’hui une projection internationale réellement démultipliée.</strong>
<p>C’est la <strong>troisième tendance de fond</strong>, qui sous-tend le déploiement chinois.</p>
<ol>
<li>Pékin a construit une remarquable “<strong>diplomatie économique</strong>”. Cette diplomatie a ciblé les relations avec les pays qui peuvent procurer des débouchés aux exportations chinoises ou sont disposés à vendre des ressources naturelles à la Chine (NB la Chine utilise 70% de la production mondiale d’acier). Elle consiste également à renforcer les liens avec les économies les plus avancées (États-Unis, Union européenne, Japon…) qui achètent à la Chine,  lui apportent technologies et capitaux et en retour, ont de nombreux actifs ou de nombreuses multinationales achetés par la Chine. La Chine est également membre de l’OMC depuis 2001, poussant fortement en faveur du libre-échange. Enfin, Pékin a élaboré un réseau aussi cohérent qu’impressionnant à l’étranger, chargé de la promotion de ses intérêts commerciaux. La Chine a également institué un Fonds souverain en 2007, appelé « Société chinoise d’Investissement ».</li>
<li>Pékin a également bâti une « <strong>diplomatie pétrolière</strong> » active, devenant le deuxième importateur mondial en 2004. La haute priorité consiste à sécuriser ses importations, afin de « nourrir » l’usine du monde. L’axe fondamental est de diversifier les fournisseurs : d’où le besoin de se rapprocher de la Russie ; l’Asie centrale (Kazakhstan) ; l’Afrique (Angola, Soudan, Algérie, Nigéria, RDC…) et l’Amérique du Sud (Brésil, Argentine, Vénézuela, Mexique…). China national Petroleum Corporation, China National Off-Shore Oil  company, Petrochina, Sinopec  se sont imposés progressivement  comme des acteurs majeurs dans leurs champs d’activité respectifs.
<li>La Chine est de plus en plus engagée dans la « diplomatie d’influence ». Cela se vérifie à plusieurs signes : la croissance des médias chinois à l’étranger ; l’expansion du réseau des Instituts Confucius ; et plus nettement encore, les Jeux olympiques de Pékin de 2008 et l’exposition universelle de Shanghai de 2010.
<li><strong>Pékin conforte  sa place dans  les organisations internationales</strong>. Il y a de plus en plus de diplomates chinois talentueux, parlant les langues étrangères, aux Nations-Unies, à l’OMC, dans les institutions financières internationales etc&#8230; Ils s’y montrent de plus en plus actifs, poussant de façon résolue les intérêts chinois. Dans le même esprit, la Chine évolue d’un profil plutôt bas initialement, au sein du Conseil de sécurité, vers une position beaucoup plus engagée sur de nombreux dossiers (NB usage plus fréquent du veto, comme récemment sur la Birmanie et le Zimbabwé).
</ol>
</ol>
<p><br/></p>
<li><strong>Les faiblesses de la Chine</strong></a><br />
<br/><br />
L’influence croissante de la République populaire de Chine dans le monde n’est donc pas contestable. </p>
<p>Elle se confirme jour après jour. Pour autant, cette spectaculaire percée n’a pas écarté toutes les faiblesses de la puissance chinoise : l’ascension de la Chine  ne se traduira pas forcément pas un ascendant général et absolu.</p>
<p>Les faiblesses du modèle, de l’archétype chinois sont de trois ordres : les unes tiennent aux caractéristiques historiques de la voie suivie par Pékin ; les autres aux fragilités intrinsèques des piliers de la puissance chinoise ; les dernières aux différentes formes de contestation externes, régionales et mondiales, du déploiement de la Chine.</p>
<ol>
<li><strong>Des failles  dans le modèle historique.</strong></li>
<ul>
<li>le modèle chinois vient à peine d’être reconnu, qu’il fait déjà l’objet de débats et de critiques. Il y a des <strong>tensions grandissantes entre une société chinoise de plus en plus libérale et un système politique qui paraît encore très conservateur.</strong> </li>
<li>Le modèle  économique,  si  puissant jusqu’à présent, était très tourné vers les exportations. Mais la crise financière 2008, qui a littéralement  asséché ou fortement réduit des marchés traditionnels, a complètement modifié la perception de la Chine. Le pays a opéré une réorientation radicale, toujours en cours, vers un modèle beaucoup plus fondé sur la demande intérieure. <strong>Mais la transition entre un schéma de croissance tiré par la demande externe et un schéma tiré par les consommateurs chinois prendra nécessairement du temps.</strong>
<li>Enfin et peut-être surtout, <strong>la population vieillissante va rapidement devenir un problème collectif</strong>. De nombreux observateurs prétendent que la Chine est  engagée dans une course pour devenir une “grande puissance” et un “pays harmonieux”  avant qu’il ne soit trop tard, avant qu’elle ne soit devenue trop vieille&#8230;</ul>
<p><br/></p>
<li><strong>Une puissance dont les fondements comportent des fragilités.</strong>
<ul>
<li>D’une part, <strong>le modèle chinois est extrêmement auto centré</strong>, ce qui n’est pas la meilleure attitude  pour gérer les affaires mondiales. Ainsi, la doctrine chinoise des « intérêts vitaux” énonce trois catégories: la stabilité politique et sociale; la défense de la sécurité et de l’intégrité territoriale du pays ; le soutien à son développement économique.  Tous ces objectifs tournent exclusivement autour de la Chine elle-même.</li>
<li>D’autre part, la Chine est obsédée par <strong>son retour en première ligne des relations internationales</strong>. Ce long processus, devant conduire à « combler l’écart » et « dépasser » les pays occidentaux, est<strong> sans cesse évalué à-travers une comparaison  permanente avec La puissance par excellence, du point de vue de Pékin : les États-Unis</strong>. Ainsi, la Chine s’est fermement battue pour obtenir la reconnaissance de son statut par Washington.  Cela révèle un certain manque de confiance en soi de la part des dirigeants chinois.
<li>Troisièmement, la Chine est en même temps obsédée  par <strong>sa crainte d’un isolement</strong> par les États-Unis, par le jeu d’un système d’alliances stratégiques bilatérales entre les États-Unis et le Japon,  ainsi qu’entre les États-Unis et l’Inde. L’Organisation pour la Coopération de Shanghai, lancée par Pékin en 2001, aux côtés de la Russie, du Kazakhstan, de la Kirghizie, du Tadjikistan et de l’Ouzbekistan,  a été conçue par les chinois comme un moyen de sécurisation de la route vers le pétrole et pour équilibrer l’influence croissante des États-Unis en Asie.
<li>Quatrièmement enfin, la Chine <strong>s’appuie vraisemblablement trop sur le « hard power »</strong>  et insuffisamment sur le « soft power », dont la combinaison l’aiderait pourtant  à émerger comme « smart power ». </ul>
</ol>
<p><br/></p>
<li><strong>Un leadership contesté</strong><br />
<br/><br />
La nouvelle place de la Chine est <strong>loin d’être acceptée à la fois au plan régional et au plan mondial</strong>. </p>
<ol>
<li><strong>Elle est contestée au plan régional.</strong></li>
<ul>
<li><strong>Avec le Japon</strong>, en dépit  d’une tendance positive dans les relations bilatérales depuis 2006, des <strong>pommes de discorde sérieuses</strong> subsistent entre les deux pays. De contentieux territoriaux irrésolus perdurent (îles Senkaku et Diaoyu) ainsi qu’un legs historique complexe, depuis la 2ème guerre mondiale, qui provoquent des tensions cycliques et jettent une ombre sur la normalisation complète des relations sino-japonaises. </li>
<li>Avec l’Inde, après l’épisode de la guerre de 1962, une <strong>détente progressive s’est imposée, qui n’a pas mis fin toutefois à la défiance mutuelle</strong>. Des différends  territoriaux persistent (Cachemire, Arunachal-Pradesh), mais après 1998, les deux pays sont devenus plus proches, échangeant des visites bilatérales de haut niveau…De nos jours, <strong>les relations entre « l’éléphant » et le « dragon » sont bifaces </strong>: mêmes priorités sur un certain nombre de thèmes clés de l’agenda international (cf changement climatique ; OMC…) ; mais des rivalités et des soupçons encore très prégnants tout de même (cf l’Inde donne asile au Dalai lama à Dar es Salam).
<li>Des conflits ont été aplanis avec la Russie (au sujet du fleuve Amour, en juillet 2008 et avec le Vietnam (en décembre 2008). Mais <strong>des tensions sourdes sont encore palpables avec le Vietnam, les Philippines, la Malaisie et Brunei en mer de Chine méridionale</strong>.
<li>En règle générale, de nombreux <strong>pays  d’Asie du Sud</strong> se satisfont de l’engagement de la Chine dans les enceintes régionales (type CEPA: Coopération économique Asie pacifique), mais continuent de craindre dans le même temps une Chine excessivement dominante&#8230;</ul>
<p><br/></p>
<li>La prépotence de la Chine est encore moins assurée sur le plan mondial.
<p><strong>L’image de la Chine est encore très négative dans l’opinion publique mondiale.</strong> Le Sommet de Copenhague sur le changement climatique a constitué un défi redoutable,  à cet égard, pour la diplomatie chinoise. La position de la Chine a été unanimement perçue comme une position « bloquante »&#8230;</p>
<p>La crise du Tibet a également joué un rôle moteur contre la tentative de la Chine de s’arroger une image de « smart power »&#8230;</p>
<p>De façon plus générale, <strong>l’attitude de la Chine sur la question des droits de l’homme </strong>est clairement perçue défavorablement  dans le monde entier.  En outre, de nombreux soupçons entourent la Chine et ses positions vis-à-vis d’Etats félons (Iran, Syrie, Corée du Nord)(«  rogue States ») qui n’aident pas Pékin à améliorer son image.
</ol>
</ol>
<p><strong>Conclusion:</strong> En résumé, en conclusion, la Chine devient incontestablement une puissance globale, de plus en plus, mais très “auto-centrée et plus crainte qu’imitée. La démographie et des déséquilibres structurels   (cf supra) pourraient avoir un impact sérieux sur l’avenir de la Chine. </p>
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		<title>Le tourisme au Sahel, état des lieux</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Nov 2011 09:15:40 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Voici mon témoignage sur l’état des lieux du tourisme au Sahel lors de la première table ronde de la journée « Destinations Solidaires » organisée par l’ATES. Je me permets simplement d&#8217;y exposer les points clés qui sont détaillés dans l&#8217;article que vous pouvez lire sur le site voyageons-autrement.com. Préambule Tout d’abord, je tiens à préciser que je suis touché par le tourisme solidaire, comme tout citoyen. On sent bien<p><a href="http://marc-fonbaustier.fr/2011/11/le-tourisme-au-sahel-etat-des-lieux/" class="more-link"><span>Lire la suite</span></a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voici mon témoignage sur l’état des lieux du tourisme au Sahel lors de la première table ronde de la journée « Destinations Solidaires » organisée par l’ATES. Je me permets simplement d&#8217;y exposer les points clés qui sont détaillés dans l&#8217;article que vous pouvez <a href="http://www.voyageons-autrement.com/les-points-cles-du-temoignage-de-marc-fonbaustier-sous-directeur-charge-centre-situation-au-maee" title="Les points clés du témoignage de Marc Fonbaustier, sous-directeur chargé du centre de situation au MAEE." target="_blank">lire sur le site voyageons-autrement.com</a>.</p>
<h3>Préambule</h3>
<blockquote><p>Tout d’abord, je tiens à préciser que je suis touché par le tourisme solidaire, comme tout citoyen. On sent bien le souci d’aider les pays à décoller. En tant que diplomate, je suis sensible à la perception qu’on peut avoir parfois d’une apparente contradiction dans les politiques publiques [...]</p></blockquote>
<h3>Pourquoi le Sahel est aujourd’hui dangereux ?</h3>
<blockquote><p>Notre travail est un travail de probabilités, de « probabilisme » : [...] Au Sahel, il y a des risques élevés d’enlèvements, d’attentats, parce que des cellules terroristes actives, dormantes et des bandes armées y sont établies durablement et y circulent [...]</p></blockquote>
<h3>Des fiches en mouvements</h3>
<blockquote><p>Les fiches de conseil aux voyageurs sur le Sahel ont tout de même été modifiées 61 fois depuis 2008. Elles sont donc évolutives. On espère pouvoir un jour les faire évoluer dans un sens favorable. Nous écoutons beaucoup les avis émanant de nos représentants sur place, de nos Ambassadeurs. En revanche, il est difficile d’affiner chaque région d’un même pays et de parvenir à une cartographie par sous-régions [...]</p></blockquote>
<p>Source: <a href="http://www.voyageons-autrement.com/les-points-cles-du-temoignage-de-marc-fonbaustier-sous-directeur-charge-centre-situation-au-maee" title="Les points clés du témoignage de Marc Fonbaustier, sous-directeur chargé du centre de situation au MAEE." target="_blank">voyageons-autrement.com</a></p>
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		<title>Pays émergents et relations internationales</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Nov 2011 14:15:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gestion</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On peut se demander en quoi les pays émergents changent la donne internationale. Les grands émergents sont-ils révisionnistes, en d’autres termes, désireux de changer profondément le cadre et les règles du jeu des relations entre États ? Ou bien sont-ils plus banalement à la recherche d’un statut amélioré ? En tout état de cause, ils posent un défi redoutable à l’humanité: comment croître à très grande échelle, et à un<p><a href="http://marc-fonbaustier.fr/2011/11/pays-emergents-relations-internationales/" class="more-link"><span>Lire la suite</span></a></p>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>On peut se demander en quoi les pays émergents changent  la donne internationale. Les grands émergents  sont-ils révisionnistes, en d’autres termes, désireux de changer profondément le cadre et les règles du jeu des relations entre États ? Ou bien sont-ils plus banalement à la recherche d’un statut amélioré ? En tout état de cause, ils posent un défi redoutable à l’humanité: comment croître à très grande échelle, et à un rythme soutenu,  sans dégrader les biens publics mondiaux ?</strong></p>
<ol>
<li><strong>Premier constat : les émergents secouent la hiérarchie des puissances</strong></li>
<p><br/></p>
<ol>
<li>Le retour à l’avant-plan de nouvelles puissances (Brésil), ou de <strong>puissances anciennes ayant connu une éclipse</strong>, et revenant au grand jour (Chine, Inde) est une <strong>évidence à présent indiscutée</strong>. Chaque jour le confirme.</p>
<p>C’est une <strong>réalité institutionnelle</strong>, si l’on en juge par la litanie des sigles ou acronymes porteurs de cette réalité contemporaine : G20, OMC, FMI, G77, BRIC etc…<br />
Mais c’est aussi une <strong>succession d’évènements phares</strong>, ayant pris valeur de symboles, qui forment autant de « signaux », de jalons du phénomène : le rachat d’Arcelor, les JO de Pékin, le tir anti satellites chinois, l’initiative turco-brésilienne sur l’Iran etc…</p>
<p>Deux tournants majeurs ont particulièrement scandé un changement d’époque, d’état d’esprit à cet égard. D’une part, le Sommet de Copenhague, qui a révélé le pouvoir bloquant de ces nouveaux acteurs, avec la complicité, il est vrai, des États-Unis. D’autre part, la crise des « <em>subprimes </em>» de 2008, et ses prolongements actuels. Cette crise financière a joué un rôle (et continue de jouer un rôle) amplificateur d’une tendance lourde (le ralentissement, la stagnation des uns ; la progression des autres), opérant comme une sorte de « <em>fast forward</em> », dans les opinions et dans les indicateurs chiffrés.  Trouvant son origine dans les économies avancées, qu’elle continue à frapper durement, la crise financière a finalement peu affecté, jusqu’alors, la trajectoire de croissance des émergents. C’est cependant sans doute moins vrai, et à nuancer, en 2011.</li>
<li>Ces émergents nourrissent l’<strong>ambition assez naturelle de redistribuer les cartes</strong>, de faire évoluer le partage de la puissance, au fur et à mesure que la Richesse mondiale elle-même se renverse, d’Ouest en Est, de Nord à Sud. Cet objectif est sans doute plus révisionniste que réformiste. Les émergents (Chine, Inde, Brésil) ont en commun de vouloir effacer les humiliations/dominations subies par le passé, et affirmer à la fois leur souveraineté retrouvée et leur influence nouvelle.
<li>Les émergents partagent souvent une <strong>vision critique de la gouvernance internationale</strong>, dont ils estiment, non sans raison, que les normes sur lesquelles elle se fonde ont été élaborées sans eux. Ils s’inscrivent donc souvent en réaction contre ces normes perçues comme excessivement « occidentales »  (cf Sommet de Copenhague sur le changement climatique), et encouragent une approche nationaliste, assez mercantiliste, pas nécessairement respectueuse des règles internationales.
<li>A cet égard, <strong>l’agenda des émergents est singulièrement différent de celui des démocraties occidentales</strong>, qui est, à l’inverse, de plus en plus post-national,  faisant une part croissante à ce qui consacre les intérêts de la Maison commune, plutôt que l’égoïsme des États. Dès lors, ce sont les démocraties occidentales qui paraissent les plus en pointe en matière de « <em>gouvernance globale</em> », de « <em>sécurité humaine</em> » de biens publics mondiaux, sans parler des droits de l’homme, du devoir d’ingérence ou de la responsabilité pénale internationale. Et les pays émergents qui semblent, par contraste, les plus conservateurs, voire les plus réactionnaires, sur ces chapitres. Il faut certes se garder de tout angélisme, de jugements trop binaires et tranchés : les nuances de positions sont infinies&#8230; Mais on constate, tout de même, une différence assez nette entre l’avant-gardisme des européens, les recherches systématiques de coopération et de compromis des occidentaux, et la vision nettement plus « <em>auto-centrée</em> » de pays comme la Chine ou l’Inde.</ol>
<p><br/></p>
<li><strong>Deuxième constat, par leurs poids propre, les émergent modifient les équilibres mondiaux : énergétique ; climatique ; économique et financier.</strong></li>
<p><br/></p>
<ol>
<li>Ils pèsent presque mécaniquement sur tous les équilibres planétaires. L’énorme besoin de croissance, de développement de la Chine et  l’Inde prime sur toute autre considération dans leurs agendas respectifs (1 Indien sur 3 vit toujours avec moins de 1 dollar par jour). Dans le cas de la Chine, plus que dans celui de l’Inde, cette priorité se double d’un sentiment d’urgence : « <em>la Chine veut devenir riche avant de devenir vieille</em> »&#8230; Dès lors,  <strong>Chine et Inde pèsent sur les marchés énergétiques pour tout simplement alimenter la « <em>machine à croître</em> », c’est-à-dire à produire, vendre, consommer</strong> (NB la Chine a supplanté le Japon comme 2ème importateur mondial de pétrole en 2004). Elles pèsent aussi sur les marchés de <strong>matières premières</strong> (la Chine consomme 70% du fer mondial, entre le quart et le tiers de la production mondiale d’aluminium, d’acier et de cuivre). Ces deux géants, surtout la Chine, contribuent enfin de manière décisive à l’équilibre financier international (NB avec près de 2700 milliards d’euros de réserves budgétaires, Pékin refinance une grande partie de la dette des États-Unis).</li>
<li><strong>Ils se tiennent le plus souvent à distance des tentatives de régulation</strong>. C’est particulièrement vrai s’agissant des tentatives de coopération par voie de régulation ou de coordination. Deux cas topiques illustrent cette attitude plutôt « <em>introvertie </em>». Au sein du G20, la Chine et l’Inde ont rejeté assez catégoriquement, dès 2008/2009, les propositions de <strong>régulation financière internationale</strong>, estimant que le problème posé par certains actifs financiers (subprimes et autres produits toxiques ) trouvaient  leurs racines dans les marchés de capitaux occidentaux et eux seuls.  En clair, elles n’étaient pas concernées par un problème dont (a) elles n’étaient pas responsables ; (b) elles avaient peu à pâtir. Dans un autre domaine, <strong>le changement climatique</strong>, les deux pays clament depuis Kyoto, à l’unisson et dans le même esprit, le principe de « <em>responsabilités communes, mais différenciées</em> » entre pollueurs historiques(les pays industrialisés) et nouveaux pollueurs (elles).
</ol>
<p><br/></p>
<li><strong>Les émergents sont cependant loin d’avoir effacé la primature de l’Occident pour tout  le hard et le soft power</strong><br />
<br/></p>
<ol>
<li>Leur poussée  dans le concert des puissances est indéniable. Elle est particulièrement spectaculaire, dans le cas chinois, à l’aune de  la capacité d’investissement, d’acquisition, qui est l’une des variantes du hard power.  </li>
<li>Mais dans <strong>l’autre versant du hard power, la capacité de contrainte, étroitement liée à la force militaire, l’Occident, et surtout les Etats-Unis, conserve encore plusieurs longueurs d’avance, dans le domaine technologique en particulier.</strong> C’est une réalité opérationnelle, tactique, et stratégique. Par rapport à tous les autres émergents, à commencer par l’Inde, le Brésil etc… le gap est encore plus prononcé. Quant à la force d’attraction, à la faculté de persuasion, au rayonnement des idées, d’un certain modèle de société, de mode de vie, le <strong>« soft power » occidental est sans commune mesure avec ce qu’il est (absent ou encore très atrophié) dans les pays émergents</strong>. C’est un certain type de mode de vie à l’occidental qui domine la mondialisation.  En ce qui concerne le « smart power », synthèse aboutie du hard et du soft power,  dont Barack Obama est une incarnation indiscutable, il suppose la réunion de conditions qui demeurent absolument hors de portée des grands émergents, à l’heure actuelle.
<li><strong>La Chine et l’Inde remplaceront difficilement les puissances occidentales comme « moteurs », ou « premiers de cordée » dans les relations internationales.</strong> Il faut être conscient en effet que par tradition, par inhibition historique peut-être, gigantisme et réflexes obsidionaux, sans doute, les deux grands émergents d’Asie auront le plus grand mal à quitter une posture « introvertie ».  Les occidentaux ont pratiqué, dès longtemps, une forme de messianisme politique et diplomatique, jugé d’ailleurs, par certains, comme une intrusion, une ingérence insupportable. Ils ont pourtant contribué, intellectuellement, à penser le monde, à penser l’humanité, à définir un socle de référence qui peu ou prou, a contribué à modeler l’espace public  mondial. Bref, les penseurs, décideurs et opérateurs occidentaux ont pris l’habitude de développer et projeter une « vision » occidentale du monde, de l’humanité, qui a pu contribuer, pendant des décennies, voire des siècles, à donner le ton des relations internationales. Il ne sera pas évident de passer d’un monde dominé par l’extraversion des occidentaux à un monde dominé par l’introversion des asiatiques… Il est d’ailleurs beaucoup plus probable que les deux traditions/approches/visions vont cohabiter durablement.
</ol>
<p><br/></p>
<li><strong>Conclusion sur les émergents (très provisoire et non bornée…)</strong><br />
<br/></p>
<ol>
<li>En réalité, l’émergence de nouvelles puissances, entraînées par la Chine, l’Inde, le Brésil etc&#8230; est bien <strong>l’amorce d’un basculement</strong> qui marque l’accomplissement effectif de deux vieilles ambitions de l’ancien tiers-monde : la décolonisation et le développement.</li>
<li><strong>Paradoxe</strong> des relations internationales contemporaines : <strong>ce retournement coïncide avec un paroxysme de l’occidentalisation du monde que constitue la globalisation.</strong> On peut même estimer que ce basculement se sert de la mondialisation comme d’un tremplin, et renvoie au visage des pays occidentaux le miroir de leurs propres inventions.
<li>Cela étant, dans la longue durée chère à Fernand Braudel, on pourrait aussi retenir <strong>une lecture plus linéaire de l’histoire du monde</strong>, et penser que l’émergence de la Chine ou de l’Inde, pour ne citer qu’elles, n’est qu’<strong>un retour à la situation qui prévalait avant la colonisation, avant la révolution industrielle et le décollage de l’Occident</strong>. Car au 15ème siècle, l’ensemble Chine-Inde-Japon pesait 70% de la richesse mondiale.  Avec le recul du temps, les émergents ne font peut-être que retrouver au XXIème siècle une place, une position qu’ils occupaient dans le passé, avant que l’Occident ne s’affirme nettement comme un très puissant émetteur de civilisation. Il y aurait ainsi un lien fondamental, historique, entre « émergence » et dynamique des Nations (cf La dynamique du capitalisme, F.Braudel).
<li>L’apparition des pays émergents <strong>signe également un retour à des critères plus « classiques » de la notion de puissance</strong> : l’ère des grands nombres, des masses, des grands territoires, reprend peu à peu ses droits sur la parenthèse plus « qualitative » ouverte par le fait nucléaire, qui avait contribué à un reclassement des puissances au lendemain de la deuxième guerre mondiale.
<li>L’approche d’Emmanuel Todd sur l’histoire des systèmes familiaux et l’origine de nos sociétés mérite attention et débouche sur une <strong>question</strong> : les pays émergents, fondés sur des systèmes familiaux patrilinéaires, c’est-à-dire où le mode de filiation est fondé exclusivement sur le père (et généralement, sur  l’abaissement corrélatif du statut de la femme), auront-ils la capacité d’innovation qu’a eue l’Occident (et qu’il détient encore) ? Cette capacité d’innovation pourrait avoir partie liée avec la structure familiale plus archaïque des sociétés occidentales, celle des chasseurs/cueilleurs. <strong>Au fond, l’émergence de gigantesques pays comme la Chine et l’Inde n’est-elle pas avant tout de l’ordre du rattrapage, sans que l’on puisse augurer de la suite de l’Histoire ? Il n’y a pas nécessairement de « vases  communiquants »  et un déclin obligatoire de l’Occident, que les émergents d’aujourd’hui viendraient remplacer.</strong></ol>
</ol>
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